Publié le mardi 04 août 2009 à 01H00 - Vu 118 fois
Claire Oger a décidé de s'installer à Mouzon. Son travail ? Dénicher de nouveaux talents et lutter contre le piratage des œuvres de « ses » artistes sur Internet.
Karen KUBENA
AVEC son BTS de commerce international décroché au lycée Pierre-Bayle à Sedan, elle ne se destinait pas vraiment à une carrière dans le showbiz. Elle a d'ailleurs commencé à travailler au sein de la société « Arden plast » à Mouzon. Expérience professionnelle qui aura au moins eu le mérite de la forger aux voyages.
C'était une bonne entrée en matière pour la suite : « J'ai d'abord passé quatre ans en Asie, puis un jour, de retour sur Paris, un ami m'a présenté ce producteur, alors que je ne cherchais absolument pas à faire carrière dans le milieu artistique. Finalement, il m'a proposé de m'engager comme secrétaire. J'ai accepté sans trop savoir ce qui m'attendait… »
Quatre ans à Londres
Le monsieur en question, qui venait de passer contrat avec cette jolie Mouzonnaise, n'était autre que Jean Karakos, dont l'un des plus jolis « coups » aura été de faire de la fameuse « Lambada » un tube planétaire, qui lui rapporte encore aujourd'hui 3.000 € par mois : « C'est quelqu'un qui a le nez fin et qui sait prendre des risques. Il a un catalogue d'artistes impressionnant, notamment dans la world music. Nous avons signé énormément d'artistes africains », explique Claire, qui ne pouvait aller à meilleure école.
L'aventure au côté de ce dénicheur de talents aura duré quinze ans, dont quatre passés à Londres où elle fut nommée responsable d'une agence de dix personnes : « C'était alors l'explosion de la techno et de la house music. Ça a plutôt bien marché. Lorsqu'on arrivait à lancer un titre au Royaume-Uni, généralement, les marchés américain et japonais suivaient. Il a été plutôt satisfait de mon travail. Il est vrai qu'on a fait pas mal de chiffre avec notre label « Distance » durant cette période. »
Depuis avril, Claire Oger a choisi de retrouver ses vertes Ardennes, en s'installant à Mouzon, afin de changer un peu le rythme de sa vie. Plutôt sympa et reconnaissant, Jean Karakos l'a autorisé à exploiter son catalogue qui recèle des dizaines d'artistes : « Je touche 25 % des parts et nous restons bien sûr régulièrement en contact. Nous continuons à travailler ensemble, même si je viens de monter ma propre société d'édition et de production musicale. Je suis d'ailleurs à Paris deux à trois jours par semaine. Pour le reste, je travaille via Internet. Il faut notamment être très vigilant sur l'édition. Je suis quasiment en procès permanent avec le piratage d'œuvres sur le Net. » A ce propos, la productrice est actuellement à la recherche d'un juriste spécialisé dans ce domaine et ça ne court pas forcément les rues…
Alors si vous avez un tube à lui proposer, vous pouvez toujours tenter votre chance. Promis, elle écoutera, mais de là à ce qu'elle vous débloque 500.000 € d'avance pour vous financer le studio, le gravage, la distribution, la promo, les passages radio et la vidéo qui va avec, il faudra tout de même trouver, non seulement les mots pour la convaincre, mais surtout la chanson qui la fera craquer. Et il faudra sans doute que mister Karakos craque aussi… A vos guitares les mecs !
O.R.
Contact : Société d'édition et de production musicales « Les disques Caractère », tél. 03.24.35.88.57.
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