Publié le dimanche 12 avril 2009
Les secouristes italiens étaient toujours hier à la recherche d'éventuels survivants dans le centre-ville de L'Aquila.
GIUSEPPE CACACE
Des centaines d'habitants du centre historique de la ville italienne de L'Aquila, durement touchée par le séisme il y a six jours, se sont inscrits hier auprès de pompiers débordés afin d'être accompagnés à leur domicile pour récupérer quelques affaires personnelles.
La piazza Fontana Luminosa marque l'entrée du centre de la capitale des Abruzzes : là, sous un chaud soleil, près de trois cent habitants devenus du jour au lendemain sans-abri entourent deux minuscules tables.
Tous veulent reprendre des affaires dans leur logement mais la zone demeure très dangereuse.
La compagnie des pompiers y est donc obligatoire et, pour cela, ils doivent s'inscrire auprès d'eux. Mais les pompiers, visiblement fourbus, ne sont que quelques dizaines alors que les requérants sont des centaines.
Malgré les secousses qui continuent et la fatigue, les habitants prennent leur mal en patience. D'autant qu'après avoir longuement fait la queue pour s'inscrire, ils savent qu'ils devront patienter plusieurs heures encore avant que les pompiers ne les invitent à les suivre.
Tandis que certains tuent le temps en tapotant sur leur téléphone, d'autres montrent des signes de nervosité, las de tourner en rond alors que leur appartement se trouve parfois à quelques mètres seulement, mais derrière une rangée de carabiniers inflexibles qui barrent le passage.
Une femme s'emporte et hurle qu'elle a déjà « tout perdu ». « Je n'ai pas tout perdu comme vous, mais je vous assure que nous faisons le maximum. Depuis lundi, nous n'avons jamais arrêté », lui répond un pompier, les yeux rougis d'épuisement.
« J'attends depuis trois heures », confie plus tranquillement Vincenzo Marocco, qui, comme la plupart, souhaite « reprendre des vêtements et quelques bijoux ».
L'homme âgé d'une soixantaine d'années n'en est pas encore à imaginer son retour dans le centre martyrisé par le séisme. Riccardo Copersini, lui, est venu avec son frère et sa mère.
Il porte une petite cage avec l'espoir de récupérer ses chats. « Il semble que notre immeuble ne soit pas trop touché. Je veux retrouver nos deux chats et prendre quelques habits », dit le jeune homme. « Tout le reste, est accessoire ».






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