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LE DOSSIER DU JOUR / Vide-greniers, bons débarras

Publié le samedi 21 mars 2009 à 01H00 - Vu 196 fois


BROCANTE DE ST IMOGES DU 2 SEPTEMBRE BROCANTE DE ST IMOGES

Aurélien Laudy


Du côté des communes / Du beurre dans les épinards




 


 


Une première dans les Ardennes

Dans les Ardennes, à quelques kilomètres de l'abbaye d'Orval, le village de Margny organise son tout premier vide-greniers le dimanche 10 mai. « C'est une tentative », explique Olivier Protin, responsable de l'association « La Coquirante ». « Nous allons voir comment ça se passe. Notre objectif est de créer une animation dans notre village de 175 habitants et de le faire découvrir ». Ce ne sont pas les tarifs qui dissuaderont les exposants. « L'emplacement est gratuit pour les habitants. Pour les « extérieurs », il est fixé à 1 euro le mètre », indique-t-il. « La recette n'est pas la finalité. Ce qui nous importe, c'est de réussir un moment convivial ». Quant au choix de la date, c'est simplement une question pratique. « Le week-end précédent, nous organisons la fête patronale et les structures seront déjà installées », confirme le responsable.

80 euros de recette dans l'Aisne

A Lhuys, un petit village de 144 âmes près de Braine, dans l'Aisne, on prépare la deuxième édition du vide-greniers. Hasard du calendrier, il aura lieu, lui aussi, le dimanche 10 mai. « Celle de l'année dernière a eu lieu au mois de septembre », indique Chantal Leclère, le maire. « La pluie est venue jouer les trouble-fête. Aussi, on recommence, mais cette fois-ci, au mois de mai ».

« Fixer une date n'est vraiment pas facile », ajoute l'élue. « C'est très aléatoire : tard dans la saison, on risque le mauvais temps ; tôt, on se retrouve avec des brocantes partout ». La commune axonaise a, elle aussi, adopté la gratuité pour ses habitants. Elle a fixé le prix du mètre à 1,50 euro pour les « extérieurs ». « Trente-sept exposants étaient présents en 2008. On espère davantage ». « Notre première expérience n'a pas vraiment été concluante », poursuit Chantal Leclère. « Les investissements déduits, nous avons dû réaliser un gain de 80 euros. L'argent récolté cette année servira à l'achat de matériel de loisirs pour les ados ».

A thème dans la Marne

A Beine-Nauroy, la recette de la 3e « bourse couverte de la puériculture et des jouets » organisée ce dimanche, permettra d'organiser un voyage à Nigloland pour les enfants des écoles. L'emplacement (deux mètres) est fixé à 8 euros. « La brocante est couverte et nous prêtons le matériel », précise François Billet, trésorier de l'association « Les Hamsters ». D'année en année, le succès grandit. « En 2007, nous avons accueilli 28 exposants. En 2008, 40. Cette année, ils seront 50 ». « Il y a 4 ans », ajoute le trésorier, « nous avions opté pour une brocante dans les rues du village. Entre la logistique, la recette finale, on s'est rendu compte que ça ne valait pas le coup. Nous avons préféré nous spécialiser ». La seconde édition de la bourse avait rapporté la somme de 450 euros.

L'exemple de Saint-Imoges

A Saint-Imoges, dans la Marne, le succès du marché aux puces n'est plus à démontrer. Le 6 septembre fêtera la 32e édition. 400 exposants et 10 000 visiteurs sont attendus. Ce qui fait le succès de ce rendez-vous, peut-être une certaine image de marque. « Il y a deux ans », raconte le maire, Vincent Taillefer, « nous avons décidé d'être plus stricts et nous avons refusé tous ceux qui vendaient du neuf. Nous voulions revenir à l'esprit d'origine ». Et ça marche, le village de 300 habitants prend des airs de petite ville le temps de la journée.

L'emplacement est fixé à 13 euros les 3 mètres pour les habitants et 17 euros pour les « extérieurs ». Il permet à la commune de mettre du beurre dans les épinards. Car outre les droits de place, il y a aussi les buvettes, le parking…

Une manne primordiale. « Cette brocante représente une économie importante pour notre village », assure l'élu. « Une ressource vraiment indispensable. A l'évidence, sans les puces, on ne pourrait pas investir grand-chose ».


