Publié le mardi 21 avril 2009 à 01H00 - Vu 317 fois
Grégory Guillemain a créé la plus grande surface de mobilier contemporain de centre-ville en province.
Christian LANTENOIS
Près d'un million d'euros de travaux, deux millions de stock (prix de vente public) pour une surface commerciale de 1 300 m2 au cœur de Reims… Grégory Guillemain n'a pas eu froid aux yeux pour le lancement de son nouveau magasin Home@ge et Création. « C'est désormais la plus grande surface de mobilier contemporain de centre-ville en province », se satisfait ce jeune entrepreneur, diplômé de l'école Boulle. À vrai dire, son showroom sur deux niveaux, aux allures de loft, ne dépareillerait pas dans une grande capitale.
À la fois siège de son bureau d'étude d'architecture d'intérieure (Design Espace) et lieu de vente de meubles et d'objets signés, Home@ge et Création est l'évolution d'une boutique plus modeste crée près de la mairie en 2004. Dans les murs de l'ancienne boutique naîtra bientôt un magasin Poliform, diffusant des meubles italiens du même nom. Avec ces deux entités, le trentenaire espère ainsi faire passer son chiffre d'affaires total de 1,4 million € (ht) en 2008 à au moins 2,4 millions € en 2009. Dans le même temps, l'effectif sera passé de trois à huit salariés.
Dans le contexte de crise, Grégory Guillemain n'a-t-il pas été tenté de mettre ses projets en sommeil ? « Je n'ai jamais douté », répond l'intéressé, qui avait le confort d'avoir signé en 2008 des gros contrats à réaliser pour 2009.
En plus, l'entreprise ne répond - pour l'heure - guère aux appels d'offres pour se concentrer sur une clientèle de particuliers aisés, professions libérales ou vignerons par exemple. Ces clients capables de débourser 10 000 € pour un canapé ont été moins touchés par la baisse du pouvoir d'achat que les classes moyennes. Grégory Guillemain constate tout de même que les gens « prennent plus de temps avant de prendre une décision et passent de l'achat coup de cœur à l'achat besoin ».
La perspective de l'arrivée d'Ikea en 2011 ne fait pas peur au spécialiste du meuble signé. « On peut tout à fait mettre une lampe à 10 euros sur un guéridon acheté chez nous à 1 500 €». Dans le showroom de la rue Buirette, des objets de récup'trônent non loin d'un meuble à tiroir signé par le designer japonais Kuramata à saisir pour à peine 30.000 €.
Les petits budgets ne sont pas oubliés. Se souvenant de ses années d'étudiant au cours desquelles il ne pouvait rien acheter dans les magasins de design, Grégory Guillemain vend aussi des petits objets et des livres à moins de dix euros.
Le jeune qui repart aujourd'hui avec un porte-clés s'offrira peut-être dans dix ans une belle salle à manger signée.
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Près d'1 million € de travaux et 2 millions € de stock
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