Publié le vendredi 18 janvier 2008 à 01H00 - Vu 11 fois
« Au chômage, je vendais mes BD sur les marchés », confie Jérôme Gorgeot, passionné de BD et de la culture « underground » alternative.
Corinne Lange
Son nom vous dit sans doute quelque chose ! Son visage ne vous est pas vraiment inconnu ! Et pour cause ! Journaliste à l'union, Jérôme Gorgeot a exercé jusqu'en 2002 à Sézanne. C'est pourtant comme dessinateur de BD qu'il effectue un retour aux sources en exposant ses planches jusqu'au 20 février à l'Ancien Collège.
« C'est la première fois en près de 30 ans que la municipalité organise une exposition de bandes dessinées à la Galerie d'Art », confie Jorge Galaz, chargé de l'animation culturelle à Sézanne.
Mais attention, Jérôme Gorgeot s'empresse de dissiper tout malentendu : « Amoureux de beaux dessins et adeptes de style limpide, s'abstenir ! » Au fil des années, il s'est installé dans un style très personnel, « proche de l'esprit fanzine. Mon style est plutôt bâclé et le dessin représente plus un support pour coucher des mots, des impressions ».
Indissociables, les mots et le dessin ont jalonné la vie de l'artiste dès son plus jeune âge. « A 13 ans, j'ai créé mon propre journal au sein de mon collège ». Puis au lycée, pendant son service militaire, encouragé par Stéphanie sa compagne. « Même au chômage, je vendais mes BD sur les marchés de la Haute-Marne ».
« J'ai toujours aimé raconter des histoires ! Et au départ, mes dessins étaient plus tournés vers la science fiction. Rapidement, je me suis rendu compte que ce que je faisais, avait déjà été réalisé par d'autres des centaines de fois. Je n'avais pas l'impression d'apporter quelque chose de nouveau ». Jérôme se tourne alors définitivement vers le style autobiographique.
Thérapie
« Journaliste, on s'intéresse plus aux autres. Avec le dessin, c'est un moyen comme un autre de parler de soi ». Un exercice que le dessinateur n'hésite pas à définir comme « impudique mais indispensable à l'équilibre de ma vie ».
Une sorte de thérapie pour l'homme, le journaliste et l'artiste. Des souvenirs d'enfance, ses débuts de journaliste, ses passions… des expériences propices à l'écriture et au dessin malgré le contexte intime.
Du coup, une exposition ne constituait pas vraiment une priorité pour Jérôme Gorgeot. « Depuis deux ans, je mets mes BD en ligne, sur un blog et si j'ai quelques lecteurs, je ne vois ni leur visage, ni leurs réactions même si chacun d'entre eux peut faire ses commentaires. En m'exposant, je me mets clairement à nu ».
Sézanne, une ville que j'aime
Il accepte pourtant l'invitation de Jorge Galaz. « Je ne me considère pas comme un artiste mais comme un créateur du dimanche c'est clair. En revanche, une exposition constitue une finalité. Et même s'il y a forcément des coups à prendre, je suis flatté de présenter mon travail à un public, surtout à Sézanne, une ville que j'aime particulièrement ». Et si ce rendez-vous ne constitue par une opération commerciale pour lui, « j'espère sincèrement que mon travail plaira, même à un petit nombre. Une expo c'est aussi une façon de faire réagir les gens, voir que mes dessins ne laissent pas indifférent ».
Corinne Lange
Les BD de Jérôme Gorgeot sont visibles à l'Ancien Collège jusqu'au 20 février. Entrée gratuite.
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