Publié le vendredi 06 novembre 2009
L'étudiant (ici lors d'un reportage sur l'homophobie tourné par M6) a déjà obtenu une première satisfaction : les sites incriminés ne sont plus en ligne depuis mercredi.
ENCORE lui ! Nicolas Canut n'en finit plus de porter plainte pour homophobie ou tout autre fait s'y rapportant. La première était dirigée contre un établissement scolaire, des élèves et l'inspection académique.
Au premier (le lycée Henri-Martin de Saint-Quentin), il reprochait des faits d'homophobie en milieu scolaire. Contre les deuxièmes, il avait porté plainte pour harcèlement sexuel et menaces de mort.
Contre l'inspection enfin, non-assistance à personne en danger.
Le jeune homme dénonçait les nombreuses humiliations qu'il aurait subies à partir du moment où il avait révélé son homosexualité.
Avec déjà huit plaintes au compteur, il se défend pourtant d'être procédurier. « À chaque fois, j'ai prévenu, j'ai attendu et n'ayant pas obtenu de réponse, j'estime que les personnes tombent sous le coup de la loi ». Cette fois, Nicolas Canut s'en prend ni plus ni moins à Facebook.
En mars dernier, il est invité à rejoindre un groupe homophobe. « Vous me connaissez, je suis curieux… Alors j'ai cherché plus loin et j'ai trouvé des centaines de groupes homophobes ou prônant le nazisme. J'ai contacté le modérateur, qui m'a répondu que ce n'est pas parce que je ne partageais pas leurs opinions qu'il devait retirer ces sites ». Il porte plainte pour incitation à la haine raciale et à la violence envers des personnes en raison de leur orientation sexuelle. Résultat : Facebook a supprimé les profils mis en cause.
Fermer Facebook
Deuxième épisode il y a une se6maine. Il découvre un autre groupe d'internautes intitulé « antiPD ». « Ils invitent à couper les mains des homosexuels, les qualifient de « merdes ». Il y a aussi des liens vers des vidéos montrant des agressions - vraies ou mises en scène - ainsi que des chansons racistes et homophobes. Facebook a refusé de répondre à mes questions et mon compte a été supprimé dans la foulée ».
Le Saint-Quentinois a donc déposé plainte contre le site communautaire pour complicité d'incitation à la haine et à la violence envers la communauté homosexuelle.
Le parquet d'Avignon - où réside désormais Nicolas Canut - s'est saisi du dossier mardi et l'a jugé recevable. « J'ai confié l'enquête à un officier spécialisé en matière de cybercriminalité, basé à Nanterre, pour identifier les auteurs de ces échanges » détaille le procureur Catherine Champrenault.
Nicolas Canut exige que le site se dote d'une « vraie équipe de modérateurs », de même qu'il demande la fermeture de Facebook France pendant 24 heures, « afin que les enquêteurs puissent faire leur travail » mais « on n'en est pas encore là » tempère le parquet d'Avignon. Le cas échéant, ce serait une première mondiale.
L.L.




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