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DOSSIER DU JOUR / Réforme de l'armée de terre

Publié le mercredi 02 avril 2008 à 01H00 - Vu 955 fois


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La nouvelle refonte de l’armée de terre n’épargnera pas la région. L’ Aisne et les Ardennes perdraient chacun un régiment. Dans la Marne, la dissolution du 402e RA est déjà programmée.

La nouvelle refonte de l’armée de terre n’épargnera pas la région. L’ Aisne et les Ardennes perdraient chacun un régiment. Dans la Marne, la dissolution du 402e RA est déjà programmée.

Angel Garcia


Un régiment de moins par département

LES jours du 3e régiment du Génie à Charleville-Mézière, du centre commando de Givet, du 1er régiment d’artillerie de marine de Laon et du 402e régiment d’artillerie de Châlons-en-Champagne sont comptés. Un coup dur pour les départements concernés quand on sait que les retombées économiques d’un régiment sont estimées, en moyenne, à 30millions d’euros par an.
Le site internet de Jean-Dominique Merchet, journaliste spécialisé dans la Défense, confirmait hier des rumeurs insistantes en s’appuyant sur un document de travail de l’état-major de l’armée de terre du 4février.
La réforme en cours des armées a pour but de réaliser des économies budgétaires, tout en améliorant leur efficacité. Objectifs : passer de 120.000 soldats à 85.000 et de 24.000 personnels civils à 7.000 à l’horizon 2014. Et économiser 4,1milliards d’euros entre 2009 et 2014 , auxquels il faut ajouter 1,9 milliard par an à partir de 2015.
Méthode : regrouper ou supprimer des régiments, faire appel à des sous-traitants privés pour l’alimentation, l’habillement ou les travaux d’infrastructure.
56 sites abandonnés
L’audit sur les capacités militaires de la France préconise, dans sa version du 25mars (1), de « mettre fin à la dispersion excessive des régiments », en créant 87 bases de défense « d’au moins 1.800 personnes voire 3.200 personnes » et en « évacuant 56 sites ».
Il suggère de rationaliser le soutien, l’administration générale et les achats. Il est écrit noir sur blanc qu’il faut « supprimer toutes les implantations isolées ou inférieures à 1.000 personnes lorsque la localisation ne s’impose pas ».
L’armée, officiellement, ne confirme pas ces informations. Le commandant Patrick Simo, chargé de la communication de la région militaire Est, se montre carrément agacé par ces fuites. « Le 8avril, le ministre de la Défense rencontre les chefs de corps. Le Livre blanc de la Défense doit paraître en mai. La convergence de sa parution avec les conclusions des 29 groupes de travail aboutira à la nouvelle carte de l’armée de terre. Dire quoi que ce soit avant est prématuré. Les préconisations d’un des 29 groupes de travail, quand bien même celles-ci peuvent apparaître pertinentes sur certains points, ne peuvent pas préfigurer la décision finale. »
Les limites des économies
Sous couvert d’anonymat, un colonel rappelle aux politiques que les objectifs économiques ont des limites : « Le budget des armées est l’assurance-vie des hommes qui sont engagés en Afghanistan et ailleurs. C’est aussi l’assurance-vie de la France. Il faut garder ça à l’esprit. D’autant que ces réorganisations coûtent elles-mêmes beaucoup d’argent. Il faut aussi souligner que cette réforme épargne tous ces hauts fonctionnaires civils du ministère. Des intouchables à 10.000€ par mois ! »
Un autre officier, lui aussi soumis à l’obligation de réserve, insiste sur les limites de l’externalisation : « Napoléon avait militarisé le transport parce que les civils abandonnaient leur poste quand cela chauffait trop. Si on peut sous-traiter la maintenance des véhicules commerciaux, il y a des tâches dont les militaires ne peuvent pas se séparer ».
Christophe Perrin
(1) Rapport sur la Défense pour la révision générale des politiques publiques lancée le 12décembre par l’Elysée.