 


 


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Deux fois par an maximum


 


 


Un vide-greniers ou marché aux puces est soumis au régime des ventes au déballage défini dans le code du commerce par l'article L 310-2. L'article mentionne : « Les particuliers non inscrits au registre du commerce et des sociétés sont autorisés à participer à ces déballages, en vue de vendre exclusivement des objets personnels et usagers, deux fois par an au plus ». « C'est la loi », indique un vendeur. « Elle n'est pas très compliquée à contourner. Pour un couple marié, par exemple, il suffit de faire les deux premières inscriptions au nom principal du foyer, et les deux suivantes au nom de jeune fille de la femme. Et voilà déjà la possibilité de faire quatre marchés ».

Trois mois avant la manifestation, si celle-ci a lieu sur le domaine public, l'organisateur doit adresser une déclaration préalable de vente au déballage, par lettre recommandée, au maire de la commune. L'organisateur doit également tenir un registre des vendeurs. Dans ce registre, qui doit être coté et paraphé par le commissaire de police ou le maire de la commune, doivent figurer les noms, prénoms, qualité et domicile, ainsi que la nature, le numéro et la date de délivrance d'une pièce d'identité…

Pendant la manifestation, l'organisateur doit tenir le registre à disposition des services fiscaux, des douanes et des services de la concurrence, consommation et répression des fraudes.

Après la manifestation, le registre doit être déposé à la préfecture ou sous-préfecture, sous couvert de la mairie, dans un délai de 8 jours.


 


 


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Les rendez-vous  des prochains week-ends


 


Ce week-end

Dans l'Aisne.- Dimanche, 2e brocante à Azy-sur-Marne et brocante à Crécy-sur-Serre.

Dans la Marne.- Samedi, braderie de livres à Chalons-en-Champagne. Dimanche, bourse couverte de la puériculture et jouets à Beine-Nauroy, brocante et vide-greniers à Epernay, bourse puériculture à Vert-Toulon.

Samedi 28 mars et dimanche 29 mars

Dans l'Aisne.- Samedi, bourse d'échanges à Laon. Dimanche, brocante à Azy-sur-Marne, à Chauny, à Domptin, à Fossoy, à Seraucourt-le-Grand, à Soupir,

Dans les Ardennes.- Dimanche, brocante et vide-greniers à Roizy.

Dans la Marne.- Dimanche, 17e foire à la brocante, à l'artisanat et aux produits du terroir à Bouy, bourse aquariophile à Reims, brocante et vide-greniers à Saint-Martin d'Ablois.

Samedi 4 avril et dimanche 5 avril

Dans l'Aisne.- Samedi, bourse aux vêtements à Harly et à Montescourt-Lizerolles. Dimanche, brocante et vide-greniers à Agnicourt-Séchelles, brocante de printemps et bourse aux armes à Aulnois-sous-Laon, brocante à Celles-sur-Aisne, à Chacrise, à Crézancy, à Crouttes-sur-Marne, à Loupeigne, à Montigny-en-Arrouaise, à Neuilly-Saint-Front, à Saint-Simon, à Soissons, à Vasseny, braderie et brocante du terroir à Rocquigny, bourse aux vêtements à Montescourt-Lizerolles.

Dans les Ardennes.- Dimanche, brocante à Charbogne et à Maubert-Fontaine, foire aux puces à Sedan.

Dans la Marne.- Samedi, échange multicollections à Vitry-le-François, euro-puces à Reims (parc des expos). Dimanche, brocante et vide-greniers à Bassuet, à Moussy, à Oiry, à Reims, à Tours-sur-Marne, à Vinay, vide-greniers à Breuvery-sur-Coole, à La Cheppe, à Rilly-la-Montagne, foire artisanale et brocante à Cormicy, euro-puces à Reims (parc des expos), bourse cartes postales et multicollections à Reims (rue Gosset), 16e marché aux puces de Tinqueux, brocante des enfants à Warmeriville.


 


 


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« L'hiver, ça me manque »


 


 


Depuis plus de 10 ans, Alain Bif chine. Chaque week-end, ou presque, le Châlonnais part avec un couple d'amis à la conquête de la bonne affaire. « Je ne fais pas de collection particulière. Aussi, je ne recherche rien de précis », explique-t-il. « Je regarde. Je fouine. Ça peut aller du livre jusqu'au meuble. Un vide-greniers, une brocante, c'est avant tout un moment convivial, une balade, une découverte ». Le principe : trouver un prix raisonnable. « Je ne pars pas avec un budget en poche », ajoute le Châlonnais. « En revanche, je me fixe des limites à ne pas dépasser sur des objets que j'ai repérés ».

