Publié le mardi 14 juillet 2009 à 01H00 - Vu 205 fois
Les représentants du CE de Wagon Essômes (Philippe Nouveau, Claudine Lemaire, Jean-Claude Molina et Farid Sahnoune), avec Xavier, leur homologue du site de Saint-Pierre-de-Varengeville (Seine-Maritime).
Julien ASSAILLY
LA VILLE de Versailles est bien calme ce lundi 13 juillet. Peu de circulation, peu de monde sur l'avenue de Paris qui donne sur le célèbre château
Le passant lambda est loin de se douter que l'avenir des 1.800 salariés du groupe Wagon* se joue à deux pas, au tribunal de commerce. Parmi eux : les 255 employés de l'usine d'Essômes-sur-Marne, dans l'Aisne.
En cinq minutes d'audience, le président du tribunal a scellé le destin de Wagon automotive. Le groupe sera séparé en deux (voir ci-dessous). « La cession du site d'Essômes revient à la société Defta. La société conserve les postes de 183 salariés ».
Après 80 licenciements fin avril, les Wagons ont droit à une nouvelle vague de 73 suppressions de postes d'ici la fin de l'été.
La décision est sans surprise. En concurrence avec le groupe Bowden pour l'acquisition du site d'Essômes, l'offre de Defta avait toutes ses chances d'aboutir. Le spécialiste du travail de l'acier enregistrait un chiffre d'affaires annuel de 120 millions d'euros, contre 40 millions pour son « rival ». De surcroît, son offre proposait de conserver plus de salariés.
Obtenir des garanties
Le groupe Defta, issu du rapprochement des deux sociétés (le groupe familial métallurgique Ardea à Gespunsart dans les Ardennes et SFA) prendra les rênes à partir de ce mercredi 15 juillet. Le président du directoire du groupe, Jean-Pierre Ker Rault devrait se rendre à cette date dans le sud de l'Aisne pour se présenter.
Après six mois de redressement judiciaire, l'usine essomoise a gagné un nouveau patron, et perdu la moitié de ses salariés**. « Une page est tournée », commente en soufflant Philippe Nouveau, représentant des salariés de Wagon au comité d'entreprise (CE). « C'est quand même Essômes qui va payer le plus lourd tribut dans le groupe », s'emporte Claudine Lemaire, secrétaire du CE.
« Maintenant, il nous faut des garanties ». Le représentant des salariés au tribunal Farid Sahnoune garde la tête froide. « Le travail est loin d'être fini. Nous souhaitons que le repreneur prenne des engagements : ne pas licencier pendant 36 mois, réembaucher prioritairement pendant 24 mois, et ramener de l'activité sur le site. »
Des requêtes qui correspondent aux efforts obtenus pour les sept autres usines du groupe, passé sous le giron de la société SNOP.
En résumé, la reprise par un industriel donne de nouvelles perspectives pour le site. À condition d'avoir des garanties. « Si Defta nous reprend, c'est qu'ils y croient. Mais nous aussi, nous devons y croire », conclut Farid Sahnoune.
Julien ASSAILLY
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