Publié le vendredi 29 janvier 2010 à 01H00 - Vu 81 fois
« Même si je n'ai jamais été agressé, je ne serais pas contre des caméras », déclare Roger.
Christian LANTENOIS
ILS veulent des caméras de surveillance. Les questions d'éthique et d'atteinte à la vie privée se respectent mais touchent surtout les Rémois qui habitent les quartiers tranquilles de la ville. Les autres qui craignent que leur voiture brûle la nuit, qui connaissent les feux de poubelles de près, qui ont peur de traverser leur hall d'entrée à cause du squat, qui croisent des dealers chaque jour en allant faire leurs courses, ceux-là veulent des caméras.
À Wilson, la demande est soutenue. « Tout le monde en parle et on espère bien en obtenir », témoigne Marc qui affirme qu'une demande officielle a été faite à la Ville. Yen, locataire dans le Wilson rénové, les accueillera avec joie : « Ce serait super. On a été squatté pendant des semaines. La porte a été défoncée, ils l'ont changée je ne sais pas combien de fois. Si c'est surveillé, ils ne viendront plus. »
Il a été observé que la vidéosurveillance ne supprime pas la délinquance mais la déplace. Les délinquants aiment autant traîner hors du champ des caméras. Pourquoi se compliquer la vie.
« Ils ont tendance à se poser dans les coins un peu sombres, c'est là qu'il faudrait mettre des caméras. D'ailleurs, il nous en faudrait partout parce que ça deale à tous les coins de rue », lâchent plusieurs commerçants de la place Mozart.
Baguette et journal sous le bras, canne à la main, Roger vient de faire ses petites courses : « Des caméras de surveillance ? Je ne serais pas contre. Je n'ai jamais été agressé mais pourquoi pas. »
Il a aussi été observé que les caméras agissent autant sur la baisse des incivilités que sur la baisse du sentiment d'insécurité. « On sait bien que ce n'est pas un remède miracle mais c'est dissuasif. Quand je rentre le soir, j'aimerais bien que mon trajet jusqu'à la porte de mon immeuble soit filmé. Je me sentirais plus tranquille », confie une jeune enseignante. Elle est loin d'être la seule à le penser.
Textes : Catherine FREY Photos : Christian LANTENOIS
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