Formation des maîtres : l'IUFM continue autrement

Publié le lundi 27 octobre 2008

Le directeur de l'IUFM Gilles Baillat : « Même intégrés aux universités, les IUFM restent opérationnels ».

Le directeur de l'IUFM Gilles Baillat : « Même intégrés aux universités, les IUFM restent opérationnels ».

Jean-François Scherpereel

PANIQUE chez les futurs enseignants et chez certains personnels des instituts de formation des maîtres. Il y a quelques jours, la présentation des nouveaux dispositifs de concours, de formation et d'évaluation des « maîtres » - qui s'appliqueront en 2010 - a pu laisser penser que les « IUFM », dont celui de Reims/Champagne-Ardenne, disparaîtraient. « Il n'en est rien », affirme le directeur Gilles Baillat, dans son bureau du pôle Farman.
Depuis 1990, les IUFM forment les futurs enseignants de l'école publique, en remplacement des anciennes écoles normales. Ces établissements autonomes disposent d'un budget propre, versé directement par le ministère de l'Éducation nationale. Leur conseil d'administration est présidé par le recteur.
Comme ils se situent hors des universités, les 31 IUFM de France ne décernent pas de diplôme, mais dispensent donc une formation professionnelle.
À partir de Reims et dans les antennes de Châlons, Charleville et Troyes, la région prépare un millier d'étudiants au concours d'admission à Bac + 4 (1re année) et forme 600 futurs enseignants (2e année).
Les étudiants de 2nde année sont des fonctionnaires stagiaires, rémunérés à hauteur de 1.500€ nets par mois.
Par une loi d'orientation datant d'avril 2005, confirmée le 1er juillet 2007, le cursus de formation des maîtres doit changer avec, pour objectif, la revalorisation des carrières.
Il s'agit en effet, d'aligner le système français sur le modèle européen. Désormais - à partir de 2010 -, les futurs enseignants et les conseillers principaux d'éducation devront atteindre Bac + 5, et décrocher un « master 2 ».
Mais surtout, ils ne seront plus des « fonctionnaires stagiaires » rémunérés (ce qui fera disparaître 20.000 fonctionnaires), mais des étudiants comme les autres, puisque les IUFM sont intégrés dans certaines des 85 universités (dont celle de Reims) et relèvent du président de l'université.
À l'issue de leur cursus universitaire, ils repartiront donc avec un diplôme en poche.
Concrètement, après leur licence, ils entreront en master 1. L'année suivante, ils entameront leur master 2. En janvier, ceux qui le souhaiteront passeront le concours d'admissibilité ; en juin, le concours d'admission. En septembre, ils seront professeurs des écoles.
Les épreuves d'admission évalueront la capacité des candidats à enseigner. Attention : il faudra que ces derniers se renseignent (à partir de mai 2009) sur l'organisation de stages. Sinon, ils risquent de passer directement des bancs de l'université à la confrontation avec des élèves dont ils ignoreront tout, car le concours d'admission sera le sésame pour enseigner. Selon M. Baillat, qui vient d'être reconduit dans ses fonctions pour 5 ans, l'IUFM de Reims et ses antennes locales restent opérationnels ; les 210 emplois sont préservés.
Mais le 7 novembre, il ira avec le président de l'université tenter de rassurer le maire de Châlons sur cette pérennité.
Jean-François Scherpereel

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