Publié le mercredi 16 septembre 2009 à 01H00 - Vu 63 fois
Benoît Huré a cru que ses manigances resteraient dans l'ombre. Mal vu…
GGM
LA genèse du projet de création d'un hebdo ardennais mérite d'être contée. Le premier épisode de cette très instructive saga a pris la forme d'un bras de fer opposant notre quotidien au conseil général.
Mécontent de notre indépendance de ton et d'articles parfois critiques à son égard, le président Huré, mal conseillé par son chargé de communication (Jean-Jacques Rollat, un ancien journaliste de l'union qui n'a pas intégré le fait que les médias ne prennent plus leurs ordres auprès des élus), décide de sortir la grosse artillerie pour nous faire taire : le conseil général ne passe plus aucune annonce légale et ne fait plus aucune pub dans nos colonnes. Ce qui se traduit par une perte sèche annuelle de 300.000 euros pour notre trésorerie.
Gros poisson et menu fretin
Dans un deuxième temps, voyant que ses mesures de rétorsion demeurent sans effet, M. Huré prend la décision de lancer un hebdo, faisant ainsi d'une pierre deux coups : il crée un organe de presse qui lui est entièrement dévoué et croit nous mettre des bâtons dans les roues.
Le troisième épisode est le plus révélateur du mode de pensée de ceux qui, localement, nous gouvernent. Comme le Département ne peut quand même pas mettre directement des billes financières dans un projet privé destiné à concurrencer une société du cru déjà existante, le couple Huré-Rollat joue les entremetteurs de luxe et demande à ses obligés d'investir à sa place.
C'est ainsi que l'on retrouve comme partenaires du tour de table financier un certain nombre d'entrepreneurs ardennais. Les plus gros poissons ainsi ferrés sont MM. Urano et de Saint-Gilles, entourés de fretin de moindre importance, comme les frères Lambert. A l'instar de Géraud Spire, d'autres parviennent à expulser l'hameçon. Il est vrai que ce dernier est indigeste…
Sogemedia, le groupe de presse privé promoteur de ce projet, prévoit en effet une perte financière de l'ordre de 600.000 euros sur trois ans. Un trou aussi conséquent qu'inévitable, mais dont il est prévu qu'il soit bouché à hauteur des deux tiers par les investisseurs.
Difficile dans ces conditions d'imaginer que la rédaction de ce nouveau média puisse travailler en toute indépendance…
Pour être francs et user d'un euphémisme, nous nous posons déjà des questions sur le positionnement de notre futur concurrent vis-à-vis des pouvoirs en place.
Le montage financier de cet organe de presse, ainsi que le rôle joué dans son lancement par le conseil général des Ardennes et une poignée de baronnets industriels locaux fait craindre le pire : l'apparition d'une feuille créée à seule fin de caresser dans le sens du poil les notables en costard-cravate, rehaussé parfois d'une écharpe tricolore, qui se sont penchés sur son berceau…
A contrario, nous nous sentons flattés de voir que les représentants des différents pouvoirs que nous avons pu indisposer en dévoilant telle ou telle info gênante sont prêts à mettre aussi profondément la main à la poche.
Savoir qu'ils sont prêts à débourser 400.000 euros pour se payer une oreille journalistique enfin complaisante, ça ne peut que nous inciter à rester fidèles à notre ligne de conduite : aucune compromission avec qui que ce soit.
Jean-Claude ROUSSEL
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