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Hervé Morin « ne confirme rien »

Une trentaine de garnisons vont être fermées d'ici à 2012 et plus d'une dizaine de régiments dissous, selon un document interne de l'état-major de l'armée de terre.
« Je ne confirme rien du tout, ce sont des documents de travail propres à l'armée de terre », a déclaré hier Hervé Morin, le ministre de la Défense affirmant n'avoir « pas encore vu la moindre liste ». « Ça n'a pas de sens », a-t-il ajouté.
Le document, daté du 4 février 2008, concerne des « opérations domaniales et infrastructures » liées à la réorganisation des armées dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques (RGPP). Le ministre de la Défense a fait valoir que ces questions feront l'objet d'une « réflexion interarmée », autrement dit associant les trois armes (terre, air et marine), et qu'elle devra « intégrer l'ensemble des priorités du Livre blanc » sur la défense et la sécurité nationale, attendu désormais en mai.
Réaffirmant que la défense n'avait pas « pour vocation première de faire de l'aménagement du territoire », Hervé Morin a cependant affirmé que les décisions sur la réorganisation de l'armée de terre devront « intégrer des problématiques d'aménagement du territoire » et supposent « des politiques de développement » ainsi qu'une approche « interministérielle ».

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Haute-Marne : deux unités sur la sellette

Deux unités de Haute-Marne seraient menacées, le 61e régiment d'artillerie de Chaumont-Semoutiers, qui compte environ 900 personnels militaires et civils, et l'Etablissement du matériel de Langres, où sont affectées environ 80 personnes.
Unique régiment de renseignement équipé de drones, le 61e RA pourrait être transféré au 1er régiment d'hélicoptères de combat de Phalsbourg (Moselle). Cette ville pourrait également intégrer l'Etablissement du matériel de Langres au sein de la 15e base de soutien des matériels.
« Est-ce là le soutien promis par le gouvernement aux territoires les plus fragilisés ? Où sont les mesures annoncées par le président de la République en faveur de ces territoires en difficulté ? », s'interroge dans un communiqué Jean-Paul Bachy, président PS de la région Champagne-Ardenne.
F.D.

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Les garnisons et régiments dans le collimateur

Seraient supprimées les garnisons de Limoges, Lunéville, Versailles (partiellement), Noyon, Saarburg (Allemagne), Bourg-Saint-Maurice, Senlis, Bitche, Laon-Couvron, Commercy, Fontevraud (partiellement), Charleville-Mézières, Sourdun, Joigny, Chaumont, Dieuze, Rambouillet, Châteauroux, Arras, Givet, Briançon et Barcelonnette.
De plus petites implantations doivent également être dissoutes à Château-Chinon, Fourchambault, Guéret, Neuvy-Pailloux, Tulle, Langres, Saint-Florentin et Bruz. La liste des unités amenées à disparaître compte les 8e, 12e et 402e régiments d'artillerie, les 1er, 2e et 5e régiments du génie, le 6e régiment de commandement et de soutien, le 517e régiment du train, le 601e régiment de circulation routière, le centre d'entraînement commando de Givet, le centre national d'aguerrissement à la montagne, le centre d'instruction et d'entraînement au combat en montagne et plusieurs unités du commissariat et du matériel.

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Pourquoi le 1er Rama de Laon est menacé

