Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site Ou, cliquez ici pour l'ajouter au menu démarrer

CRISE / Une aubaine pour l'environnement

Publié le mardi 28 octobre 2008 à 01H00



La crise financière a du bon pour l'environnement à l'instar du premier choc pétrolier en 1973 qui avait déclenché une « chasse au gaspi », font remarquer les experts qui misent cette fois-ci sur un changement durable des modes de consommation.
La baisse du trafic routier, aérien ou maritime liée au recul de la consommation et des investissements se traduit en effet par une réduction des émissions de gaz à effet de serre et offre ainsi un répit à l'environnement.
« La crise a fait plus en un mois pour l'environnement que tous les Grenelle de l'environnement du monde », ironise Marc Fiorentino, président d'Euroland finance.
Certes, la dégringolade du brut qui a perdu plus de la moitié de sa valeur depuis les sommets de juillet (147 dollars) à la suite du ralentissement économique, pourrait avoir raison de cette sobriété forcée, comme cela avait été le cas après le second choc pétrolier dans les années 80. Mais au delà, la crise financière ne doit pas servir de prétexte pour arrêter d'investir dans une économie sobre en carbone, a mis en garde l'économiste Nicholas Stern. Au contraire, elle « pourrait être utilisée à bon escient » pour promouvoir les investissements dans l'efficacité énergétique.
Pour le professeur Tim Jackson, spécialiste du développement durable à l'Université de Surrey (Grande-Bretagne), la crise financière est une « fantastique occasion » de « repenser » notre modèle économique. Car « ce que nous dit la crise financière, c'est que notre modèle économique est fondamentalement instable », déclare-t-il. « Il faut saisir l'occasion de construire des économies qui soient basées sur une prudence à la fois financière et environnementale. »
Le lobbyiste écologique Nicolas Hulot voit dans « cette conjugaison de crises économique et écologique, une occasion de réussir ce sur quoi on a toujours échoué : la combinaison des enjeux économiques et écologiques ».
La crise économique et la crise écologique « se croisent et appellent des réponses communes », a estimé la secrétaire d'État à l'Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet dans le quotidien Le Monde. « Nous faisons le pari d'une économie nouvelle, qui sait que l'environnement est un investissement, l'instrument de notre compétitivité », a-t-elle expliqué.
Le sociologue Emmanuel Todd va plus loin : « Est-ce qu'on peut se contenter de souhaiter la remise sur les rails d'un système dont il était déjà devenu évident qu'il faisait baisser les niveaux de vie, augmenter les inégalités et qu'il assurait par les délocalisations la destruction de l'appareil industriel européen ? », s'interroge-t-il. « Il faudrait au contraire arriver à utiliser cette crise comme un levier pour réformer un système économique globalisé qui n'a plus de sens. »

Imprimer Recommander Wikio digg

Il n'est plus possible de contribuer à cet article.

Droits de reproduction et de diffusion réservés © www.lunion.presse.fr - ISSN 2110-5952