La course aux étoiles a commencé

Publié le mardi 09 février 2010

A partir du trois étoiles, une visite mystère aura lieu

A partir du trois étoiles, une visite mystère aura lieu

Herve OUDIN

Hôteliers, à vos calculettes. Le nouveau classement hôtelier, qui dépend d'un système de points élaboré, va imposer aux exploitants de s'adonner à de sérieux remue-méninges s'ils veulent conserver leurs étoiles ou en décrocher de nouvelles. Les professionnels locaux l'ont constaté la semaine dernière au cours d'une réunion à la CCI de Reims et d'Épernay. Voici quelques jalons pour comprendre les nouvelles règles du jeu.



Les objectifs de la réforme

Le nouveau classement hôtelier a pour objectifs de : « Créer un outil évolutif d'amélioration du parc hôtelier ; s'harmoniser avec les pratiques internationales ; faire monter en gamme le parc hôtelier en favorisant la modernisation des équipements et en intégrant des critères de qualité de service normés ».




Se classer avant juillet 2012

Les nouvelles normes sont opérationnelles depuis le mois de janvier. La validité des classements établis avant la réforme prendra fin au plus tard le 23 juillet 2012. Compte tenu des éventuels travaux rendus nécessaires par le nouveau classement, les délais sont donc serrés.




Etre non classé ?

Les établissements qui n'auront pas effectué de démarche « volontaire » de classement pourront encore exercer mais n'auront plus le droit d'afficher leurs anciennes étoiles.

 


De 1 à 5 étoiles

Jusqu'à hier le classement allait de 0 à 4 étoiles. Désormais le classement va de 1 à 5 étoiles. En fait, le classement 5 étoiles existe depuis le 1er janvier 2009. (Dans la région, seul le Château des Crayères l'a obtenu.)




Les critères et leurs points

Les critères sont organisés en trois grands domaines : les équipements, le service aux clients, l'accessibilité et le développement durable. Chaque critère dispose d'un nombre de points. Il y a deux types de critères : ceux qui sont « obligatoires » et ceux qui sont « à la carte ». Pour obtenir le classement dans une catégorie donnée, il faut atteindre un nombre de points minimum. Plus le classement sera haut, plus le nombre de point à atteindre sera élevé. L'établissement n'est pas obligé d'atteindre 100 % des critères obligatoires de sa catégorie. Une marge de 5 % lui est accordée. Toutefois, chaque point manquant d'un critère « obligatoire » devra être compensé par trois points d'un critère « à la carte ».

Par ailleurs, l'établissement hôtelier peut être crédité d'une proportion variable de points « à la carte ». Un hôtel 1 étoile devra avoir 5 % des points attribués aux critères « à la carte ». Un hôtel 5 étoiles devra atteindre le seuil de 40 %.

Les hôtels ont intérêt à faire jouer les vases communicants entre leurs forces et leurs faiblesses. Par exemple, un établissement qui n'aura pas d'équipements pour bébé perdra 3 points « obligatoires ». Mais il gagnera 4 points « à la carte » s'il dispose d'un chariot à bagages.




Visites mystères ou déclarées

Ce n'est plus l'administration (en l'occurrence la DGCCRF) qui effectue les visites mais un organisme évaluateur indépendant. Cinq sont actuellement accrédités par la Cofrac. Pour les classements de 1 à 3 étoiles, la visite est « déclarée » par l'auditeur. Pour les établissements de 4 et 5 étoiles, il y a une visite mystère complétée d'une visite déclarée.




Le prix du classement

Le coût d'un audit, en vue d'un classement en 1, 2 ou 3 étoiles est compris entre 550 € et 1000 €, estime la CCI de Reims et d'Epernay. Pour un 4 et 5 étoiles, la facture est comprise entre 1 200 et 2 000 €. Attention, si un établissement est recalé, par exemple à la classification 3 étoiles, il devra en principe faire un nouvel audit en vue, par exemple, d'être classé en 2 étoiles. D'où l'importance, pour l'hôtelier de réaliser un prédiagnostic. Il peut le faire lui-même en se fournissant les textes réglementaires.




Atout France

Les hôteliers ont un interlocuteur principal, Atout France. Créé en mai 2009 pour prendre la suite de Maison de France, il s'agit d'un groupement d'intérêt économique (GIE) dont les missions sont, entre autres, de promouvoir le nouveau classement auprès des professionnels, de concevoir et réviser les référentiels de classement. Le site www.atout-france.fr est une base d'information pour les professionnels.




Les normes sécurité et incendie

A côté du nouveau classement, les hôteliers sont soumis dans un avenir proche à d'autres nouvelles réglementations contraignantes. En 2011, ils devront être à jour des nouvelles normes sécurité et incendie. En 2015, leurs établissements devront être accessibles aux handicapés. Pour les bâtiments les plus anciens, ces mises aux normes imposeront souvent de lourds travaux, parfois difficiles à réaliser.


Julien Bouillé


cahiereco

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