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Enfants attaqués par des chiens : les scénarios

Publié le mardi 31 mars 2009 - Vu 155 fois


A l'arrière de la maison où vivaient Louane et sa mère, deux enclos renfermaient chacun deux dogues allemands.

A l'arrière de la maison où vivaient Louane et sa mère, deux enclos renfermaient chacun deux dogues allemands.

Gerard PERON


 Louane a été attaquée avant même d'entrer dans l'enclos


 


 


SAMEDi après-midi, Louane jouait dans le jardin. Du moins, elle était censée s'y amuser avec ses jouets et ne pas s'approcher de l'enclos des chiens, comme sa maman le lui avait appris. Mais la curiosité a sans doute été la plus forte. L'envie de leur faire un gros câlin aussi, à ces nounours à quatre pattes avec lesquels elle a été pratiquement élevée. Alors samedi, Louane est entrée dans le garage de la maison. Celui-ci abrite deux enclos distincts. Dans l'un, le père Bosko, et sa fille, Daïka. Dans l'autre, deux autres dogues allemands, la mère et le fils.

Louane était une petite fille fluette de même pas 20 kg pour à peine plus d'un mètre. Aiguillonnée par l'envie de voir ses chiens, elle a escaladé les montants en plastique qui servaient de rempart à l'enclos à l'intérieur du garage. De là, elle s'est hissée sur la caisse en bois qui servait de niche. C'est là que le plus grand des deux chiens, sans doute Bosko, l'a repérée et attaquée.

L'a-t-il prise pour une intruse ? A-t-il pris peur de cette enfant, avec lequel il jouait pourtant hors de l'enclos, mais qu'il voyait pour la première fois se dresser au-dessus de lui ? Toujours est-il que la petite n'a même pas eu le temps de faire un pas en arrière . Le dogue lui a sauté à la gorge, la blessant mortellement. « L'enfant présentait quatre perforations au niveau du crâne et des lacérations au cou et aux joues, précisait hier le procureur de la République, Dominique Laurens. L'hypothèse d'un malaise et d'une chute dans l'enclos est exclue. La mort a été quasi instantanée, due au choc traumatique. »

C'est sur son poste d'observation, cette caisse en bois servant de niche, que la petite fille a perdu la vie. Ensuite seulement, le dogue l'a entraînée vers l'intérieur de l'enclos. Un temps énervés sans doute par l'odeur du sang, les animaux ont continué à s'acharner sur la petite victime. Puis ils l'ont comme oubliée. Délaissée à son sort. Jusqu'à ce que les adultes la découvrent. C'est la mère qui est entrée dans l'enclos en hurlant. Les deux chiens n'ont pas bronché. Deux heures durant, Vincianne Lecourieux est restée dans la cour, prostrée, sa fillette sans vie dans les bras.

Au cours de leurs constatations sur place, les gendarmes de la compagnie de Châlons n'ont pu que vérifier l'évidente bonne entente entre l'enfant et les chiens. Un peu partout dans la maison, des photos attestent de cette complicité. « Ce sont des chiens imposants, certes, mais de compagnie », précisait hier encore le Lieutenant Antoni.

Ces animaux étaient par ailleurs bien traités et ne semblaient pas souffrir de conditions de vie difficiles. « Il y avait une très bonne cohabitation entre les chiens et les membres de la famille », soulignait le procureur Laurens. Tout cela, toute la vie de Vincianne et Louane, a volé en éclats ce samedi.

Le corps de la petite fille doit être rendu à sa mère ces jours-ci afin que les deux parents de l'enfant puissent organiser ses funérailles et envisager de commencer leur travail de deuil.

Stéphanie Verger


 


 


 


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Le scénario du drame


 


 


 


1. Louane pénètre dans le vaste garage attenant à la maison où deux enclos intérieurs distincts ont été installés pour accueillir les dogues allemands de la famille.

Deux portes de garage ouvertes permettent aux chiens d'aller et venir dans leur enclos extérieur à ciel ouvert, constitué de grilles de chantier.

La fillette se dirige vers le box réservé à Bosko, le mâle adulte à la robe noire, et Daïka, une femelle couleur « arlequin », âgée de quelques mois. À l'autre extrémité du garage se trouve le second enclos, complètement hermétique celui-là, où sont enfermés deux autres dogues allemands, la mère et un jeune mâle, lui aussi né d'une précédente portée.

2. La petite Louane, 6 ans, escalade une grosse caisse en bois qui ferme une partie de l'enclos intérieur et qui sert aussi de niche à Bosko et Daïka. L'un des chiens se rue vers la niche et happe sa jeune maîtresse en la saisissant à la tête et à la gorge. Ce sont les importantes traces de sang découvertes sur la caisse qui ont permis de reconstituer le scénario tragique.

