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Deux cliniques et une pharmacie suspectées d'escroquerie à la Sécu

Publié le jeudi 18 juin 2009 - Vu 349 fois


Le groupe Courlancy est suspecté depuis hier d'être au cœur d'une énorme fraude à la Sécurité sociale.

Le groupe Courlancy est suspecté depuis hier d'être au cœur d'une énorme fraude à la Sécurité sociale.

Herve OUDIN


Coup de tonnerre sur le groupe Courlancy qui est suspecté depuis hier d'être au cœur d'une vaste fraude à la Sécurité sociale. Ce scandale à caractère financier éclabousse deux de ses cliniques, celle des Bleuets et son fleuron, Courlancy, ainsi qu'une pharmacie ayant pignon sur rue à Reims, celle des époux Gélard.

Tout commence au début de l'année 2009 lorsqu'un technicien de la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Marne met le doigt sur une série d'ordonnances douteuses en provenance de la pharmacie Gélard située rue du Colonel Fabien, pile poil en face de la clinique des Bleuets. Des requêtes informatiques sont lancées, bientôt suivi d'un passage au crible de liasses de remboursement. Les investigations de la caisse mettent en lumière un système de factures en doublon.

Les indices collectés sont en tout cas suffisamment importants pour que la CPAM saisisse le parquet de Reims d'une plainte contre X pour escroquerie. Au mois de février, une enquête préliminaire est ouverte et confiée à la brigade financière du SRPJ de Reims qui met tous ses effectifs sur le coup. Les policiers mènent un véritable travail de bénédictin. Ils se penchent avec méthode sur les remboursements suspects, aidés dans leur tache par des experts parisiens de la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM).

Plainte de la Sécu

Evidemment, les enquêteurs épluchent les textes pour savoir si les prescriptions douteuses relèvent ou non de l'escroquerie. De fil en aiguille, ils s'aperçoivent que le nom d'une officine de la place revient systématiquement sur le tapis. De la même façon, ils découvrent que deux des trois cliniques du groupe Courlancy sont à l'origine des ordonnances suspectes qui alimentent les comptes de la pharmacie Gélard. L'audition de nombreux patients confirment l'existence de telles pratiques. La fraude s'articule de façon plutôt simple en définitive. Lors de séjours hospitaliers dans les cliniques incriminées, les patients sont pris en charge au moyen d'un forfait hospitalier, fruit d'une convention entre le groupe Courlancy et la CPAM. Le forfait en question prévoit la prise en charge de la chambre, des soins, des médicaments et du matériel médical prescrits pendant la durée du séjour. Il est directement pris en charge par la CPAM, comme il se doit. Il revient alors aux pharmacies internes aux deux cliniques de se procurer les médicaments prescrits chez leur grossiste.

Là où le bas blesse, c'est qu'un nombre important de malades hospitalisés se voient délivrer des prescritions médicamenteuses qui tombent dans l'escarcelle de la pharmacie Gélard avec un règlement par le biais de la carte vitale. Ce qui par ailleurs en fait des victimes potentielles du système puisqu'ils s'acquittent parfois d'un reliquat qui n'est pas couvert par le binôme sécu-mutuelle. Mais aussi parce qu'ils paient de leur poche la fameuse franchise à 50 centimes d'euros censés boucher l'abyssal trou de la Sécu.

Un préjudice colossale

Les investigations des policiers établissent que l'officine a « vendu » pour environ 250 000 euros de médicaments et autres bas de contention qui aurait dû être absorbés par les forfaits hospitaliers. Et cela rien que pour l'année 2008. Pour autant, le montant du préjudice est loin d'être arrêté. En effet, les enquêteurs soupçonnent les cliniques et la pharmacie de fonctionner ainsi depuis plusieurs années. A ce premier volet de la fraude présumée, il faut ajouter pour être complet que les cliniques visées ont elles-aussi tiré profit de ces pratiques. En effet, elles sont soupçonnées par ricochet d'avoir gagner de l'argent sur le dos de la Sécu. Il faut maintenant que les enquêteurs poursuivent leur travail de fourmi afin de déterminer la part du forfait hospitalier qui aurait dû être consacré à la fourniture des médicaments prescrits. Selon une première estimation, la fraude mise à jour pourrait atteindre la bagatelle de deux à trois millions d'euros, tous préjudices confondus.

Des cautions de 100 à 300 000 euros

Forts des indices collectés, les policiers du SRPJ passent à l'action lundi matin. Ils placent en garde à vue Jean-Louis Desphieux, le Pdg du groupe Courlancy ainsi que deux de ses directeurs, Alain Poré pour la clinique des Bleuets et André Deslypper pour celle de Courlancy. Les deux pharmaciennes en chef de ces établissements les accompagnent à l'hôtel de police. Guy et Marie-Annick Gélard, patrons de l'officine du même nom, répondent eux aussi à la convocation des policiers.

