Publié le jeudi 04 juin 2009 - Vu 12 fois
Un quart du déficit viendrait du pôle mère/enfant. Oui, mais à l'hôpital on traite les grossesses à problèmes, on forme les sage-femmes, répond le professeur Morville (photo archives l'union)
Franck Leclerc
AFIN de réduire un déficit qui serait passé de 7,5 M€ en 2008 à près de 25 M€ en 2009, la direction du CHU de Reims réfléchit à un scénario où il est prévu près de 500 suppressions d'emplois dont soixante postes de médecins (l'union du samedi 30 mai). Visiblement, ce n'est pas tout. Si la direction de l'établissement se fige toujours dans un silence méprisant, des informations qui pourraient être confirmées dès demain, vendredi, à la sortie du conseil d'administration de l'établissement font état d'autres mesures qui doivent être prises rapidement pour équilibrer le budget. Et cette fois, c'est du côté du porte-monnaie des patients que les gestionnaires du CHU se tournent.
4 % de hausse
Rien n'est encore acté, mais les syndicats en ont entendu parler. Les tarifs des journées d'hospitalisation devraient augmenter de 4 % à compter du 1er juillet. Pour le forfait des chambres particulières, il devrait passer de 40 à 50 € par jour.
La maternité dans le collimateur
Au fil des jours, les informations concernant le déficit du CHU remontent un peu. On apprend que dans le déficit, il y a 2 millions d'euros d'heures supplémentaires, autant pour payer le temps additionnel payé aux médecins, 2 M€ aussi pour le service chirurgie pédiatrique, unique dans la région et fonctionnant 24 heures/24.
Plus grave selon les financiers, un quart du déficit de l'établissement proviendrait du pôle mère/enfant (la maternité) où il faudrait, compte tenu du niveau 3 de l'établissement et du personnel disponible pour un accueil de jour comme de nuit, avoir 2.500 accouchements par an alors qu'on y enregistre que 1.700 naissances.
« Comme le stade Delaune »
« Bien sûr, on peut travailler autrement, mieux, être plus efficace », commente le Pr Patrice Morville, pédiatre, « mais si on préfère investir au CHU sur le béton que sur la matière grise, on va vers des difficultés considérables. Il faut savoir qu'au pôle mère/enfant est associée une école de sages-femmes et des médecins-obstétriciens. De plus c'est au CHU que l'on traite les grossesses à problème, les prématurés (environ 500/an). La reconstruction du CHU sur un projet médical imposé par les sapeurs-pompiers avait en fait pour but de restructurer l'établissement en supprimant 240 postes. La crise aidant, il y a une réduction drastique des financements. Si des salles d'opération, de radiologie sont indispensables, j'ai déjà dit que certains éléments du projet étaient inutiles et coûteux. Mais qu'on fasse plutôt des économies sur le béton et pas sur la matière grise sinon on va mourir. Si ça continue on n'aura plus d'argent en 2012 pour financer le plan directeur. On veut nous faire un paquebot qui au final risque de coûter plus près d'un milliard d'euros que les 600 M€ annoncés et il n'y aura plus personne dedans alors même que le jour de la présentation de la démographie médicale à Châlons-en-Champagne, il nous a été dit que dans les hôpitaux il y avait 16 % des postes de praticiens hospitaliers qui n'étaient pas occupés. C'est un peu comme au stade de Reims. Le stade a été refait et il n'y a plus d'équipe de haut niveau. Depuis deux mois on ne parle plus que d'argent et plus de projets médicaux au CHU. C'est très dangereux. »
Alain MOYAT
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