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DOSSIER DU JOUR / Pour tout savoir sur la rentrée universitaire

Publié le mardi 16 septembre 2008 - Vu 137 fois


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A Reims, les étudiants peuvent obtenir des informations sur les différentes aides auprès du service d'orientation et d'information (Siou).

A Reims, les étudiants peuvent obtenir des informations sur les différentes aides auprès du service d'orientation et d'information (Siou).

Bernard Sivade


• Pour étudier, se loger, se nourrir, se déplacer et se divertir, les étudiants disposent en moyenne de 582 euros par mois. Ce montant est stable depuis cinq ans, mais le coût de la vie étudiante, lui, augmente de 5 % en moyenne chaque année.
• Plus d’un étudiant sur trois bénéficie d’une bourse d’État dont le mode d’attribution a été modifié, au grand dam du syndicat Unef.
• Selon l’observatoire de la vie étudiante, la grande précarité concerne 20.000 étudiants (sur 2,1 millions). A Reims, les plus démunis ont recours à une épicerie solidaire.
• A l’occasion de la rentrée, le point sur les nouveautés et les effectifs de l’Université de Reims.

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Bourses, prêts, allocations : il n'est pas trop tard…

Sur critères sociaux, un étudiant peut percevoir l'une des six bourses d'études, bénéficier d'un prêt bancaire cautionné par l'État ou d'une aide régionale. Revue de détail.
Bourses : jusqu'à 4.019 e sur 9 mois
Plus de 12.000 étudiants de Champagne-Ardenne (sur 38.000 dans ou hors l'université régionale) percevront cette année l'une des six bourses octroyées par l'État : de l'échelon 0 (dispense des frais d'inscription et de Sécu, soit 400 €) à l'échelon 6 (4.019 € sur 9 mois). Il est encore possible d'y prétendre jusqu'au 30 septembre (sauf cas particulier).
Cette année, les « points de charge », autrement dit les critères d'attribution, ont changé. Par exemple, être enfant d'un parent isolé ne délivre plus aucun point et l'éloignement du domicile familial de 30 à 249 km n'en octroie plus que 1 contre 2 autrefois. En revanche, appartenir à une famille nombreuse délivre désormais quatre points. Résultat : davantage d'étudiants (50.000 en France) bénéficient d'une bourse mais à l'échelon 0. Ce qui fait bondir le président de l'Unef-Reims qui dénonce « une réforme en trompe-l'œil », alors que, selon Julien Micelli, le coût de la vie étudiante « progresse cette année de 5,9 % : + 4 % pour les loyers, + 5 % pour les frais d'inscriptions, etc. »
Le syndicat réclame toujours le versement des bourses sur 10 mois et non 9. Une revendication qui a peu de chance d'aboutir, d'autant que cette année l'État verse un « complément » au mérite de 200 € aux primo-entrants qui ont obtenu la mention « très bien » au bac et aux meilleurs « licenciés », soit 400 personnes dans la Région. Un autre complément de 400 € est versé aux candidats à la mobilité internationale. Actuellement, le montant national des aides étudiantes s'élève à 1,4 milliard d'euros.
Prêts bancaires : l'État cautionne
L'État lance un nouveau prêt bancaire pour lequel il se porte garant. La caution personnelle des parents n'est donc plus nécessaire.
Montant : 15.000 € sans condition de ressources mais aux conditions du marché. Deux banques sont sur les rangs : Cetelem et la Banque populaire. En cas de défaillance, l'organisme Oséo (qui gérera le fonds) prendra en charge 70 % du remboursement et les banques le reste.
Le nouveau dispositif remplace les prêts à taux zéro autrefois proposés aux non boursiers. L'Unef dénonce « une supercherie » et la Fage redoute un « glissement progressif de l'aide sociale vers l'emprunt ». Officiellement, l'objectif du gouvernement est de « faciliter l'accès aux études supérieures ». Il est vrai que le prêt à taux zéro, géré par les Crous, était de moins en moins sollicité. Tout simplement parce que le nombre de boursiers, donc d'étudiants nécessiteux, lui, n'a cessé de grimper.
Régions : des aides à la réussite
Pour aider les étudiants, les villes et les départements mettent parfois la main au porte-monnaie, mais plus sûrement les régions. En 2007, la Champagne-Ardenne a ainsi consacré 2,3 M€ à ces différentes aides, rassemblées sous l'appellation « Plan Studéo » (mobilité, acquisition d'un ordinateur, Pass études pour les transports, prêt à taux 0, aides à la caution, etc.). 3.700 étudiants en ont bénéficié. Excepté le prêt à taux O, la Picardie a un dispositif comparable, incluant notamment une aide à la mobilité et à la restauration, une complémentaire santé de 90 € pour les boursiers et 1.000 bourses de 1.800 à 2.400 € (sur 3 ans) pour les futurs enseignants.

