Cinq ans ferme pour les ex-dirigeants américains de Thomé-Génot

Publié le mercredi 09 septembre 2009

Depuis octobre 2006, Greg Willis a disparu dans la nature.

Depuis octobre 2006, Greg Willis a disparu dans la nature.

Remi Wafflart

CINQ ans de prison ferme, cinq ans d'interdiction de gérer (cela paraît aller de soi mais fallait-il encore le notifier !) et un total de près de 20 millions d'euros de dommages et intérêts à verser aux collectivités locales (région, département et communauté d'agglomération) ainsi qu'au liquidateur : le tribunal correctionnel de Reims qui rendait hier son délibéré a suivi, à la virgule près, les réquisitions du parquet et a donc condamné les anciens dirigeants de Thomé-Génot à la peine maximale prévue par la loi.

Lors de l'audience, le vendredi 3 juillet, le méthodique travail de dépeçage des actifs de l'entreprise ardennaise avait été parfaitement disséqué. Le président Craighero, le substitut Dalle et les avocats des parties civiles, comme on avait déjà pu le lire dans l'ordonnance de renvoi, avaient expliqué comment Greg Willis et son adjointe, accueillis en héros en 2004 quand le tribunal de commerce (avec une certaine légèreté) leur confia les rênes de la société spécialisée dans la fabrication de pôles d'alternateurs et ses 300 salariés, avaient non seulement pillé son savoir-faire, mais aussi détourné sans vergogne des millions d'euros outre-Atlantique au seul profit de leur holding, la société Catalina… Oui mais voilà : poursuivis (et désormais condamnés) pour abus de biens sociaux, recel, et banqueroute, Greg Willis et Catherine Zickfeld ont disparu dans la nature depuis belle lurette.

Et maintenant ?

Depuis octobre 2006, quand la liquidation de l'ancienne entreprise familiale plongea dans le désarroi 300 familles et tout un département… La justice française n'a pas, même à ce jour, réussi à se procurer auprès des autorités américaines leur adresse postale !

L'audience de juillet s'était ainsi déroulée évidemment en leur absence, et sans qu'un avocat ne les représente.

Voilà pourquoi, aussi, dès hier, au nom de l'association des anciens salariés (qui avaient mené une lutte épique pour obtenir une prime de licenciement extra-légale _ finalement financée par le département et la région, d'où leur constitution comme partie civile _), Yannick Langrenez exprimait certes sa satisfaction morale _ « L'honneur des métallos est totalement blanchi, ils n'ont été pour rien dans la disparition de l'entreprise mais ont été victimes de patrons voyous… » _ mais aussi, et c'est logique, sa volonté de voir ce jugement exécuté.

« Que les escrocs aient été condamnés, soit, mais il faut désormais faire en sorte qu'ils purgent leur peine et dans le même temps, que la société qui a profité de leurs exactions, c'est-à-dire Catalina, soit à son tour poursuivie par la justice en tant que personne morale. Catalina existe toujours, elle a son siège aux Etats-Unis mais elle a encore des représentants en France, et certaines filiales, au Mexique notamment, ont été constituées via les fonds de Thomé-Génot… »

Mettre la main sur Mister Willis et sa comparse et faire cracher au bassinet Catalina, ça, c'est néanmoins une autre paire de manches !

Philippe MELLET

Imprimer Recommander Wikio Facebook twitter digg

Réagissez

Pour contribuer et recommander vous devez être connecté (création de compte)

Avertissement
Nous vous rappelons que vous avez, lors de la création de votre compte, accepté les conditions d’utilisation du site. Celles-ci proscrivent notamment la diffamation, l’incitation à la haine raciale, l’atteinte aux bonnes mœurs.
Nous vous prions donc de respecter strictement la charte d'utilisation du site www.lunion.presse.fr. A défaut, votre compte sera banni du site.
Voir aussi : La FAQ de la modération

Droits de reproduction et de diffusion réservés © www.lunion.presse.fr