Publié le jeudi 23 avril 2009 à 01H00 - Vu 215 fois
Alors que la densité moyenne du nombre d'infirmières est en France de 111 pour 100.000 habitants, elle chute à seulement 56 pour la Marne.
Christian-Philippe PARIS
DEPUIS samedi dernier, les infirmières sont les premières professionnelles de santé libérales à voir leur liberté d'installation limitée, pour corriger leur mauvaise répartition sur le territoire national.
Un accord vise en effet à mieux répartir les infirmières (une profession féminine à 90 %) dont la densité varie de 1 à 7 selon les régions.
Dans les zones « très surdotées » (sur le pourtour méditerranéen, en Corse ou en Bretagne), les infirmières ne pourront s'installer, si elles veulent bénéficier d'un conventionnement de l'assurance-maladie, qu'à condition de compenser un départ d'une de leurs collègues.
Deux fois moins dans la Marne
À l'inverse, dans les zones « très sous-dotées », dont la Marne fait partie, elles pourront bénéficier d'aides pour s'installer ou rester.
« Nous sommes 317 infirmières libérales dans la Marne, et c'est beaucoup trop peu », constate Francine Minair, installée à Fismes, par ailleurs présidente du syndicat des infirmières et infirmiers libéraux de la Marne.
Quelques chiffres appuient son constat. Alors que la densité moyenne du nombre d'infirmières est en France de 111 pour 100.000 habitants, elle chute à seulement 56 pour la Marne. Et encore, il s'agit là d'une moyenne départementale dont les écarts peuvent considérablement varier, ainsi que nous le montre l'infographie ci-contre.
Ainsi, le secteur le plus particulièrement touché est celui de la région de Vertus qui semble carrément sinistrée. La seule zone vraiment à l'aise est le nord rémois.
La Marne est l'un des 13 départements métropolitains (avec ceux de l'Ile-de-France hors Paris, l'Aube, l'Oise, Eure-et-Loir, Sarthe et Lot) à se situer dans une limite de moins de 60 infirmières pour 100.000 habitants. Alors qu'elles sont plus de 240 dans les Bouches-du-Rhône !
Beaucoup de travail
Conséquence de cette distorsion, une activité débordante pour celles qui restent.
Francine Minair reconnaît travailler au moins soixante-dix heures par semaine sur des périodes alternées avec sa collègue (une semaine de travail, une semaine de repos), et rouler environ 200 kilomètres par jour à la rencontre de ses patients « parce qu'à la campagne c'est plus difficile ».
Ses amplitudes horaires s'étalent sur une vaste partie de la journée : « J'exerce de 7 à 13 heures, puis de 16 h 30 à 21 heures ».
Bref, un vrai sacerdoce. Alors, pour elle comme pour beaucoup, la nouvelle réglementation est la bienvenue.
« Ce qu'on en attend, c'est que les infirmières aillent là où c'est nécessaire, pas là où elles rêvent d'aller. »
Jean-Michel FRANÇOIS
dossierjour
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