L'artillerie est l'une des armes les plus concernées par les réductions budgétaires selon un observateur avisé des questions militaires. A cet égard, l'avenir du 1er régiment d'artillerie de marine de Laon-Couvron, qui compte moins de 1.000 hommes, apparaît fragile. « Les canons de 155 AUF1 de ce régiment sont des bonnes armes mais on en a déployés quatre en Yougoslavie et 4 au Liban en 25 ans. C'est beaucoup d'argent dépensé pour pas grand-chose. »
Alors qu'un rapport récent estime à 30 % la surcapacité de l'artillerie française, la suppression du 402e RA de Châlons, du 8e RA de Commercy et du 12e RA de Strasbourg n'y suffiront pas. Qu'adviendra-t-il du 1er Rama ? « Je ne comprends pas pourquoi il déménagerait à Châlons où ce régiment serait à l'étroit », explique Jean-François Brillant, de l'association « Servir et Défendre ».
Au sein du régiment, nul doute que les militaires et les personnels civils de Laon-Couvron étaient hier à l'affût de la moindre information. « C'est normal puisque cela peut avoir des conséquences familiales, professionnelles pour les épouses », commente le lieutenant Frédéric Greveldinger : « Mais il faut arrêter avec ces bruits. En l'occurrence, c'est une hypothèse parmi 28 autres. La vérité, c'est que rien n'est encore décidé ».
Certains n'ont-ils pas intérêt à lancer des ballons sondes pour tester les réactions locales ? La semaine dernière, le bruit courait que le régiment de marche du Tchad de Noyon serait regroupé avec le 1er Rama à Laon. Autant d'incertitudes qui poussent le mairie de Laon à ne faire aucun commentaire.
Le député PS de la circonscription, René Dosière, lui, n'est pas choqué par une réorganisation « si celle-ci permet aux soldats d'être mieux équipés et mieux entraînés ». « Je suis d'accord avec Morin. L'armée n'a pas vocation à faire de l'aménagement du territoire. » Mais l'élu prévient : « L'armée ne peut pas se comporter comme un patron-voyou qui abandonne un site du jour au lendemain. Il faut que les ministères travaillent ensemble pour trouver une solution ».

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A Châlons, le 402e RA sera dissouss

Châlons-en-Champagne va perdre le 402e régiment d'artillerie. La dissolution de l'unique régiment de défense antiaérienne sol-air moyenne portée de l'armée de terre est prévue d'ici à 2012 dans le cadre de la réorganisation des armées.
Le 402e RA est doté depuis 1964 du système de missiles Hawk qui arrive en fin de vie. Son retrait du service prévu avant 2012 devrait coïncider avec la fin du déploiement du nouveau système sol-air moyenne portée terrestre (SAMPT) qui a été confié à l'armée de l'air.
« C'était déjà dans les tuyaux depuis deux ans », confirme le colonel Philippe Boisgontier à la tête du régiment depuis 2006. Le 402e RA compte environ un millier de personnels militaires et civils. Plus d'un tiers est régulièrement engagé dans des missions d'opérations extérieures (Côte d'Ivoire, Djibouti, Guyanne, Afghanistan, Liban actuellement).
Selon le colonel Boisgontier, une partie du personnel resterait sur place pour être intégré au régiment qui devrait succéder au 402e. Il pourrait s'agir du 1er régiment d'artillerie de marine de Laon, qui compte environ 950 personnes.
Une autre partie devrait rejoindre la nouvelle plate-forme militaire du camp de Mourmelon proche qui va servir de parc de matériels et de services à toutes les unités d'artillerie qui viennent s'y entraîner. D'autres personnels pourraient être mutés dans deux régiments d'artillerie dotés de missiles sol-air de très courte portée, le 57e RA de Bitche (Moselle) et le 54e RA d'Hyères (Var).
Créé à Metz en 1923, le 402e régiment d'artillerie « de défense contre aéronefs » a déjà été dissous deux fois, la première en 1945 à la fin de la Seconde Guerre mondiale, la deuxième en 1962 après la guerre d'Algérie.
Recréé, il s'est installé en 1966 au quartier Foch de Laon. Dix ans plus tard, en 1976, il a déménagé au quartier Corbineau à Châlons-en-Champagne où il a succédé à l'Ecole d'application de l'artillerie (EAA), transférée à Draguignan (Var).
« La dissolution d'un régiment est toujours un moment assez lourd. Une page se tourne », commente, déjà nostalgique, le colonel Boisgontier, qui devrait quitter le régiment en juin prochain.
Quant aux élus châlonnais, ils paraissent rassurés. « Châlons restera une place militaire importante. Nous en avons eu l'assurance par le ministère de la Défense. Non seulement un autre régiment succédera au 402e RA, mais Châlons va bénéficier de l'extension des compétences du camp de Mourmelon », assure le maire UMP Bruno Bourg-Broc. « La place stratégique militaire de Châlons sort renforcée », se félicite Benoist Apparu, adjoint au maire et député UMP de la Marne.
Ville traditionnelle de garnison et siège de l'état-major de la 1re Brigade mécanisée, Châlons-en-Champagne, 49.000 habitants, compte 1.400 militaires.