Pendant 48 heures, les sept suspects sont soumis au feu roulant des questions concoctées par les enquêteurs. Les uns et les autres livrent des arguments qui ne vont manifestement pas convaincre les financiers de la PJ, le parquet et pas davantage le juge d'instruction et son collègue en charge des libertés et de la détention. Déférés hier matin au palais de justice, ils sont mis en examen pour escroquerie et complicité. Placés sous contrôle judiciaire, ils ressortent libre moyennant le versement d'une caution allant de 100 à 300 000 euros selon les cas pour un total de 1,7 million d'euros. « Les investigations ont permis de mettre à jour un réel système d'escroqueries… », indique le procureur de Reims. Un système dont l'ampleur reste à déterminer mais qui déjà fait des vagues au plus haut niveau. Il faut dire que le trou de la Sécu est un thème sensible et que le groupe Courlancy dont la réputation n'est plus à faire se place au sixième rang national…

Eric Lainé, Fabrice Curlier & Grégoire Amir-Tahmassab
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Les dernières contributions


Filochard51

Autour d'Epernay

13/09/2011 à 12h18

La Sécu est financée en partie par les personnes qui travaillent et souvent pour des salaires proches du smic, on veut nous faire croire que ce sont les petits assurés sociaux qui sont responsables du soi-disant déficit de la S.S.(si l'état et les grosses entreprises versaient leur dû, ce déficit serait bien moins important). Ces escrocs en col blanc devraient avoir honte de faire se genre de préjudice(vol, détournement) sur la manne publique. Et l’on voit bien là comme pour DSK que l’argent (frauduleusement gagnée leur permettant de verser au total 1 ,7 millions d’euros de caution pour éviter l’incarcération) les protège, bataillon d’avocats cherchant la faille etc.. Le vrai trou de la sécu est en grande partie là avec ces escrocs de cliniques qui devraient être au trou et puis pour mémoire : dû à la sécu à ce jour, pas versés ou en attente :
Une partie des taxes sur le tabac : 7, 8 milliards
Une partie des taxes sur l'alcool : 3, 5 milliards
Une partie des primes d'assurances automobiles : 1, 6 milliards
La taxe sur les industries polluantes : 1, 2 milliards
La part de TVA : 2 milliards
Retard de paiement à la Sécu pour les contrats aidés : 2, 1 milliards
Retard de paiement par les entreprises : 1, 9 milliards
Soit 20 milliards d’euros.

goliath08

ARDENNAIS et Fier de l'être

22/06/2009 à 19h14

Le gouvernement ferait bien de mettre le paquet sur la révision de tous les dossiers comportant des soins très onéreux et je suis certain que l'on découvrirait un paquet de ce type d'affaires frauduleuses envers la CPAM et certainement envers d'autres organismes et puis c'est sûr le gouvernement pourrait rendre l'argent qu'il doit à la sécu pour tous les étrangers arrivant en France sans aucune couverture sociale et qui sont pris en charge par le régime général et donc qui lèse les salariés français qui eux seront de nouveau taxé plus fortement un de jours. Maintenant quand vous avez payé toutes le taxes et impôts, et les nouveaux qui vont bientôt nous tomber sur le nez, il ne restera plus grand chose de votre salaire pour vivre décemment.

DIDOU01

22/06/2009 à 15h30

Tous les jours les médias nous culpabilisent, le trous de la sécu c'est vous ! Même si certains assurés abusent, les escroqueries ne sont pas d'une aussi grande ampleur, et le jour où le petit se fait pincer, il n'a pas les moyens de payer une caution pour sortir de prison. Ces gens devraient avoir honte de faire se genre de préjudice sur la manne publique, car la Sécu est financée en partie par les personnes qui travaillent et souvent pour des salaires proches du smic. A méditer................

tamanaco

20/06/2009 à 17h16

Quand vous écrivez et je vous cite : "Là ou le bas blesse", vous parlez du bas de contention ou du bât ?? C'est là ou le bât blesse !!!!

Larouille

18/06/2009 à 13h24

Et on veut nous faire croire que ce sont les petits assurés sociaux qui sont responsables du soi-disant déficit de la S.S.(si l'état et les grosses entreprises versaient leur dû, ce déficit serait bien moins important) Pendant ce temps, d'autres se gobergent... Heureusement qu'un technicien de la CPAM a eu l'œil. Et heureusement qu'il existe encore une section financière à la P.J. Au fait, les princes qui nous gouvernent n'avaient-ils pas dans l'idée de supprimer cette section ?

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