Publié le mercredi 27 janvier 2010 - Vu 285 fois
Claire Peillod: «Soit on se développe, soit on met la clef sous la porte assez rapidement.»
BIEN qu'elle ait fonctionné pendant longtemps avec des bouts de ficelle, l'École supérieure d'art et de design, financée en quasi-totalité par la Ville, a déjà réussi à se faire un nom sur la scène nationale et internationale avec notamment le design culinaire et le design d'objets.
« Mais aujourd'hui, si l'on veut perdurer, il nous faut absolument obéir au processus de Bologne qui vise à construire un espace européen de l'enseignement supérieur. Cela passe par un changement de statut pour devenir un établissement public de coopération culturelle ayant une autonomie juridique, mais aussi une refonte de la formation pédagogique, permettant de délivrer un diplôme ayant le grade de master après l'aval de l'agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur. » S'échappant un quart d'heure d'un jury de concours pour parler de l'école qu'elle dirige rue Libergier, Claire Peillod n'est pas mécontente que les élus veuillent booster le devenir de l'Esad, qui va pouvoir encore mieux concurrencer les 57 écoles d'art existant en France (1). Avec, rapidement en plus, cerise sur le gâteau - la Ville l'envisagerait aussi -, la mise en place à Reims d'une pépinière d'entreprises du design.
De 180 à 250 élèves en trois ans
En un mot, l'Esad relancerait notamment sa filière art dans son intégralité sur cinq ans, pour répondre à une formation régionale, les années 4 et 5 se faisant dans des ateliers en art et en design du réseau d'Esad du Grand est et de la recherche « Transtopie », portant sur une friche industrielle dans les Ardennes françaises et belges. Pour la recherche en design culinaire, sera créée dès septembre prochain une année post-diplôme (bac + 6) ouverte aux jeunes designers européens avec de nombreux partenariats universitaires, designers et de l'agroalimentaire (2).
Fonctionnant actuellement avec un budget de 1,8 M€ alimenté à 85 % par la Ville, 155.000 € de la Direction régionale des affaires culturelles et des soutiens appréciés (et indispensables) de plusieurs entreprises privées, l'Esad compte 160 élèves pour 50 salariés : 15 administratifs et techniques et un volant de 35 professeurs à mi-temps qui viennent un jour par semaine dans l'école.
Manque de place
Dans son projet pédagogique et de développement, l'école envisage de porter en trois ans ses effectifs à 250.
Pour utiliser ses compétences au maximum dans la formation mais aussi dans la recherche appliquée avec les entreprises.
Réputée depuis bientôt dix ans par sa formation au design végétal, révélée lors du salon international de l'alimentation à laquelle elle participe tous les deux ans, l'Esad développe aussi un laboratoire de recherches sur le design végétal. Lequel tourne autour de l'objet, de l'espace et du végétal avec des productions qui ont été présentées à l'ancien collège des jésuites, mais aussi au festival international des jardins de Chaumont-sur-Loire.
À l'étroit dans son local de l'ancien bâtiment des Beaux-arts, qui a accueilli durant plusieurs décennies des cours académiques de dessins, peintures et sculpture avant que Gervais Jassaud n'ait eu l'excellente intuition d'anticiper sur le succès du design, l'Esad rêve même à une nouvelle implantation. Et de lorgner, la tête pleine de projets, sur l'actuel musée des Beaux-arts.
Alain MOYAT
(1) Dont 48 écoles municipales.
(2) Actuellement, l'Esad délivre le diplôme national art plastique (bac + 3) en art et design et le diplôme national supérieur d'expression plastique (bac + 5) en design.
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site







Réagissez