3. L'enfant perd la vie sur cette caisse en bois. Le choc traumatique est si violent que la mort est quasi instantanée.

Mais les chiens continuent de s'acharner sur Louane jusqu'à la faire glisser au beau milieu de l'enclos. Enfin, d'un coup, ils abandonnent son petit corps meurtri.


 


 


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Les deux dogues seront piqués


 


 


 


Dans ce genre d'accident tragique, la justice peut décider de mettre un terme à la vie des chiens ayant tué une personne. Il faut alors en passer par une décision judiciaire. Cela peut prendre un peu de temps. Dans l'affaire de la petite Louane Lecourieux, c'est la mère, Vincianne, qui a donné son accord. Les deux dogues, le père Bosko et la fille Daïka, seront donc euthanasiés.

Toutefois, auparavant, un vétérinaire doit les examiner pour se prononcer sur leur comportement. Ce qui ne préjugera pas néanmoins de leur sort. Mais permettra peut être de mieux comprendre pourquoi ils ont eu un tel mouvement d'agressivité envers leur jeune maîtresse.

Les animaux, actuellement placés au refuge de Fagnières, y seront sans doute euthanasiés dès aujourd'hui par un vétérinaire châlonnais.

S.V.


 


 


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Toute une école sous le choc


 


 


 


« C'est un grand malheur qui vient de frapper cette famille ! Mes enfants ne se trouvaient pas dans la classe de la petite Louane mais ils la connaissaient bien. Il va falloir maintenant leur expliquer ce qui s'est passé. Oui, c'est vraiment terrible… » Hier, peu avant midi, les grilles de l'école « Le chemin de l'espérance » de Mourmelon-le-Petit où était scolarisée Louane Baraton, se sont ouvertes pour permettre aux 80 élèves de sortir. Pas de ruée ! Les enfants affichent un calme sans doute tout relatif.

Moins de 48 heures après, le drame reste sur toutes les lèvres. Pourtant, parents, assistantes maternelles, grands-parents font preuve d'une extrême retenue. Ils parlent de la tragédie mais ils en parlent entre eux. Quelques papas ont pris leur journée pour être présents à l'heure du déjeuner. « Nos enfants sont maintenant au courant de ce qui est arrivé à leur petite camarade. S'ils veulent en parler à midi, il est important que l'on soit là pour les écouter », confie l'un d'entre eux. Pas un mot de plus ! L'émotion est palpable.

Au sein de l'école, les quatre institutrices se trouvent sous le choc, à l'image de la directrice Christine Dehoche. « Comment pourrait-il en être autrement ? », lance la maîtresse. C'est au salon du livre qui se tenait ce week-end à Mourmelon-le-Grand que l'enseignante, ainsi que Jacques Goupil, premier adjoint à la mairie de Mourmelon-le-Petit ont appris la terrible nouvelle. « Avec Madame Dehoche, on a envisagé plusieurs façons d'apprendre la nouvelle aux élèves. Il nous a semblé évident qu'un soutien psychologique devait être mis en place », précise l'élu.

Dès 8 h 30 ce lundi matin, il a fallu expliquer aux camarades de Louane pourquoi la chaise de la petite fille resterait vide. « L'inspection académique a mis à notre disposition une psychologue scolaire ainsi qu'un maître spécialisé à qui les enfants pouvaient se confier », confirme Christine Dehoche. « Il y a eu beaucoup de larmes, notamment de la part des plus grands qui ont bien compris ce qui s'était passé ». L'enseignante a confirmé que le malaise était palpable dès la rentrée. « La plupart des enfants savaient mais il fallait gérer leurs réactions ».

Ce petit village de 800 âmes où tout le monde se connaît est en état de choc. « On ne peut qu'être touché », lâche la professeur des écoles. Des enseignantes qui préfèrent se retrouver entre elles à l'heure du déjeuner pour s'exprimer. « Les parents d'élèves ont pris de nos nouvelles. Nous avons également reçu un soutien discret mais efficace de la part de la municipalité ». Une présence « municipale » que Jacques Goupil veut « symbolique. Il était normal d'être présent aujourd'hui ».

La psychologue, quant à elle sera à nouveau présente à l'école « Le chemin de l'espérance » toute cette journée de mardi. « Les enfants vont en parler avec leurs parents ce soir, il faudra à nouveau faire face à leur chagrin et à leur peur », précise Christine Dehoche.

Hier, il n'était absolument pas question d'évoquer l'origine de ce drame. « Seule, l'institutrice des plus petits a expliqué à ses élèves que les chiens pouvaient être dangereux et qu'il ne fallait pas les approcher de trop près.»

