Publié le jeudi 03 décembre 2009 à 01H00 - Vu 23 fois
C'est au troisième étage de cet immeuble que le locataire décédé depuis plusieurs mois a été découvert.
CET huissier de justice rémois a eu une drôle de surprise lundi dernier ; alors qu'il venait réclamer des loyers impayés à un locataire du quartier Wilson, il a compris pourquoi l'intéressé ne payait plus : il était mort tout simplement. Le mauvais payeur entre guillemets était même si bien mort que l'homme de loi, accompagné du serrurier, a découvert le locataire en question réduit à l'état de squelette, avec lunettes sur le nez et montre au poignet, mais sans plus de chair sur les os.
« Vous n'avez rien senti ? »
Selon la police, cela faisait, en effet, déjà plusieurs mois que l'intéressé, un homme de 86 ans, était mort, de mort naturelle. Les estimations font état d'un décès survenu… en avril dernier. Et personne ne s'en était rendu compte. Le gaz était resté allumé, et la radio également, ce qui peut contribuer à expliquer que le voisinage n'ait pas été alerté.
Pourtant le voisin de palier avait eu l'occasion de se poser des questions : « Mon neveu avait remarqué, raconte-t-il en substance, qu'un prospectus d'information sur le ramassage des poubelles, coincé au niveau de la poignée de la porte d'entrée du voisin, n'avait pas bougé pendant des jours et des jours ». Ce qui signifiait que cette porte n'avait été ni ouverte ni fermée pendant tout ce temps-là. Mais cela n'avait pas intrigué le voisin plus que ça : « Il arrivait à ce monsieur, fort discret au demeurant, de s'absenter pendant de longues périodes, il est arrivé qu'on ne le voie plus pendant trois mois, parfois même pendant cinq mois ! Donc je ne me suis pas tellement étonné. »
Et l'odeur de décomposition ? « La police m'a effectivement demandé : vous n'avez rien senti ? J'ai dit que non. D'une part je m'étais absenté pendant un mois en octobre, d'autre part je suis en train de faire de la peinture chez moi, ça couvre les autres odeurs, et puis je suis habitué aux odeurs de cuisine un peu bizarres dans l'immeuble… »
Peut-être aussi que le gaz resté allumé a contribué à brûler l'odeur cadavérique ; en outre, la radio qui marchait a aussi pu donner l'impression que l'occupant des lieux était toujours bien vivant. Par conséquent, s'il n'y avait pas eu cette histoire de loyers, qui sait combien de temps encore le squelette serait resté à sa place ?
Antoine PARDESSUS
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