Publié le mercredi 13 mai 2009 - Vu 1 fois
René Dosière estime que le cumul des indemnités est scandaleux.
POUR René Dosière, c'est le cumul des indemnités qui est scandaleux. « On peut toujours débattre du cumul des mandats, mais rien ne justifie le cumul des indemnités. Pourtant, on sent comme une hypocrisie à ce sujet, dans tous les partis », assène-t-il.
A ce sujet, lors de l'examen de l'article 25 de la constitution, il a proposé en vain deux articles additionnels concernant le cumul des indemnités nationales et des indemnités locales perçues par les ministres et les députés.
6 000 euros, ça suffit
« 14 000 euros pour un ministre et près de 6 000 pour un député, c'est suffisant, surtout en comparaison du salaire moyen en France, alors que les gens souffrent de la crise », estime celui qui a lui-même cumulé certains mandats de député et conseiller général ou de député et maire, « seulement six mois en ce qui concerne les mandats de député et maire ».
« Pour l'heure, la loi autorise ce cumul et on peut très bien être en situation de cumul et être partisan de la supprimer. Personnellement, je me suis efforcé de cumuler le moins possible. Je n'étais pas vice-président du conseil général et j'ai cédé mon canton lors des dernières élections. Je voulais le faire dès 2001 mais on m'a incité à me représenter pour assurer la majorité départementale », plaide-t-il.
La France est le seul pays moderne selon lui où les députés ne sont pas à temps plein.
« Sauf exception, la plupart des députés cumulards privilégient leurs responsabilités locales, devenues plus valorisantes en raison du transfert des compétences. En outre, le pouvoir du Parlement se trouve limité avec un exécutif omnipotent. »
René Dosière pense néanmoins qu'on peu s'imposer en tant que parlementaire même dans l'opposition. Il cite pour exemple son travail sur le budget de l'Elysée.
Sur le plan financier, il remarque que le fait de cumuler permet de gagner beaucoup plus qu'un député à temps plein, « d'autant que les indemnités locales ont été revalorisées. C'est tout de même peu banal qu'une personne à temps plein gagne moins qu'une à temps partiel. »
Les apparatchiks
En attendant, c'est la démocratie qui est dit-il bafouée. « J'ai toujours été un décentralisateur, pour davantage de démocratie, pour des citoyens au premier rang. Etre vice-président du conseil général, chargé de l'action sociale, c'est néanmoins un travail à temps plein. Si on fait autre chose, on l'exerce mal et le citoyen est floué. »
Inversement, le temps que l'on consacre à Paris, on ne le consacre pas ici ajoute-t-il.
« Qui prend alors les décisions ? Un collaborateur, un directeur de cabinet, des apparatchiks qui ne se sont jamais frottés au suffrage universel. Le citoyen doit décider. Sinon, on n'est plus dans un système démocratique. »
Yann LE BLÉVEC
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