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Comment les SDF font face au froid

Publié le lundi 14 décembre 2009 à 01H00 - Vu 96 fois


Klaudio a ses coins préférés en cas de froid : un arrêt de bus près de la gare ou le passage Subé.

Klaudio a ses coins préférés en cas de froid : un arrêt de bus près de la gare ou le passage Subé.

Gerard PERON


COMMENT les SDF affrontent-ils les nuits froides ? Il y a ceux comme Corinne (prénom d'emprunt, « je ne tiens pas à ce que ma mère me reconnaisse » explique-t-elle) qui dorment sous un vrai toit.

Cette quinquagénaire fait la manche régulièrement place d'Erlon depuis huit ans : « Je fais ça parce que j'en ai besoin ; nous n'avons pour vivre mon mari et moi, que sa petite retraite, moi je ne touche rien… »

Craint-elle de dormir dans le froid ? « Non, ce n'est pas un problème pour moi, je me débrouille entre les amis et la famille : j'ai quatre enfants. » Certes, elle est sans domicile fixe, mais Corinne dort donc chaque nuit dans du dur.

Sous un porche

Ce n'est pas le même son de cloche pour Alain, 51 ans, SDF depuis des années, qui a pas mal voyagé, en France mais aussi dans d'autres pays d'Europe. « Je suis revenu à Reims depuis deux ans », explique-t-il près de La Poste de la place d'Erlon, où nous l'avons rencontré en compagnie de son camarade d'infortune Charlie.

Pour eux, pas de famille ou d'amis chez qui se réfugier pour dormir. « De temps en temps, on va dans les bungalows de l'hôpital (en fait, ils sont gérés non par l'hôpital mais par l'Armée du salut, NDLR), près du funérarium ; le problème c'est que c'est parfois chargé : il n'y a plus de place, alors on se met à plusieurs ; ou bien de temps en temps on dort dans les rues, sous un porche, dans un coin avec des cartons. »

Et l'hébergement dans des vrais foyers ? « On n'aime pas trop », indique Alain ; son copain parle de vols, on comprend aussi que l'ambiance générale ne leur convient pas…

Et enfin, il y a ceux qui dorment uniquement dans la rue, comme Klaudio, qui n'est plus très loin des 70 ans, et qui n'a plus de domicile depuis vingt-cinq ans.

« Quand il fait froid, confie-t-il, mes endroits préférés c'est un arrêt de bus près de la gare, ou le passage Subé. Près de la gare, je me sens en sécurité, je suis « couvert » par la police qui passe régulièrement. De temps en temps, ils viennent me voir pour me demander comment ça va… »

Feu de bois

Plus triste encore, mais fruit d'une situation bien particulière, certains dorment dans la nature, comme les Roumains installés dans un campement de fortune rue de Brimontel.

Aux dernières nouvelles, ils y sont toujours, au milieu d'un environnement qui ressemble de plus en plus à un dépotoir ; des matelas, des couvertures dans leurs tentes faites de bric et de broc, un feu de bois à côté, voilà leur protection contre le froid. « La journée on ne les voit pas, témoigne un voisin, ils descendent en ville où ils doivent avoir plus chaud. »

De fait, on les voit installés, individuellement, sur les trottoirs, à mendier. Dur de dialoguer avec eux, ils connaissent à peine le français, et ne cherchent pas vraiment à se faire de la publicité.

Une femme d'un certain âge a l'air d'affirmer que pour sa part, elle dort « dans une voiture »…



Antoine PARDESSUS

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le chevalier de...

Reims

14/12/2009 à 12h55

La question mérite d'être reformulée : Comment tant d'êtres humains, parfois cultivités, se retrouvent dans la rue avec presque moins de droit qu'un animal ? Ne s'agit-il pas là du plus grand génocide du siècle commis par le patronat avec la complicité passive de tous les acteurs sociaux ?
Se contenter simplement de les visiter, de temps en temps, en apportant une soupe chaude ne constitue pas une solution digne de la condition humaine.
Les municipalités ont le devoir de créer d'urgence des centres de vie collectives pour accueillir tous les accidentés de la vie comme l'a fait l'abbé Pierre avec Emmaüs.

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