Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site Ou, cliquez ici pour l'ajouter au menu démarrer

LE DOSSIER DU JOUR / Écoliers, lycéens, étudiants : combien ils coûtent

Publié le mardi 09 septembre 2008 - Vu 300 fois


1 2 3
Les frais de scolarité pèsent lourd sur les finances des familles avec des budgets annuels allant d’environ 200 euros pour un écolier à plus de 6.000 euros pour un étudiant. L’effort n’est pas moins grand pour l’État et les collectivités qui doivent miser plus de 100.000 euros pour « produire » un bachelier en seize ans. Si tout va bien…
PHOTO : Nicolas, plus coûteux en vêtements qu’en cahiers. Total pour l’année : 175,5 euros

Les frais de scolarité pèsent lourd sur les finances des familles avec des budgets annuels allant d’environ 200 euros pour un écolier à plus de 6.000 euros pour un étudiant. L’effort n’est pas moins grand pour l’État et les collectivités qui doivent miser plus de 100.000 euros pour « produire » un bachelier en seize ans. Si tout va bien… PHOTO : Nicolas, plus coûteux en vêtements qu’en cahiers. Total pour l’année : 175,5 euros


Coût variable selon les filières

Selon l’enquête 2008 de la confédération syndicale des familles, les dépenses annuelles de scolarité d’un élève entrant en classe de seconde générale s’élèvent en moyenne à 559 €.
Ce montant se décompose de la façon suivante : 183 € pour les fournitures et le sac ; 149 € pour les manuels scolaires ; 12 € pour les équipements spécifiques ; 88 € pour l’équipement sportif ; 37 € pour les frais annexes tels que l’assurance, la coopérative, les photos.
Pour un élève de seconde technologie industrielle, la facture grimpe à 806 € en raison notamment d’un surcoût de 166 € lié aux équipements spécifiques. Les livres sont plus chers aussi avec une facture de 254 €.

***
Primaire / Nicolas, plus coûteux en vêtements qu’en cahiers


Nicolas, sept ans et demi, a fait sa rentrée en CE1 à l’école Ernest-Renan de Chauny. Cyrille, sa maman, a fait les comptes.
Fournitures : en évitant de prendre des cahiers et stylos de marque, Cyrille est parvenue à limiter la facture à 23 €. Au cours de l’année, des compléments seront sans doute nécessaires à hauteur de 5 €.
Cartable : avec l’aide d’un papy bricoleur, le cartable Harry Potter, acheté à la rentrée 2007 pour 47 €, rendra service cette année encore.
Manuels scolaires : ils sont fournis par l’école.
Équipement sportif : compte tenu de la croissance de Nicolas, un budget de 60 € est au moins nécessaire cette année pour renouveler survêtements et baskets.
Assurance scolaire : pour son fils, Cyrille a choisi une protection complète qui lui coûte 24 € par an.
Coopérative : l’école demande 10 € par an pour la participation aux sorties et l’achat de fournitures spécifiques.
Voyages scolaires : Cyrille s’attend à financer deux voyages avec une participation de 15 €, soit 30 € au total, cette année.
Habillement : ce n’est pas à proprement parler une dépense scolaire, donc il n’est pas pris en compte dans notre calcul, mais c’est de loin un gros poste pour la maman de Nicolas. Elle prévoit de débourser environ 250 € cette année.
Activités extrascolaires : pas prises en compte non plus dans le montant annuel, elles pèsent lourd sur les finances. Par exemple, les cours de judo coûtent 125 € à l’année. Et les cours de natation bihebdomadaires reviennent à 7,50 € chacun, entrée comprise. En plus, il faut compter 2,30 € chaque mercredi après-midi pour le centre social.

Total pour l’année : 175,5 euros


***
Collège / Pour Mickaël, la facture monte

Mickaël est entré en quatrième au collège Jacques-Cartier de Chauny. Sa maman, Sandrine, détaille les dépenses.
Fournitures : cahiers, stylos, classeurs et autres bâtons de colle demandés par le collège ont coûté 80 € à la maman de Mickaël.
Sac : Sandrine s’en est sortie pour 31 € au total pour un sac à dos classique et un sac de sport.
Manuels scolaires : ils sont pris en charge, sauf un livre d’anglais à 10 €.
Équipement sportif : Sandrine a acheté à un survêtement à 25 €. Pour cause de croissance, elle prévoit de changer deux à trois fois cette année, avec une dépense de 30 € à chaque fois.
Voyages : la maman de Mickaël prévoit une dépense de 80 €. C’est la participation demandée l’an passé pour un voyage dans le Jura.
Assurance : elle coûte 10 € par an pour une couverture simple.
Coopérative : elle revient à 12 €.
Activités parascolaires : pas prises en compte dans notre calcul, elles coûtent au moins à 100 € sur l’année. Il faut compter aussi sur l’achat de cahier de vacances pour réviser pendant l’été.
Vêtements : ce n’est pas non plus une dépense scolaire mais une charge incontournable pour la mère de famille qui déboursera plus de 200 € cette année pour son cadet.

