Publié le jeudi 22 octobre 2009 - Vu 70 fois
Avoir une enseigne va devenir un luxe !
Remi WAFFLART
«PRÉS de 300 % d'augmentation de la taxe sur mon enseigne en un an, on n'a jamais vu ça. Elle passe de 78 à 305,60 euros. Je suis atterré, c'est n'importe quoi. C'est simple, j'ai dit à la mairie que je ne payerai pas. » Mais quelle mouche a donc piqué ce petit commerçant de la rue Gambetta ?
Comme pour la plupart de ses confrères, la douloureuse est arrivée par La Poste. Un avis de recouvrement d'une nouvelle taxe au nom barbare : la taxe locale sur la publicité extérieure, sur les enseignes pour simplifier (votée en conseil municipal le 15 juin dernier). Elle remplace au moins en partie (pourquoi faire simple… ?) le droit de voirie, en vigueur jusqu'à présent.
« C'est la goutte d'eau… »
« Au début, je me suis dit que c'était certainement une erreur. A la mairie, ils m'ont confirmé qu'il fallait que je passe à la caisse », poursuit ce commerçant dont le magasin, qui ne fait pas plus de 25 m2 est une véritable institution de la rue.
Un de ses confrères confirme : « A la mairie, ils m'ont dit : c'est simple, soit vous payez, soit vous retirez votre enseigne. » L'ancienne taxe lui coûtait 133,75 €, il devra s'acquitter cette année de 376,70 euros. Soit quand même près de 200 % d'augmentation. Un peu plus loin, un de ses voisins fait grise mine. « Chez moi, la taxe va passer de 317 à plus de 900 euros. En période de crise ça fait plaisir. Je commence à en avoir marre. C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Ça fait huit ans que je suis là et ça me donne envie d'une seule chose : tout vendre et me barrer. S'ils veulent m'écœurer, ils s'y prennent bien. Moi, ma carte d'électeur, je vais la mettre à la poubelle. »
Malheureusement pour lui, son enseigne dépasse 7 m2. Les commerçants sont exonérés de la taxe si leur enseigne est inférieure à cette taille. Et pourtant, bien des petits commerçants possèdent des enseignes plus grosses. Nous n'avons pas eu de mal à en dénicher des dizaines.
Yves Guinoiseau, un commerçant indépendant, prévient : « Ils nous l'ont mise en douceur. On ne l'a pas vue arriver celle-là. Certains commerçants parlent de se regrouper pour ne pas se laisser faire mais je ne sais pas s'il n'est pas déjà trop tard. »
La méthode a fonctionné pour les grandes surfaces du secteur de l'actipôle qui ont obtenu le soutien de la CCI. Leurs services juridiques avaient tiré la sonnette d'alarme dès le printemps. « Si nous n'avions pas réagi, ça nous aurait coûté 30.000 euros, explique-t-on du côté de Leroy-Merlin (la grande surface de bricolage). « La Ville de Reims a été très très gourmande. Au final, on payera quand même 15000 euros pour notre enseigne. »
« On regrette le manque d'harmonisation sur le bassin rémois, prévient François Cravoisier, président de la CCI de Reims et d'Epernay. Les communes auraient dû choisir de la laisser au niveau minimum pour limiter les charges des entreprises, qui souffrent déjà de la crise, et éviter les distorsions de concurrence. » Un petit commerçant de Cormontreuil devra s'acquitter d'une taxe inférieure de moitié à celle d'un petit commerçant rémois. Et toutes les justifications du monde ne feront pas passer la couleuvre auprès des Rémois, surtout quand ils apprendront que la taxe locale sur la publicité extérieure est une imposition facultative…
Alexandre ROGER
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site






Réagissez