« Pour moi, ce sont des affaires »

Vient alors le temps du marchandage. « Le vendeur propose son prix, moi le mien. On discute. Si je vois que ça n'accroche pas, je n'insiste pas. Et si je ne ramène pas l'objet, ce n'est pas grave. De temps en temps, après coup, je me dis que j'aurais pu me laisser convaincre. Mais je n'ai jamais de regrets ». Des transactions, Alain Bif en fait. « Ce sont des affaires pour moi. Aux yeux des autres, je ne sais pas » sourit-il. « Cependant, je ne suis jamais tombé sur la perle rare d'une valeur inestimable ».

Alain et ses amis écument le département de la Marne. Ils vont aussi chiner au-delà. Un peu dans l'Aisne ou en région parisienne. « A force, dans le coin, on retrouve les mêmes exposants, surtout chez les professionnels. D'où l'intérêt d'aller, de temps en temps, un peu plus loin ». « L'année dernière », ajoute encore le chineur, « je suis parti en vacances près de Bordeaux. Bien sûr, je n'ai pas manqué d'aller découvrir les déballages de cette région ». Un accro ? « Non, une passion », affirme-t-il. Il conclut cependant : « Mais c'est vrai que l'hiver ça me manque. Et pour l'instant, je n'ai rien trouvé pour la remplacer ».


 


 


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Témoignage / « Il ne faut pas chercher fortune »


 


Les cartons sont déjà prêts. Des bibelots, de la vaisselle, du linge de maison, des nappes, du petit outillage, des livres, des vêtements d'enfants, un petit meuble, une lampe… Tout est soigneusement rangé. Henri et Marie-Thérèse préparent depuis plusieurs semaines le 16e marché aux puces de Tinqueux (Marne). Le rendez-vous se déroule chaque premier dimanche d'avril. Aquatintiens d'origine, ils y participent pour la 15e fois.

Cette année, ils ont loué six mètres pour 20 euros. « Tout au long de l'année, je fais le tri des affaires dont je veux me débarrasser », raconte Marie-Thérèse. « Je range dans des cartons qui sont stockés au grenier ou au sous-sol. Depuis plusieurs années, ce sont beaucoup de petites choses à quelques euros. Vendre ça fait plaisir, bien sûr, mais il ne faut pas chercher la fortune. Une brocante, c'est avant tout le plaisir de rencontrer les gens ».

A six heures sur place

Un plaisir que le couple partage depuis longtemps. « La toute première, c'était il y a presque 30 ans », se souviennent-ils. « À l'époque, on avait organisé une brocante dans le garage pour vendre les jouets de nos filles qui s'entassaient. On avait mis une annonce dans un journal gratuit. Un vrai succès. Les gens venaient de partout ».

Du garage à la rue, il n'y avait finalement qu'un pas. Le jour du vide-greniers, le couple se lève à 5 heures. La veille, ils ont pris soin de charger les cartons, les tables, les tréteaux, les chaises et les bâches en cas de pluie dans la voiture. « À six heures, nous sommes sur la place qui nous a été attribuée », poursuit Henri. Le bal commence. « On n'a même pas le temps de sortir les cartons du coffre que les revendeurs sont là, lampe de mineur sur le front, à la recherche de l'objet rare. La première fois, ça surprend. Certains sont honnêtes, sympas, d'autres pas. On essaie de ne pas être dupes ».

Puis les premiers badauds se présentent. « Les acheteurs viennent surtout le matin. Les plus belles choses partent très tôt. À 13 heures d'ailleurs, les trois quarts des ventes sont faites. Les capsules de champagne sont très recherchées comme les fèves, les livres anciens, les cartes postales, des CD, les fers à repasser anciens… Le principe c'est de marchander. J'aime ça. C'est vraiment très convivial. L'après-midi, les gens viennent en famille. Le plus souvent, ils se promènent. Enfin, une heure avant de partir, arrivent ceux qui veulent faire de bonnes affaires. C'est le moment où l'on commence à remballer et souvent beaucoup d'objets sont bradés ».

Mais il n'y a pas que les bons côtés. « Il faut être attentif », prévient-Marie-Thérèse. « Un jour, j'avais mis une paire de gants en cuir en vente. Une femme les regardait, visiblement intéressée. Dans le même temps, une autre femme est venue me demander des renseignements sur un autre objet. Quand j'ai tourné la tête, la première dame avait disparu et les gants aussi. Je n'ai jamais su si elles étaient de connivence. C'est triste ».

Leur meilleure brocante leur a rapporté plus de 200 euros. « C'était exceptionnel », conclut Marie-Thérèse. « Mais même 50 ou 60 euros, c'est une jolie récompense ».


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