Total pour l’année : 308 euros

***
Lycée professionnel / Pour Steven, le coup de bambou

Steven, bientôt 16 ans, a fait sa rentrée en CAP maçonnerie au lycée professionnel
Le Corbusier de Soissons. Sa maman, Sandrine, fait les comptes.
Fournitures scolaires : Sandrine a dépensé 30 € de stylos et cahiers.
Cantine : habitant à Chauny et étudiant à Soissons, Mickaël doit déjeuner à la cantine. Coût : 260 € par trimestre.
Transport : le trajet quotidien Chauny-Soissons est pris en charge.
Manuels scolaires : certes financés par la carte « Picardie cursus », ils sont facturés 65 €.
Équipement spécifique : avec un total de 230 €, c’est le coup de bambou. Le futur maçon doit posséder une caisse à outils complète, des combinaisons de chantiers et chaussures de sécurité différenciées pour les cours et pour les stages.
Vêtements : pas prise en compte dans notre calcul, cette dépense s’élève à plus de 250 € par an. « Steven est passé du 42 au 43 pendant l’été » déplore sa maman.

Total pour l’année : 1.105 euros

***

Université / Un lourd budget pour Ambre

Ambre est en licence de psychologie à l’université de Reims Champagne-Ardenne. Elle décrypte avec nous le budget minimal d’un étudiant n’habitant pas chez ses parents.
Inscription : pour les non-boursiers elle coûte 368 € dont 173 € de droits de scolarité et 195 € de cotisation à l’assurance maladie.
Mutuelle : beaucoup se contentent de la plus basique à 17 € par mois. Avec des prestations plus étendues, il faut compter 30 €.
Livres : pour acheter quelques livres de synthèse pour l’ensemble des matières, on atteint vite 200 € pour l’année. Le budget double rapidement avec une bibliographie un peu plus complète comprenant notamment des dictionnaires. En droit, l’achat des Dalloz (jusqu’à 60€ pièce) pèse lourd dans les finances.
Fournitures scolaires : pour le strict minimum (blocs, stylo, etc.), il faut compter 50 € pour l’année. Certaines filières ont des besoins spécifiques. Les étudiants de Staps doivent acheter leur équipement sportif, ceux qui font médecine leur stéthoscope.
Logement : 300 €, c’est le minimum pour un studio à Reims, même en dehors du centre-ville. Ceux qui parviennent à obtenir une chambre en cité U paient 131 € (cité non rénovée) ou 208 € (cité rénovée).
Électricité : il faut compter au minimum 50 € par mois. Beaucoup d’étudiants évitent les appartements en rez-de-chaussée ou au dernier étage pour faire des économies de chauffage. Autre truc : recharger téléphone et ordinateurs à la fac.
Téléphone : sauf à être quasiment asocial et téléphoner a minima, un étudiant a besoin au minimum d’un abonnement de 2 heures généralement facturé à 30 €.
Ordinateur : un portable d’entrée de gamme coûte 600 €. Il doit durer trois ans. Pour beaucoup, disposer d’une connexion internet à la maison relève de la science-fiction. Pour surfer, il faut se rapprocher des bornes WiFi de l’université, quitte à bosser dehors.
Nourriture : « Avec 30 € par semaine, on mange juste des pâtes et des boîtes de chez Lidl », confie Ambre. Pour certains, le ticket de restau U à 2,85 € est trop cher. L’étudiant qui s’offre — royalement — un petit-déjeuner et qui consomme des produits frais (c’est recommandé par le ministère de la Santé, paraît-il), l’addition mensuelle passe à 200 voire 250 €.
Transport : l’abonnement de bus coûte 25 € par mois. On ne compte pas les éventuels allers-retours hebdomadaires chez les parents par train ou par car (entre 20 € et 50 € suivant les destinations). Ceux qui ont une voiture crèvent le plafond. Le budget essence atteinte vite 100 € par mois, l’assurance jeune conducteur coûte au moins 60 € par mois. Sans compter les frais d’entretien d’une voiture achetée au minimum 2.000€ d’occasion, et qu’il faut amortir sur plusieurs années.
Vêtements : même les abonnés aux soldes et solderies peinent à rester dans les 20 € mensuels. Sans compter qu’en éco ou en droit il est de bon ton de porter tailleur ou costume aux oraux. Les dernières Nike et le jean griffé sont hors budget.
Sorties : en langage étudiant, restaurant veut souvent dire kebab. Avec une sortie par semaine comprenant un menu à 5 € et — grand luxe — une ou deux consommations dans un bar, l’ardoise s’élève à au moins 40 € par mois. Et on n’évoque pas le cinéma ou les concerts.
Divers : pour la toilette et le soin du corps, filles et garçons déboursent facilement 30 € par mois. Et encore, on ne parle même pas du mascara à 10 € qui ne fait pas le mois ou d’un éventuel parfum.
Les stages en entreprise, souvent obligatoires, pèsent lourd dans le budget étudiant. Ils ne sont pas toujours indemnisés et engendrent des frais de déplacement voire de logement importants. Pire, ils contraignent de mettre de côté un moment les jobs d’appoints souvent vitaux pour boucler les fins de mois.

