Publié le vendredi 24 avril 2009 à 01H00 - Vu 91 fois
Nicolas Sarkozy avait lancé les premières pistes de son plan d' emploi pour les jeunes en mars à Saint-Quentin.
Christian LANTENOIS
Les jeunes de moins de 25 ans prennent de plein fouet le retournement de conjoncture. En 2008, le chômage dans cette tranche d'âge a augmenté sur un an de 23,7 % dans les Ardennes, 17 % dans la Marne et 14,3 % dans l'Aisne.
Et le premier trimestre 2009 suit la même tendance… en pire. Entre février 2008 et février 2009, le taux de chômage des jeunes a bondi en France de 32 %.
Fin janvier, ils étaient 6 500 Axonais et 4 519 Marnais à chercher du travail. Il faut ajouter 3 094 Ardennais de moins de 25 ans immédiatement disponibles, inscrits à la recherche d'un emploi durable à temps plein, soit 25 % de plus qu'en janvier 2008.
Preuve que les jeunes sont les plus affectés par la crise, la hausse enregistrée pour l'ensemble des chômeurs dans les Ardennes était de +16,5 %. Fin janvier 2009, c'est presque un demandeur d'emploi sur quatre dans les Ardennes qui n'a pas 25 ans.
Pour Yvon Gattaz, ancien patron des patrons, l'heure est gravissime. Président de l'association « Jeunesse et entreprises », il lance dans nos colonnes (lire par ailleurs) un appel solennel à ses collègues : « C'est une crise meurtrière pour l'emploi des jeunes. Nous risquons d'atteindre dans quelques mois le seuil d'explosion spontanée. Il faut une mobilisation et une solidarité de toutes les entreprises pour qu'elles recrutent au moins un jeune par tranche de 100 salariés et qu'elles le forment. »
Le retour des emplois aidés
Le spectre d'un demi-million de jeunes au chômage cette année fait réagir aujourd'hui Nicolas Sarkozy. Le président de la République avait évoqué un plan d'urgence lors de sa venue en mars à Saint-Quentin. Les mesures seront dévoilées aujourd'hui dans le Val d'Oise. Elles devraient reposer sur les emplois aidés avec comme objectif une forte relance de la formation en alternance. Un milliard d'euros y serait consacré…
Avec l'engagement des grands groupes (Veolia, Accor, Danone…) et des branches professionnelles (automobile, hôtellerie-restauration, bâtiment, distribution…) de jouer le jeu malgré la crise.
Voici les trois axes principaux du plan d'urgence
1 : Développer les contrats de professionnalisation ou « contrat pro ». Sorte d'apprentissage mais qui s'adresse aussi à des jeunes de plus de 25 ans sans qualification. Ils alternent cours théoriques et formation sur le tas.
La rémunération est fixée à 55 % du smic pour les moins de 21 ans, 100 % pour les plus de 26 ans. Pour l'employeur, le contrat de professionnalisation ouvre droit à l'exonération de certaines cotisations sociales et une prise en charge de la formation. Une prime de 1 000€ pourrait servir de carotte supplémentaire aux employeurs réticents. Jusqu'à présent, ce contrat décolle peu dans la région.
2 : Doubler les contrats initiative emploi. Il y en aurait 50 000 supplémentaires dans le secteur marchand ou associatif.
Les missions locales pourront les prescrire directement sans passer par le Pôle emploi. Ils sont aidés à 40 % par l'État.
3 : Avoir un vrai service civique rémunéré.
Martin Hirsch, Haut-commissaire à la Jeunesse avait promis, le 4 février, un service civique volontaire qui « aura de la gueule ». (sic) « 3000 volontaires comme aujourd'hui ce n'est pas assez. »
Les objectifs sont de valoriser ce service comme une année de formation, en permettant aux jeunes de s'engager, de se rendre utiles tout en répondant aux besoins du pays.
Christophe PERRIN
dossierjour
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