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Une aide alimentaire plus que jamais nécessaire

Côte à côte dans les amphis, les étudiants ignorent toujours que certains d'entre eux n'ont pas grand-chose dans le ventre depuis parfois plusieurs jours. La misère se cache sur les campus où devrait régner l'insouciance des « plus belles années de la vie ». Une misère qui est loin de se déclarer vaincue. Ahmed Tara le sait mieux que quiconque. Il a créé l'Aserca, association solidarité des étudiants de Champagne-Ardenne, il y a quatre ans, en espérant ne pas tenir trop longtemps sa petite épicerie pas comme les autres dans le quartier Sainte-Anne de Reims.
Mais ça continue. L'aide alimentaire est plus que jamais nécessaire. Toute l'équipe de bénévoles a repris l'empilement des caisses de légumes et de conserves sur les tables d'écolier dans le local que concèdent heureusement, l'université et la Ville de Reims. Chaque vendredi, en l'espace d'une heure à partir de 18 h 30, les étudiants ont déjà repris la file d'attente.
Le Banque alimentaire collecte les denrées qui arrivent chaque semaine. Les étudiants prennent ce qu'il y a. Des pâtes et des conserves surtout. De la viande et des œufs parfois. Pas question de faire le difficile. La participation demandée est dérisoire.
« On leur donne de quoi manger pour à peu près trois jours. On voudrait bien cette année que les bénéficiaires donnent un peu de leur temps à leur tour, pour un coup de main ».
Les étudiants les plus démunis sont invités à passer par les associations sociales du Crous. Ils étaient déjà quelque soixante-dix à se présenter vendredi pour remplir leurs sacs en plastique.

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Effectifs / Plus en IUT et médecine moins en Lettres

Le gros des étudiants ne fera sa rentrée que fin septembre. Mais l'état actuel des inscriptions laisse présager une stabilité des effectifs de l'université régionale. L'an dernier, ils étaient 22.220 à Reims, Châlons, Charleville, Troyes et Chaumont. Ils seront à peu près autant cette année. « Peut-être un peu moins », précise l'Urca qui réserve ses chiffres car beaucoup de néobacheliers ont pris leurs pré-inscriptions sur le portail du rectorat pour des inscriptions définitives (lire ci-dessous).
Malgré cela, l'Urca prévoit « une forte hausse » des effectifs dans les IUT. Idem en médecine. En revanche, des baisses « significatives » sont attendues en Lettres et surtout en Sciences économiques, exactes et naturelles. Ce qui - hélas - confirme la défiance des bacheliers pour les disciplines scientifiques.
L'Urca qui prépare à 139 diplômes (dont 56 licences générales et professionnelles, 51 spécialités de master ou 11 DUT) y ajoute cette année quelques nouveautés, comme ce master « études européennes et internationales » incluant un module de « journalisme européen » ou encore une nouvelle licence pro en droit notarial et un master « interculturalité franco-allemande » en partenariat avec l'université d'Aix-la-Chapelle.

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Orientation active : des réglages s'imposent

L'Urca est l'une des douze universités pilotes de « l'orientation active ». Dès le printemps, ce dispositif permet aux lycéens d'émettre sur internet des vœux sur leur projet universitaire. L'équipe pédagogique est associée à ce premier choix. Objectif : éviter les erreurs d'aiguillage.
Dans chaque fac, une commission examine les dossiers en mai, encourage, dissuade. Mais comme l'université a vocation à accepter tout le monde, le néobachelier peut ou non écouter les conseils. S'il persiste dans son choix, l'orientation active s'accompagne de cours de soutien et d'un accueil spécifique pour les plus faibles.
« On mesurera en fin de premier semestre l'efficacité du dispositif », estime Claude Gellé, vice-président chargé des études et de la vie universitaire.
Seul problème, beaucoup de néobacheliers ont confondu la pré-inscription sur le portail du rectorat (« admission post-bac ») pour une inscription effective. Si c'est le cas, sachez que les inscriptions - les vraies - seront closes le 19 septembre dans la plupart des UFR, sauf dérogation ou cas particulier. Jusque-là, on peut encore s'inscrire sur internet. Renseignement auprès du service d'orientation : 03.26.91.87.55. ou 03.26.91.85.30.