Budget minimum pour une année (9 mois) : 6.506 euros

***

Plus de 100.000 euros pour produire un bachelier

Acheter cartables, crayons et bouquins, tous les ans, pendant des années, pèse souvent lourd dans les finances familiales. Payer des profs et entretenir des bâtiments scolaires a son poids aussi dans les finances publiques. En 2006, État et collectivités ont déboursé 121,4 milliards € pour l’éducation, soit 1.920 € par habitant ou 6,8 % du produit intérieur brut.
Un bachelier, dont la scolarité dure en principe 16 ans, coûte 102.080 €, plus 10.320 € par année de redoublement. Pour arriver au terme de la licence universitaire (18 ans de scolarité), un étudiant aura nécessité un investissement total de 125.600 €, plus 7.840 € par année de redoublement en fac. La scolarité d’un titulaire de BEP revient à 91.880 €.
En moyenne, la dépense annuelle par élève ou par étudiant est de 7.160 €. Ce chiffre cache d’importantes disparités.
École maternelle. Avec une dépense théorique annuelle de 4.660 € par an, les tout petits sont ceux qui coûtent le moins.
École primaire. Parce que les classes ont moins d’élèves et que les dépenses de fonctionnement sont plus importantes, la facture annuelle par enfant passe à 5.060 € dans l’élémentaire.
Entre 1980 et 2006, la dépense moyenne par élève du premier degré a augmenté de 79 % en prix constants, soit 2,3 % par an. Ceci est dû à la baisse globale des effectifs et à la revalorisation des carrières des enseignants au travers notamment de la création du corps de professeurs des écoles.
Collège. Avec un enseignant par discipline et des rémunérations plus importantes, la facture s’alourdit à partir de la sixième. Le coût annuel de l’élève est de 7.960 €.
Lycée. Nouvelle inflation au passage en seconde. Avec 10.320 € par an, le lycéen des filières générale et technique coûte deux fois plus cher que son petit frère l’écolier. Le nombre plus important de profs agrégés et les options n’y sont pas pour rien. Dans les lycées professionnels, la dépense est légèrement plus élevée (10.380 €) en raison d’un meilleur encadrement, de dépenses de fonctionnement et d’investissements plus importantes.
Dans le secondaire, la dépense d’éducation a progressé de 62 % de 1980 à 2006, soit 1,9 % par en raison là encore de l’amélioration de la carrière des enseignants.
Université et IUT. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’étudiant n’est pas plus coûteux… du moins s’il reste sur les bancs de la fac. Le coût annuel d’un étudiant de l’université est de 7.840 €. Les cours en amphithéâtre et le plus faible nombre d’heures de cours constituent de sérieuses économies d’échelle. En IUT, où le matériel est plus coûteux et les classes en moyenne moins fournies, la facture passe à 8.980 €.
Classes prépa et STS. La petite élite des étudiants de math sup’, de prépa HEC et d’hypokhâgne sont en tête. Les pouvoirs publics investissent sur leurs têtes 13.940 € par an. Les agrégés voire les professeurs de chaire supérieure se paient plus cher, font moins d’heures,- et leurs classes sont nettement plus petites qu’en fac. Ce surcoût est lié au fait également que les prépas dépendent des lycées où l’encadrement est plus important. Mêmes raisons en section de techniciens supérieurs (STS ex-BTS) où l’étudiant coûte 13.280 € par an. La dépense par étudiant, de 9.370 € par an, a progressé de 33 % 1980 à 2006, soit une moyenne annuelle 1,1 %.

Source : note d’information (décembre 2007) de la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance.

dossierjour

Dossier Julien Bouill
Imprimer Recommander Wikio digg

Réagissez

Pour contribuer et recommander vous devez être connecté (création de compte)

Avertissement
Nous vous rappelons que vous avez, lors de la création de votre compte, accepté les conditions d’utilisation du site. Celles-ci proscrivent notamment la diffamation, l’incitation à la haine raciale, l’atteinte aux bonnes mœurs.
Nous vous prions donc de respecter strictement la charte d'utilisation du site www.lunion.presse.fr. A défaut, votre compte sera banni du site.
Voir aussi : La FAQ de la modération

Les dernières contributions


pénélope

09/09/2008 à 20h02

Intéressant, mais déjà vu, lu et entendu tous les ans à la rentrée scolaire ; dommage que la partie "collectivités" ne soit pas développée ; pour une fois qu'un journal ose écrire que l'école est loin d'être gratuite !

valou02380

09/09/2008 à 11h09

Moi je comprends que les jeunes ne puissent pas faire d'études quand on voit le peu d'aides qu'ils ont ! Je pense que tous les jeunes devraient avoir les mêmes chances et non pas la réussite aux plus riches! Certains élèves ont une bonne tête mais pas de moyens et le peu d'aides qui leurs sont accordées ne sont pas suffisantes quand on voit comment tout augmente.

Droits de reproduction et de diffusion réservés © www.lunion.presse.fr - ISSN 2110-5952