Publié le dimanche 26 avril 2009 à 01H00 - Vu 103 fois
POUR ILLUSTRER LE PAPIER DE CAROLINE TAIX: "LA REGIE PUBLICITAIRE DE FRANCE TELEVISIONS ESSAIE DE RESISTER A LA DEPRIME" - Une personne travaille, le 05 mai 2008, dans un bureau de France Télévision Publicité à Boulogne-Billancourt. Quatre mois après l'annonce par Nicolas Sarkozy de la suppression de la publicité sur France Télévisions, les salariés de la régie publicitaire du groupe sont "à cran", se plaignent d'être dans l'incertitude pour leur avenir tout en voulant résister à la déprime. AFP PHOTO OLIVIER LABAN-MATTEI MEDIAS-AUDIOVISUEL-PUBLICITE
OLIVIER LABAN-MATTEI
Bourse en chute libre, faillites et plans sociaux plombent l'actualité. L'occasion de faire monter la pression au boulot ? Pour le Dr Christophe Massin, psychiatre, « la crise est certainement un facteur aggravant dans certains secteurs, mais son impact n'est pas encore significatif à l'échelle globale ». On ne peut donc justifier le stress par l'urgence du moment. Il augmente constamment depuis des années et l'apparition des suicides au sein de l'entreprise voici douze ans marque le vrai tournant.
Si ces drames restent heureusement rares, ils sont malgré tout révélateurs d'un malaise grandissant. Ainsi, 44 % des personnes occupant un emploi se disent stressées aujourd'hui. Surtout les femmes, d'ailleurs, deux fois et demie plus touchées que les hommes. Mais comment dire stop ? Et si l'on commençait par prendre conscience des raisons profondes de la souffrance au travail pour en être moins victime ? Reste à travailler ensuite sur ses émotions, son rythme et sa relation aux autres, afin de se sentir mieux dans son job au quotidien. Pour faire face à la crise aussi, quand la rumeur du monde se rapproche un peu trop.
Pourquoi tant de tension ?
Pas facile de démêler toutes les causes imbriquées. D'après les plaintes recueillies dans le secret de son cabinet ou directement en entreprise, le Dr Christophe Massin note que la montée du stress est d'abord la conséquence d'une mondialisation accélérée, et plus exactement d'un capitalisme financier sans frontières.
Les entreprises sont soumises à une concurrence internationale les obligeant à produire davantage, plus vite, mieux, en payant moins cher. Et nul n'est épargné par la pression accrue.
À cela s'ajoutent de nouveaux principes d'évaluation des performances pour quantifier et chiffrer l'activité de chacun, ainsi que des objectifs de qualité parfaite.
Mesures aussi illusoires qu'angoissantes. Un passage mal géré aux 35 heures peut également corser l'affaire, car beaucoup d'actifs ont l'impression de travailler autant (voire plus) en moins de temps, puisqu'il n'y a pas toujours eu d'augmentation sensible des effectifs.
Par ailleurs, les nouvelles technologies ont rendu la frontière entre boulot et sphère privée plus poreuse. Avec le téléphone portable, le mail et autres gadgets, on est toujours joignable… et stressable ?
Enfin, on observe une baisse de la convivialité assez grave, analyse le Dr Christophe Massin. Avant, on se déplaçait pour donner une info, annoncer une bonne ou une mauvaise nouvelle. Maintenant, on fonctionne facilement par mail et l'on est seul à encaisser face à son ordinateur.
Quelles réponses ?
Nous sommes tous différents et nous réagissons plus ou moins bien à ces nouveaux modes d'organisation, en fonction de notre histoire, de notre caractère, de notre humeur du moment…
Mais nul n'ose expliquer le stress par une faiblesse individuelle et cette approche est très déculpabilisante. On parle même aujourd'hui de « maladie professionnelle », notamment depuis que la Sécurité sociale a reconnu en septembre 2007 qu'une pression chronique causée par le travail avait provoqué la mort d'un salarié. Et pour pallier le problème, chacun cherche des solutions avec des cellules d'écoute au sein des entreprises, des formations qui rapprochent les salariés…
Lancé par ASP Entreprises, une société de conseil, le Ticket Psy a aussi fait son apparition.
Délivré par le médecin du travail, il donne droit à quelques consultations sur le divan financées par l'entreprise. Le gouvernement vient de créer de son côté un site internet incitant à « travailler mieux », après nous avoir encouragés à travailler plus…
L'important, pour ne pas stresser, est de ne pas se laisser déborder. En pratique « apprenez à marquer des limites et à dire non, aux autres comme à vous-même », recommande notre psychiatre. C'est tout simple en apparence, mais pas si facile à mettre en place. Tentez d'abord de comprendre pourquoi vous en faites trop. Craignez-vous de déplaire et d'être mise à la porte ? Mais à l'impossible nul n'est tenu…
Appliquez ensuite ce principe par la parole en prévenant que vous ne pourrez pas partir tard, par exemple. Enfin, le moment venu, mettez-le en pratique en partant vraiment à l'heure dite et en rassurant votre boss qui vous tend justement un dossier ? « Demain matin, je serai là et en pleine forme pour reprendre ce travail. »
OU S'informer ?
• Quand, comment et avec qui s'occuper du stress au travail : www.travailler-mieux.gouv.fr
• Des infos et de nombreuses brochures à télécharger : www.inrs.fr
• Des coordonnées de psy proposant des thérapies comportementales et cognitives : www.aftcc.org
S'adresser à un sophrologue pour décompresser. Liste des praticiens affiliés à la Société française de sophrologie : www.sophrologie-francaise.com
Sophie Viguier-Vinson
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