Publié le vendredi 29 janvier 2010 à 01H00 - Vu 583 fois
Bernard Theiss avait pris une photo du chat sauvage quelques minutes avant le coup grâce.
CERTES, il n'y a pas eu mort d'homme, mais tout de même mort de… chat sauvage. Certains ne s'en offusqueront peut-être pas plus que ça, il n'empêche qu'il est formellement interdit de tuer ce genre de petit félin qui est encore bien présent dans les forêts ardennaises.
Et pour cause, le chat sauvage, également appelé chat forestier, ou encore chat haret, est une espèce protégée. Et ce depuis un arrêté ministériel datant du 1er janvier 1976. Si vous vous faites prendre à tuer ce genre d'animal, le code de l'Environnement prévoit une peine maximale de six mois de prison, 9.000 € d'amende, le retrait du permis de chasse, voire du permis de conduire, ainsi que tous les modes et moyens utilisés (articles L 411-1 à L 412-1 et articles R 411-1 et R 412-7).
Les membres de l'Association Ardennaise des Piégeurs (ils sont 700 dans le département) sont bien entendu censés être les premiers à être informés de ces arrêtés visant à réguler la faune de l'Ardenne profonde. Et pourtant, il y a eu dérapage. Et pas n'importe quel dérapage, puisque l'incident en question met directement en cause le président de l'association, Raymond Gillet, qui habite Bosseval.
Selon Bernard Theiss, membre de ce cercle de passionnés depuis une quinzaine d'années, le président aurait fauté. Et il entend bien dénoncer haut et fort ce comportement qu'il considère comme totalement inadmissible.
« Je vais lui dire la messe »
Bernard Theiss, qui habite Baâlons, raconte ce qu'il a vu, ou plutôt ce qu'il a surpris le 20 août 2008 alors qu'il faisait de la photo animalière avec un ami sur le domaine des Margannes, près de Bosseval : « Nous sommes passés près d'une cage à fauve, destinée à piéger les animaux considérés comme nuisibles, et nous avons constaté qu'un chat sauvage se trouvait prisonnier à l'intérieur. Cela arrive parfois. On trouve de temps en temps dans nos pièges, un marcassin, un chevrillard ou comme c'était le cas ce jour-là, un chat sauvage. Bien entendu, on se doit de libérer ces animaux immédiatement ».
Bernard Theiss, qui ne cache pas avoir un vieux contentieux avec Raymond Gillet, remontant à l'époque où il travaillait comme garde privé aux Margannes sous la responsabilité de Raymond Gillet, reconnaît qu'il a planqué en attendant la venue du président : « Je savais qu'il était dans le bois et j'étais à peu près sûr de ce qui allait se passer lorsqu'il tomberait sur le chat ».
Dissimulé dans un taillis (en tenue camouflage), à une dizaine de mètres de la cage, Bernard Theiss va réaliser cinq clichés, où l'on voit le président Gillet d'abord jeter un œil sur le chat sauvage, puis sortir son arme - un pistolet 22 long rifle - et enfin exécuter l'animal de deux balles : « Il était avec un ami. L'autre lui a demandé : « Qu'est-ce que tu vas faire ? Il a répondu, je vais lui dire la messe. Et il a tiré ».
Reste à savoir pourquoi Bernard Theiss a attendu aussi longtemps avant de dénoncer les faits ? « J'en ai parlé un peu partout, même à la fédération des chasseurs, mais tout le monde était bien embêté avec cette histoire-là et personne ne semblait vouloir donner de suites ». Cette fois, le « piégeur de piégeur » a décidé de frapper fort puisque lundi, il a adressé des courriers au procureur de la République, à la préfecture, à l'Office National de la Chasse, au président de l'association nationale des piégeurs ainsi qu'à la Fondation Brigitte Bardot. Rien que ça !
O.R.
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