Publié le dimanche 15 février 2009 à 01H00 - Vu 11 fois
Un incendie peut atteindre 600 °C en moins de 5 minutes dans un espace clos.
Jean-François Scherpereel
«C'EST un grand soulagement », confie Damien Meslot, un des deux députés UMP qui ferraillent depuis près de cinq ans pour légiférer en la matière.
La loi Boutin sur le logement, qui contient l'amendement relatif aux détecteurs avertisseurs de fumées (DAF), doit être définitivement adoptée le 19 février par le Parlement. Les occupants de logements auront alors cinq ans pour s'équiper.
« C'est un grand pas en avant pour arrêter un fléau », a relevé le colonel Richard Vignon, président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France.
« Quand on sait que 70 % des feux meurtriers d'habitations ont lieu la nuit, la sonnerie d'un détecteur avertisseur pourrait sauver de nombreuses vies. »
Ce « combat » se résume en trois chiffres, selon M. Meslot : « 800 morts par an, 10.000 blessés et moins de 1 % des habitations équipées quand les grands pays occidentaux sont à 70 % et plus. » Dès les années 80, les États-Unis, la Grande-Bretagne, le Canada ou encore les Pays-Bas, rejoints ensuite par les pays scandinaves et la Belgique, ont légiféré pour rendre obligatoire cet équipement. Une chute spectaculaire de 50 à 70 % de la mortalité dans ce type d'incendie est intervenue très rapidement.
Ces pays ont été précurseurs notamment « parce qu'ils utilisent beaucoup le bois comme matériau de construction et de chauffage, un facteur de risque important », explique un spécialiste de la prévention, qui note « l'efficacité significative » prouvée par ces expériences.
Michel Doré, du ministère de la Sécurité publique du Québec, fait état de 70 décès annuels actuellement contre environ 200 morts par an dans la Belle province dans les années 1975-80, « soit une réduction de 65 % de la mortalité ».
« Le détecteur, c'est un peu comme la ceinture de sécurité : ça n'empêche ni le feu, ni les accidents, mais ça en réduit les conséquences », analyse le lieutenant-colonel Queyla, pour qui « dans 15 ans, on ne fera plus de maison sans DAF, c'est tellement évident ».
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