Publié le mardi 14 avril 2009 à 01H00 - Vu 44 fois
Antoine Frey annonce une situation financière « excessivement saine ». Qui dit mieux ?
DOMINIQUE HERBEMONT
Al'heure où beaucoup d'entreprises gèlent leurs investissements ou s'enfoncent dans le rouge, l'Immobilière Frey, à Cormontreuil, se porte comme un charme. Cette société de promotion immobilière devenue société foncière au moment de son entrée en bourse affiche un résultat net de 3,2 millions € (de juillet à décembre 2008) pour un chiffre d'affaires de 21,8 millions €. Antoine Frey, président du directoire, dresse l'état des lieux.
Un an après votre entrée en bourse, comment se porte votre titre ?
Il se porte remarquablement bien. Depuis son introduction, il n'a pratiquement pas bougé. Dans le contexte actuel, et compte tenu des décotes que l'on observe aujourd'hui sur les autres sociétés de notre secteur, c'est une performance remarquable.
Nous versons un dividende d'un million d'euros cette année à nos actionnaires. C'est un signal fort.
« Nous avons plus de cash que de dettes »
Comment qualifiez-vous la situation financière de votre société ?
Elle est excessivement saine. Nous sommes dans un contexte idéal, celui d'un modèle économique où l'on crée de la valeur, où l'on accumule du patrimoine tout en gagnant de l'argent. Nous avons plus de cash que de dettes.
Vous affichez un taux de rentabilité de 12 % sur bail. Comment vous situez-vous par rapport à vos concurrents ?
Nous sommes bien au-dessus de la norme. La société Altarea, qui a publié ses comptes il y a une semaine, parle de « très forte rentabilité » lorsque ses opérations lui génèrent une rentabilité de 9 %.
Comment expliquez-vous vos bons résultats ?
Nous développons des « retail parks », c'est-à-dire des parcs commerciaux périurbains dont la typologie de commerce est concentrée sur des enseignes qui jouent le discount et le petit prix. C'est un mode de développement assez économique avec des charges et des loyers bon marché. C'est un segment qui résiste mieux que les centres commerciaux et les galeries marchandes.
Vous avez l'air de traverser la crise sans dommage…
Non. Cette crise nous oblige à travailler deux fois plus pour être aussi performants qu'avant. Votre santé s'explique aussi par votre business-model et votre organisation ?
Oui. On fait tout nous-mêmes. On va chercher le foncier dont on fait l'acquisition très en amont ; on réalise les dossiers d'étude nous-mêmes ; on pilote les chantiers en corps d'état séparés avec nos propres équipes. Donc on réalise des points d'économie sur toute la chaîne de valeur.
Quel est l'état d'avancement de vos chantiers dans la région ?
Nous poursuivons la construction de l'extension de Cormontreuil. Nous avons déjà livré Saturn, Conforama et Alinéa. On va en profiter pour faire un réaménagement de l'ensemble de la zone lui en donnant un nouveau lustre, en retravaillant les accès et la signalétique.
A Soissons, les travaux du parc des Moulins, que l'on développe avec l'architecte Jean-Michel Wilmotte, vont commencer dans quinze jours. La locomotive en sera Décathlon.
Et France et Europe ?
On a 500 000 m2 de projets dans les tuyaux en France et en Espagne dont 200 000 m2 ont déjà été autorisés administrativement. Ce « pipeline » de projets sera livré entre 2009 et 2012.
Propos recueillis
par Julien Bouillé
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