La reine de Saba retrouve une seconde jeunesse

Publié le jeudi 13 septembre 2007

Statue Reine de Saba et l'homme à la tête d'Ulysse à la cathédrale. Les originaux et copies

Grégoire Amir-Tahmasseb

Le contraste est saisissant. D'un côté les statues originales détruites par la guerre, la pollution et le temps. De l'autre leurs copies en pierre de Courville, matériau original de ces sculptures.
La présentation hier après-midi dans la cathédrale des copies et des originaux de la Reine de Saba et de l'Homme à la tête d'Ulysse était un moment fort pour la société des amis de la cathédrale de Reims.
« Quatre années d'efforts ont été nécessaires », explique Jean-François Barot, président de la Société. « En septembre 2003, nous avions lancé une grande campagne de communication pour trouver les fonds nécessaires pour la Reine de Saba. L'enjeu était de trouver 100.000 euros. Dès la fin 2005, nous avons pu signer avec l'Etat une convention pour lancer cette copie et en même temps, grâce à un généreux mécène, celle de l'homme à la tête d'Ulysse ».
Le montant total de l'opération s'élèvera finalement à 400.000 euros dont 50 % financés par la Société des amis de la cathédrale et 50 % par l'Etat.
Techniques innovantes
Le choix des copies, plutôt que de la restauration des originaux, s'est vite imposé aux spécialistes. La fragilité de ces statues monumentales (installées à l'origine sur l'éperon gauche du portail central de la cathédrale) ne permettait en effet pas d'opter pour la consolidation : une simple restauration n'aurait pas tenu dans le temps.
La décision fut donc prise de se lancer dans une copie dans le matériau original, la fameuse pierre de Courville. Les sculpteurs se sont appuyés sur l'existence de moulages datant de 1881 conservés au musée des monuments français. Ils ont aussi et surtout travaillé grâce à un système révolutionnaire utilisant les dernières innovations techniques.
Une numérisation des statues a ainsi été faite, sans les toucher ce qui ne les endommage donc pas. Le sculpteur visualise ensuite l'œuvre en trois dimensions sur un écran et s'aide d'un palpeur placé en bout d'un bras articulé pour connaître sur chaque zone l'état d'avance de son travail. La machine lui indique à quelle distance il se trouve de la surface originale. Charge ensuite à lui de faire la mise au point finale.
Les statues et leurs copies devraient rester visibles dans la cathédrale pendant au moins deux ans, le temps que les travaux se terminent sur la façade de la cathédrale. Les copies rejoindront alors la place qu'occupaient leurs illustres modèles. Quand aux originaux, ils seront conservés au sein du palais du Tau.
G. A.-T.

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