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Dératisation : il faut veiller… au grain

Publié le mardi 01 avril 2008 à 01H00 - Vu 206 fois


Deux fois par an, la ville organise une campagne de dératisation des égouts et des sites publics où la présence des rongeurs serait inadmissible.  600 kg d'appâts  sont utilisés.

Deux fois par an, la ville organise une campagne de dératisation des égouts et des sites publics où la présence des rongeurs serait inadmissible. 600 kg d'appâts sont utilisés.



«UN couple de rats donne potentiellement naissance à 200 ratons par an, lesquels se reproduisant à leur tour et ainsi de suite… peuvent engendrer 250.000 sujets en trois ans ! »
Annoncée comme ça par l'adjointe chargée de l'hygiène et de la santé publique, cette démonstration de calcul exponentiel peut faire froid dans le dos. « Mais on n'en est pas là, explique Françoise Charlier, puisque la ville procède à deux campagnes de dératisation chaque année. »
C'est une obligation légale depuis 1976. Une circulaire départementale préconise la nécessité de lutter contre ces rongeurs déclarés nuisibles. « Ils peuvent être vecteurs de diverses maladies, rongent parfois des câbles électriques, etc. Si l'on ne faisait rien, la pullulation des rats pourrait devenir un fléau social et économique », ajoute l'élue.
La semaine dernière, trois employés de Amboile Services, une société leader sur le marché de la dératisation et de la désinfection, ont procédé à la campagne de printemps.
Une cinquantaine de sites communaux (groupes scolaires, foyers du 3e âge, centres de loisirs, crèches et haltes-garderies, cuisine centrale, lieux de restauration collective…), quelques centaines de regards d'égouts du réseau d'assainissement, ainsi que les berges de la Meuse, de la Vence et une demi-douzaine de petits ruisseaux de la ville, ont été traités systématiquement.
C'est Malik Mazouzi, chef du service communal d'hygiène et de santé publique, qui coordonne chaque campagne. « Cela représente 600 kg de produit raticide à chaque fois », précise-t-il, « plus 250 kg que l'on distribue gratuitement aux particuliers qui en font la demande. »
« Nous ne faisons que réguler »
« Car la dératisation, c'est aussi l'affaire de tous », renchérit Françoise Charlier, « c'est même une obligation citoyenne de l'article 119 du code départemental de la santé publique. À la fois pour les particuliers et les bailleurs sociaux. » Implicitement, cette remarque veut dire également que les cas de pullulation ponctuelle correspondent à des endroits précis où les riverains nourrissent des chats errants. Ou des pigeons. «Car après les chats, ce sont les rats qui terminent les plats ! », ajoute Malik Mazouzi. C'est ainsi que le bon cœur de certaines personnes… peut favoriser la multiplication des rats en ville ! Anecdote significative, il est arrivé aux agents de Amboile Services d'avoir parfois quelques difficultés à expliquer dans les écoles, où ils intervenaient, le bien-fondé de leur action raticide au moment de la sortie du dessin animé « Ratatouille » qui présentait le rat en héros intelligent et sympathique. « Mais nous ne faisons que réguler le nombre des rats dans le réseau d'assainissement », conclut Guillaume Groc, l'un des employés de Amboile Services, « car si l'on éradiquait totalement leur présence, on aurait des problèmes d'engorgement des matières dans les égouts ! »
Patrick Flaschgo

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C'est bon à savoir

• SURMULOT. — Le rongeur qui est visé dans ces campagnes de dératisation en milieu urbain est le surmulot qui peut mesurer jusqu'à 23 cm de long… sans la queue !
• DIFENACOUM. — La société Amboile Services utilise deux types de produits à Charleville-Mézières : un raticide pour les berges de rivières et de ruisseaux où le produit est déposé dans les terriers et recouvert ; et un raticide-souricide dans les chaufferies ou caves des locaux fermés.
Les deux sont à base de Difenacoum, un puissant anticoagulant qui, mélangé à des céréales concassées, provoque des hémorragies spontanées et mortelles chez l'animal.
• TRAÇABILITÉ. — Pour les cantines (comme la cuisine centrale à Charleville-Mézières), les dératiseurs sont obligés de suivre une procédure de « traçabilité » très stricte.
C'est-à-dire de fournir un état des lieux écrit de la nature des produits utilisés, des lieux où les appâts sont déposés, s'ils sont consommés, s'il faut effectuer de petits travaux pour obstruer des lieux de passage, etc.
• DÉMOLITION. — Théoriquement, la loi oblige les entreprises effectuant des démolitions d'immeubles à dératiser les lieux avant les travaux.
• COMBIEN ? — Pour une année (soit deux campagnes), la ville dépense entre 12.000 et 15.000 euros. Dans le contrat avec Amboile Services, sont comprises d'éventuelles interventions supplémentaires en cas de constat d'une infestation anormale.

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