Publié le samedi 21 juin 2008 à 01H00 - Vu 17 fois
Les dirigeants stadistes et Thierry Froger ne sont plus sur la même longueur d'onde.
Aurelien Laudy
C'est parti pour la saga de l'été ? En tout cas le bras de fer est engagé entre le Stade de Reims et son ancien entraîneur, Thierry Froger, récemment licencié un an avant la fin de son contrat de coach principal des Rouge et Blanc.
Silencieuses jusqu'ici, les deux parties ont officiellement déclenché des hostilités et, in fine, ce sera à la justice de se prononcer sur cette « rupture abusive de contrat » à l'encontre de celui qui dirigea pendant trois saisons l'entraînement des pros stadistes.
Joint hier, Thierry Froger estime « scandaleux » sur la forme et sur le fond le bien-fondé de cette notification de licenciement, « même s'il s'y attendait un peu ». Contestant fermement les faits qui lui sont reprochés et le respect de la procédure. « Je voudrais trouver une explication à cette démarche. Aujourd'hui, après trois saisons, on me jette comme ça en me disant qu'on ne vous doit rien, alors qu'il me reste un an de contrat à honorer ».
Insubordination
Son avocat, Me Olivier Martin, se dit lui aussi « stupéfait » de l'attitude de l'employeur, « qui expédie le 17 juin une lettre de rupture de contrat de travail pour fautes graves avec effet immédiat (reçue le 19), alors que son engagement court jusqu'au 30 juin 2009 ».
Comme son client, il relève que dans la forme, « c'est surprenant de recevoir une lettre de rupture de contrat trois jours avant la reprise de l'entraînement, alors que tout le monde sait que Didier Tholot a été recruté comme entraîneur alors même que Thierry Froger n'avait pas encore été officiellement démis de ses fonctions ».
Sur le fond, il rappelle certains griefs retenus contre son client : « On lui reproche des manquements dans la préparation et le recrutement de la saison à venir, d'avoir utilisé des propos jugés dangereux dans sa communication sans concertation avec ses dirigeants. Et enfin, son insu bordination et son manque de communication ».
S'appuyant sur la convention collective des entraîneurs, Me Martin a saisi la Commission juridique de la Ligue, qui, lors de son audience du 18 juin, a décidé de convoquer les deux parties le 1er juillet.
D'autre part, comme l'annonce l'avocat, « dès la semaine prochaine nous saisirons le Conseil des prud'hommes pour faire valoir nos droits ».
Les dirigeants rémois se veulent sereins. « Nous avons déclenché une procédure qui suit son cours », explique Jean-Pierre Caillot. « Thierry Froger a refusé de se rendre à différentes convocations pour un entretien préalable à son licenciement. Quant à Didier Tholot, il n'a été embauché qu'après le licenciement de l'entraîneur en place ».
Le président stadiste estime en outre que « la direction du club possède suffisamment d'éléments à charge contre son ancien entraîneur pour avoir souhaité rompre, avant terme, son contrat de travail ».
L'avocat du club, Me Isabelle Bony rappelle que « si l'entretien préalable a été reporté, c'est à la demande de Thierry Froger. Ce dernier ayant décidé de solder les 24 jours de congés qui lui restaient ». D'où cette notification tardive.
Le match Froger – Stade ne fait que commencer…
Gérard Kancel
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