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Départ du 3e Génie de Charleville : « Ce serait une catastrophe ! »

Le 3e régiment de Génie à Charleville-Mézières emploie 1.080 personnes dont 480 familles qui consomment sur place, sont logées en ville ou dans les environs proches, qui ont des enfants fréquentant les écoles, les collèges, les lycées et même les formations post-bac locales. « Le régiment représente un poids énorme dans la vie et l'économie de la ville », dit Claudine Ledoux. « Son départ serait une catastrophe ! » Le maire du chef-lieu ardennais, et vice-présidente du conseil régional, veut croire que le document de travail en question est encore « susceptible d'arbitrages ».
Claudine Ledoux appelait hier à un « front commun » ; elle a d'ailleurs invité les parlementaires ardennais, les présidents des conseils général et régional, le maire de Givet, et les présidents des deux associations de maires pour une réunion de crise qui aura lieu demain.
Claudine Ledoux estime qu'en plus des arguments socio-économiques à faire jouer, celui du lien armée-nation, « particulièrement fort au chef-lieu ardennais », pourrait compter.
Alors que le député PS Philippe Vuilque appelait hier à une « mobilisation générale », on tentait de rassurer de l'autre côté de l'hémicycle. « Rien n'est décidé ! », insistait Bérengère Poletti. « J'ai rencontré François Fillon ce matin et lui ai demandé un rendez-vous pour évoquer la problématique de l'aménagement du territoire. On ne peut pas faire ça aux Ardennes ! » La députée ardennaise a, par ailleurs, obtenu un rendez-vous auprès du ministre de la Défense pour le 15 avril, auquel elle convie tous les parlementaires ardennais.
Patrick Flaschgo

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Les dernières contributions


Larouille

04/04/2008 à 00h45

A quoi sert l'armée ? On envoie des militaires en Afrique pour soutenir des dictateurs et les Français râlent. On les envoie en Afghanistan soutenir la politique des US et accessoirement se faire tuer , et les Français râlent encore. On construit porte-avions et sous-marins qui coûtent des fortunes pour trimbaler nos marins sur l'eau, et les Français trouvent que cela coûte bien trop cher. En réalité, les armées ne sont qu'une manne économique qui sert à faire vivre des villes, des régions. Supprimez l'armée et les Français râleront encore plus fort... Mais savez-vous que le coût d'un sous-marin et d'un porte-avions, sans oublier celui d'un Mirage représente plusieurs fois celui d'un hôpital ? Alors, à quoi sert réellement l'armée ???

veve51

02/04/2008 à 23h48

Et voila encore un problème dans les Ardennes. Après les usines voilà les armées qui partent
c'est pas cool.

calife51

02/04/2008 à 22h29

Tout va très bien madame La Marquise, tout va très bien !!! Dommage que tout cela soit passé sous silence avant les élections mais il y avait des complices...que les électeurs ont débusqué.

Commentaires anonymes

02/04/2008 à 12h20

1080, c'est bien supérieur à 1000, donc pourquoi Charleville devrait disparaître au profit de Metz. Pourquoi ne pas plutôt accroître le centre de Charleville ? Quand on voit comment la carte judiciaire a été négocié, le pire est quasi sûr...

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