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Licence / Haro sur l'échec en première année

C'est la grande affaire de la rentrée. Cheval de bataille de la ministre de l'Enseignement supérieur, le « plan licence » s'attaque à l'un des fléaux de l'université : l'échec ou plutôt l'abandon en 1re année.
Le dispositif prévoit l'instauration d'un module de tutorat pour les étudiants en difficulté et leur accompagnement par des enseignants référents. « Plusieurs rendez-vous seront fixés dans l'année. Le référent sera un soutien permanent. Il assurera un suivi individualisé, une aide à l'orientation et assistera les étudiants (NDR : entre 10 et 15 par tuteur) dans leur projet professionnel », explique le vice-président de l'Urca.
Guillaume Gellé se réjouit de voir cette mission nouvelle « reconnue au même titre que les heures d'enseignement ou de recherche ». Pour l'assurer, les tuteurs seront déchargés de cours ou percevront des « primes à responsabilité pédagogique ».
Le dispositif a donc un coût : « Une enveloppe spécifique de 230.000 à 250.000 €. Le ministère nous a plutôt bien dotés », estime M. Gellé qui se dit « surtout préoccupé » de savoir si les financements suivront dans les années à venir. Car le plan licence est naturellement destiné à durer.
L'enjeu est crucial. Que cela soit ou non considéré comme un « échec » - puisqu'une licence peut s'obtenir en quatre ou cinq ans -, personne ne se satisfait de voir les primo-entrants redoubler ou pire renoncer en cours de route à plus de 70 % en Droit et Lettres, à près de 60 % en Sciences Éco. Sans compter que le redoublement de ces étudiants coûterait chaque année à la France près d'un milliard d'euros.
« Il y a une prise de conscience parmi les enseignants », conclut M. Gellé qui réfute l'allégation du président national de la Fage (2e organisation étudiante) selon qui Reims figurerait parmi les universités « incapables d'assurer l'encadrement des étudiants en termes d'heures complémentaires ».
« Il y aura des candidats puisque cette mission de tutorat pourra faire partie des obligations de service », précise M. Gellé.

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Fac de sciences : les petits nouveaux sont chouchoutés

« C'est comme au collège et au lycée », sourit Olivier Dubois, directeur de la pédagogie de l'UFR de sciences, « où l'on fait d'abord rentrer les classes de sixième ou de seconde ».
En fac, les « première année », on les appelle les « primo-entrants ».
Pour éviter qu'ils ne soient complètement perdus, ils sont pris en charge depuis le 2 septembre alors que la rentrée du gros des troupes n'aura lieu que lundi 22 septembre.
Il y a en effet de quoi tourner en rond en débarquant sur les campus où les salles de cours et les amphis, les restos et les bibliothèques universitaires (BU) sont dispersés dans des bâtiments parfois très éloignés les uns des autres.
Il faut s'adapter aussi à l'autonomie.
Cette fameuse grande liberté qui en déroute plus d'un. Elle serait notamment à l'origine d'un taux d'échec en première année que l'université tente d'enrayer depuis quelques années.
Dans le domaine, l'UFR de sciences que dirige Véronique Carré-Ménétrier a pris quelques longueurs d'avance.
320 étudiants ont ainsi déjà pris le chemin du campus du Moulin de la Housse le 2 septembre, le jour même de la rentrée scolaire pour tout le monde.
« Nous les accueillons pour une présentation de l'université et de l'UFR de sciences », commente Olivier Dubois. « Ils se retrouvent ensuite en groupes suivant les mentions choisies. Chaque responsable prend son groupe en charge et explique le déroulement de la pédagogie pour chaque discipline. »
En groupes, les petits nouveaux font alors le tour de la fac pour s'orienter dans les différents services en compagnie d'étudiants bénévoles appartenant à diverses associations.
Ils sont invités à découvrir notamment le Siou, service d'information et d'orientation de l'université. Mais aussi les salles d'informatique, les services de santé, sociaux ou culturels. Les nouveaux étudiants vont aussi rencontrer, au cours de cette première semaine, leur tuteur. Il s'agit de l'enseignant qui les suivra durant tout leur cursus universitaire.
Depuis le 8 septembre et jusqu'à la fin de cette semaine, les primo-entrants bénéficient d'un premier cours magistral suivi de travaux pratiques pour maîtriser la méthode et les outils informatiques (MOI) qui sont mis à leur disposition. Deux heures par jour pour tout le monde. Quinze heures au total pour décrocher le MOI.
Enfin, ceux qui ont été détectés grâce à l'orientation active, comme ayant besoin de consolider certains acquis du lycée, sont déjà au travail.
Six heures par jour de « révisions de terminale », histoire d'être solidement prêt à affronter la « vraie rentrée » lundi.

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Dossier Gilles Grandpierre, Françoise Kunzé
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Les dernières contributions


valou02380

16/09/2008 à 10h39

Bravo à l'État de commencer à endetter les jeunes qui n'ont pas encore de revenus ! Quelle idée ! Il n'y a pas assez de gens qui sont en position de surrendettement ?

valou02380

16/09/2008 à 10h35

"Par exemple, être enfant d'un parent isolé ne délivre plus aucun point" A ce que je vois les enfants de parent seul pour les élever n'auront plus le droit d'étudier comme les autres, place aux plus riches quoi ! C'est aberrant !

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