Institutrices, élus et parents d'élèves souhaitent d'ores et déjà s'associer à la douleur de la famille. « On réfléchit encore à la façon dont on pourra soutenir la famille de Louane mais ce sera toujours en accord et dans le respect de cette famille. L'important aujourd'hui, c'est de garder de Louane l'image de la petite fille vivante et joyeuse qu'elle était », a insisté Jacques Goupil.

Corinne Lange


 


 


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Enfant mordu dans les Ardennes : émotion à Rilly-sur-Aisne


 


 


 


À Rilly-sur-Aisne, les habitants, choqués, confient leur tristesse. Ils pensent avant tout à l'enfant, opéré dimanche soir et dont les nouvelles sont bonnes.

« On voyait le chien, ils le sortaient à l'occasion. On ne peut pas dire qu'il rassurait, mais il était tenu par ses maîtres. »

Georges Schminke, maire de Rilly-sur-Aisne (Ardennes), n'était pas présent dimanche lors de l'attaque d'un enfant de 5 ans par le cane corso familial, mais il connaissait le molosse.

Dans ce village joliment fleuri de 109 âmes, proche d'Attigny, les conversations portaient forcément, hier, sur le drame survenu dimanche en début d'après-midi.

Alors que la tante, qui gardait son neveu et son propre fils, sensiblement du même âge, faisait la vaisselle, le chien de soixante kilos a bondi pour mordre (notre édition d'hier).

Hier, des mamans attendaient le car scolaire. Elles aussi connaissaient l'impressionnant animal. « Si vous vous trouviez face à lui, c'est vous qui reculiez, c'est sûr… »

Elles décrivent un animal difficile à contrôler et gardent en mémoire sa première morsure, l'été dernier : « La petite fille a quand même eu une cicatrice… »

Pour le maire, le couple et ses trois enfants n'avaient pourtant jamais posé de problème. « C'étaient des gens qui ne faisaient pas parler d'eux. »

Hier, la maison paraissait vide de ses occupants, volets tirés.

Certains croient savoir que l'enfant a été mordu « aux deux joues. Il aurait ramassé quelque chose devant le chien… » Difficile de confirmer cette version.

Le parquet a d'ailleurs ouvert une enquête. « Elle a pour but de voir s'il y a eu ou non de la part du propriétaire ou de la gardienne, des manquements, de la négligence, une imprudence, comme l'exige la qualification de « blessures involontaires »».

Mais plus que l'enquête, c'est bien sûr l'état de santé de l'enfant qui préoccupait chacun. « Il a été opéré dimanche soir. On avait des craintes au niveau de l'œil et a priori, il n'est pas touché. Mais ce sont des éléments qui restent à confirmer » confiait-on du côté du cabinet du procureur, hier.

La jeune victime sera d'ailleurs hospitalisée huit jours, mais ne devrait donc pas conserver de grave séquelle.

Alors que tout le monde avait en tête le décès de la fillette dévorée la veille par deux dogues aux Grandes-Loges (Marne), les nouvelles sont donc rassurantes pour la seconde victime de ce triste week-end.

Jacques Berthion

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Les dernières contributions


leinad

31/03/2009 à 18h57

Je voudrais présenter mes condoléances les plus sincères et les plus attristées à ces parents si cruellement touchés ! Perdre un enfant et quelque chose d'innimaginable, mais dans de telles conditions, cela est un véritable cauchemar. Je ne ferai aucun commentaire , sur le déroulement de ce drame ! le justice fera son travail ! N'accablons pas cette famille , dont la vie vient de s'arrêter ! Mais ce que je voudrais dire : Si seulement ce drame pouvait servir de leçons à tout ceux qui possèdent de gros chiens, même très gentils ! Personne, je dis bien, personne n'est à l'abri de cet accident ! Je suis effrayé de lire et d'entendre, encore, avec les miens aucun danger, je les maitrise ! Oui mais à condition d'être en permanence prés d'eux ! Qui peut dire que jamais un de ses enfants peut faire peur, faire mal, ou le chien tout simplement énervé, de mauvaise humeur et c'est le drame ! Combien d'enfants sont morts parce que les parents disaient avec les miens, AUCUN DANGER !

yann51

31/03/2009 à 17h47

bjr dans cette affaire pour moi beaucoup de doutes subsistent .quand je lis l'article de stéphanie verger je me pose des questions. pendant tout le week-end les medias avec des interviews du commandant de gendarmerie nous assuraient que la fillette avait été retrouvée en dehors de l'enclos et surprise aujourd'hui elle est à l'intérieur. de même comment peut-on laisser une mère avec sa fille ensanglantée pendant 2 h dans ses bras. cela je n'y crois pas ou alors je ne comprends plus la psychologie des secours. pour le reste je m'abstientrai de tout commentaires, une fille est décédée et 2 chiens euthanasiés mais j'ai du mal à comprendre qu'une fillette soit laissée pendant 2 heures seule sans surveillance.

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