Publié le lundi 09 novembre 2009 à 01H00 - Vu 12 fois
Le fourgon exposé sur le parking du tribunal de grande instance à Charleville-Mézières, « sent la mort » ainsi que l'a décrit l'une des personnes qui se garent quotidiennement sur l'esplanade.
GGM
JUGÉ et condamné, de mars à mai de l'année dernière, à Charleville-Mézières, le couple Michel Fourniret- Monique Olivier n'en a pas terminé pour autant avec la justice. Des enquêtes sont, en effet, toujours en cours, concernant des meurtres et des disparitions auxquels il pourrait être mêlé, tels ceux de Marie-Angèle Domèce, une jeune fille handicapée mentale de 19 ans, qui avait disparu le 8 juillet 1988 à Auxerre, dont le corps n'a jamais été retrouvé, et de Joanna Parrish, une jeune Britannique de 20 ans, assistante d'anglais, retrouvée étranglée et violée dans une rivière, en mai 1990 également à Auxerre.
Sans parler d'autres crimes, qui ne seront sans doute jamais évoqués car ils sont en voie de prescription, comme celui de Farida Hamiche, qui avait conduit Fourniret au trésor du « gang des postiches » et qu'il a admis avoir tuée. Sans parler, non plus, d'autres énigmes non résolues (comme le cas de la petite Estelle Mouzin, en 2003), concernant des adolescentes disparues entre 1990 et 2000, période durant laquelle on ne sait rien de ce qu'a fait le monstre, mais durant laquelle il est peu probable qu'il soit demeuré « inactif ».
Dans ces conditions, toute pièce à conviction qui concerne le tueur en série et sa compagne doit donc absolument être préservée, car - le couple n'en étant pas à une provocation près - rien n'interdit d'imaginer qu'ils puissent brusquement, à Versailles ou à Paris, devant l'un des juges d'instruction, qui ont désormais en charge leurs dossiers, avouer certains faits encore ignorés.
Un fourgon qui « sent la mort »
Et qu'il soit alors nécessaire de les corroborer par des preuves matérielles, genre traces ADN ou autres, que la science autorise aujourd'hui…
Or, il se trouve que l'une de ces pièces à conviction et pas des moindres, est totalement à l'abandon, depuis le procès, sur le parking du personnel du palais de justice de Charleville-Mézières. Il s'agit du fourgon Citroën C 25, de couleur blanche, l'un des véhicules dans lequel Fourniret (seul ou avec sa complice) a enlevé, violé et tué certaines de ses victimes.
Celui-là même qui a, d'ailleurs, permis son arrestation, après que la petite Marie-Ascension, 13 ans, eut miraculeusement réussi à s'en évader, le 26 juin 2003 à Ciney (Belgique).
Un véhicule « qui sent la mort », ainsi que nous l'a décrit l'une des personnes, qui se gare quotidiennement sur l'esplanade. « Nous ne supportons plus de l'avoir sous les yeux. Il nous rappelle trop le calvaire qu'ont enduré les malheureuses qui ont été transportées dedans ! » Céline Saison, lycéenne de 18 ans, enlevée le 16 mai 2000 à Charleville et retrouvée le 22 juillet suivant dans un bois de Sugny, en Belgique, et Mananya Thumpong, collégienne de 13 ans, disparue le 5 mai 2001 à Sedan, dont le corps avait été retrouvé le 1er mars 2002 à Nollevaux, en Belgique, avaient effectivement été séquestrées dans ce véhicule, ainsi qu'en avaient attesté, à l'époque, les traces et les cheveux retrouvés par les enquêteurs et les experts de police scientifique…
G.G.-M.
Ce fourgon qui rouille peu à peu, a servi de chambre de torture à Fourniret. Au moins trois de ses victimes y ont été séquestrées. La dernière, en parvenant miraculeusement à s'en évader, a permis l'arrestation du prédateur sexuel.
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