Publié le mardi 22 décembre 2009 - Vu 7 fois
DANS la nuit de samedi à dimanche, le mercure s'est affolé. il faisait -15 degrés dehors. Dans la maison louée par Alexandre et Cynthia, il faisait 4 degrés au sol. Une situation intenable pour ces jeunes parents qui n'en peuvent plus de voir leurs deux enfants souffrir moralement et physiquement. Lovée dans le canapé, à un mètre du poêle salutaire, la petite Loane, 4 ans, essaie de se changer les idées en regardant les programmes de Noël. Deux t-shirts, un sweat et un survêtement ne suffisent plus à prémunir la petite du froid. « Ça fait une dizaine de jours qu'elle tousse quasiment sans arrêt, elle est malade et j'envisage, si ça continue, de l'emmener à l'hôpital de Châlons pour la faire examiner. »
Voilà bientôt quatre ans que cette famille a quitté la commune de Fagnières pour s'installer « à la campagne », à Auve. Quatre ans durant lesquels relevés de comptes à l'appui, ils se sont acquittés de leurs loyers : 674 euros. Tel est donc le prix pour avoir froid. La salle de bain est « insalubre », le simple vitrage des fenêtres n'isole plus rien. Pire encore, durant deux jours, les locataires ont dû vivre les volets fermés afin de préserver au maximum la chaleur du foyer. « La cheminée ne fonctionne plus. On a été obligés d'investir dans un radiateur qui fonctionne avec des bouteilles de gaz. Une bouteille de gaz, c'est 39 heures d'autonomie et c'est 28 euros. Ce n'est plus possible d'allumer les convecteurs électriques car les plombs sautent systématiquement », indique Alexandre, écharpe autour du cou. Hier après-midi, il faisait 10 degrés dans l'entrée, plus froid encore dans la salle de bain et dans les chambres.
Mise en demeure
Pour ce jeune couple, les flocons de neige ont fait déborder le vase. Ils ont décidé de déménager. De fuir cette promiscuité pour un logement où leurs deux enfants pourront enfin jouir d'au moins 18 degrés. « On a envoyé une mise en demeure au propriétaire, on a réclamé des travaux dans la salle de bains, des champignons commençaient à apparaître. La propriétaire nous a répondu que nous n'avions qu'à les cueillir ! »
Du côté des bailleurs, la version est bien sûr très différente. « Ce que je peux vous dire, c'est que nous avons appris par des « on-dit » que la cheminée avait brûlé dans ce logement seulement fin septembre dernier. Or, le sinistre avait apparemment eu lieu en mars 2009. Voilà pourquoi les travaux n'ont pas encore été engagés. Simplement il faut du temps pour faire les déclarations aux assurances. Ils ont un poêle mais ils n'ont qu'à tourner le bouton des radiateurs électriques », souligne la propriétaire, Monique Blauwblomme.
Solidaire, un voisin, ému par la situation de ce couple et alerté par le responsable des Familles rurales du village, Peter Wagner, a décidé de louer une nouvelle maison à cette famille. Hier soir, ils étaient dans les starting-blocks pour déménager. « Au moins, les filles passeront des fêtes de Noël dans un nouveau logement où elles n'auront plus besoin de s'emmitoufler. »
Thomas DUPRAT
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