Publié le vendredi 15 mai 2009 à 01H00 - Vu 16 fois
22 000 supporters ardennais avaient fait le déplacement au Stade de France pour soutenir les Vert et Rouge.
Archives Angel Garcia - l'Union
PUTAIN, déjà dix ans ! C'est le 15 mai 1999 que Sedan, alors en D2, avait rendez-vous en finale de Coupe de France avec Nantes, pensionnaire de D1, dans un Stade de France abondamment garni (78.586 spectateurs). Le record d'affluence de l'époque dans un match interclubs !
Hélas, le CSSA ne put aller au bout de son rêve, s'inclinant devant les Canaris (1-0) sur un penalty généreusement accordé par Pascal Garibian, l'arbitre désormais le plus connu dans les Ardennes.
Un coup de sifflet couperet qui fit couler bien des larmes chez les 22.000 supporters ardennais. Da Rocha avait bel et bien abusé de l'officiel. Et Monterrubio ruina définitivement les espoirs des hommes de Patrick Remy. Rageant. Le sentiment d'injustice fut énorme après cette sanction controversée et au goût amer.
Mais même si elle ne fut pas complète, la fête fut belle tout au long d'une journée marquée par l'étonnante transhumance vers Saint-Denis de 162 cars, une centaine de véhicules et 5 trains spéciaux de supporters transformant l'A4 et les gares de l'Est et du Nord en une étonnante artère drapée de « vert et rouge ». Un pèlerinage et un engouement sans précédent dans le département qui rappelèrent à certains la Libération.
Dans toutes les communes ardennaises traversées, cet exode massif fut, en effet, salué sur son passage par des centaines d'autochtones, restés au « pays » mais tenant alors à témoigner de leur solidarité avec le CSSA.
L'ivresse après la détresse
A l'image de Mionnet et Dangbeto, en situation de détresse à la fin du match sur la pelouse, cette marée humaine eut le cœur en écharpe. Car malgré la pugnacité des Satorra, Deblock et Quint et le siège du but nantais, rien n'y fit. Sedan ne parvint pas à planter de coups de becs aux Canaris. Au final, la soupe à la grimace servie par des Sangliers en berne contrastait avec la joie du capitaine adverse, Landreau, brandissant la coupe à deux pas de Jacques Chirac. « Mes regrets seront éternels » confiera après coup Patrick Remy.
Mais sur fond d'amertume, l'image qu'on gardera de cette soirée fut celle de Satorra invitant les 22.000 supporters de « la France profonde », installés dans le virage sud du SDF, à se lever d'un seul élan pour hurler plusieurs fois leur reconnaissance à ces marchands de bonheur. En oubliant du coup leur écœurement pour vibrer encore et encore lors d'une standing ovation pleine d'émotion. Comme pour profiter jusqu'au bout d'une soirée magique. Quel frisson ! « Il fallait faire abstraction de la défaite. Et j'ai trouvé ce moyen pour communier avec eux » expliquera Luis Satorra, s'improvisant chef d'orchestre sans baguette.
Césarine concurrencée, ce soir-là, par « Bichette », était depuis longtemps rentrée dans sa bauge.
Ayant rangé leurs mouchoirs pour se remobiliser, les Sedanais se consolaient deux semaines plus tard en mettant le feu au stade Emile-Albeau. En étrillant Saint-Etienne (3-0), ils scellaient le retour du club en D1 un quart de siècle après l'avoir quittée. Un an seulement après la montée en D2. Le début d'une épopée…
Pascal REMY
La fiche technique
STADE DE FRANCE. - Nantes (D1) bat Sedan (D2) : 1-0 (0-0). Arbitre : M. Garibian. 78 586 spectateurs. But : Monterrubio (56e sur penalty) pour Nantes. Avertissements aux Sedanais : Oliveira (13e), Faure (35e), Sachy (57e) ; au Nantais Deroff (44e).
NANTES : Landreau - Chanelet, Fabbri (Gillet, 67e), Decroix, Olembé - Piocelle, Devineau (Savinaud, 87e), Deroff, Carrière-Da Rocha (Suffo, 92e), Monterrubio. Entraîneur : Reynald Denoueix.
SEDAN : Sachy - Borbiconi (Crosnier, 77e), Oliveira (Dangbeto, 69e), Satorra, Elzeard - Deblock, Pabois (N'Diefi, 60e), Faure, Quint-Mionnet, Di Rocco. Entraîneur : Patrick Remy.
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site





