Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site Ou, cliquez ici pour l'ajouter au menu démarrer

Cinéma / Les critiques de Fabrice Littamé

Publié le mercredi 03 février 2010 - Vu 7 fois


Un drame de Marc Dugain avec André Dussollier, Marina Hands et Edouard Baer.

Un drame de Marc Dugain avec André Dussollier, Marina Hands et Edouard Baer.


Une exécution ordinaire / Hors du commun (Trois étoiles)


Le romancier Marc Dugain a imaginé une intrigue complètement fictive autour de Joseph Staline dans « Une exécution ordinaire ». Il a narré comment, sur la fin de sa vie, en 1952, le dictateur soviétique s'est fait soigner par une jeune femme urologue qui possédait des dons de magnétiseuse.

L'écrivain qui est passé pour la première fois derrière la caméra en dévoilant son goût pour le plan-séquence a ainsi habilement abordé la grande histoire par la petite. L'enfilade de couloirs sombres qu'il filme quand son héroïne est convoquée par le petit père des peuples suggère d'emblée l'atmosphère de suspicion dans ce régime bureaucratique.

Décrite de l'intérieur, cette satire du communisme se poursuit quand il évoque les tortures à demi-mot. En contrepoint du climat feutré des bureaux, l'horreur atteint son paroxysme quand l'illustre patient relate à son médecin les violences subies par son époux durant son interrogatoire.

Ces scènes entre les deux personnages principaux constituent les pièces essentielles d'un échiquier sur lequel ils évoluent, l'un pour asseoir son autorité, l'autre pour sauver sa peau. Entourés de très bons partenaires comme Denis Podalydès en concierge à la mentalité de délateur ou encore Edouard Baer à contre-emploi dans un registre dramatique, Marina Hands et André Dussollier insufflent une très forte intensité à ce huis clos qui place ce film sur une orbite théâtrale.

L'actrice traduit la force de caractère d'une femme soumise, prise dans l'étau d'une société qui aliène les individus. Grâce à un maquillage qui lui a demandé trois heures de préparation quotidienne, précis jusqu'aux tavelures, le rendant presque méconnaissable, mais aussi par une finesse de jeu dans les expressions du visage comme dans les attitudes, l'acteur est parvenu à rendre cette figure historique plus vraie que nature.

Le cinéaste le montre avec humour s'intéresser à la culture américaine. Sur tous les plans jusqu'aux dialogues brillants, « Une exécution ordinaire » se révèle hors du commun.

Durée : 1h45. À Châlons- en-Champagne et Reims Opéra.


 


Sherlock Holmes / Trop élémentaire (une étoile)



« Sherlock Holmes » a été réalisé d'après un scénario original dans l'air du temps. Il s'éloigne donc de la figure mythique du célèbre détective imaginé par Conan Doyle. L'auteur écossais avait exploré la dimension psychologique du personnage. Même s'il a préservé un humour très anglais, ce film musclé privilégie l'action, les effets spéciaux comme les séquences au ralenti dans un style hollywoodien.

En narrant comment son héros enquête sur une série de meurtres rituels, en évoquant un affrontement entre la science et la magie noire, le réalisateur Guy Ritchie signe quelques scènes très spectaculaires. Il a soigné aussi ses images en confiant la photographie au Français Philippe Rousselot qui a recherché une esthétique de bande dessinée avec des teintes grises transformant Londres en un Gotham City de Batman.

Le justicier est campé ici par un Robert Downey Jr en verve qui rajeunit le fin limier à la pipe. Son acolyte, le docteur Watson, a absorbé le même élixir de jeunesse grâce à un énergique Jude Law.

Le tandem évolue donc aux antipodes du couple classique. Les puristes trouveront la méthode trop élémentaire.

Durée :2h07. À Châlons-en-Champagne, Charleville-Mézières, Château-Thierry, Chauny, Épernay, Hirson, Laon, Reims Gaumont, Reims multiplexe, Saint-Quentin, Sedan, Sézanne, Soissons, Tergnier, Villers-Cotterêts, Vitry-le-François et Vouziers.


 


Protéger et servir / Mauvaises intentions (Non)



Dans « Protéger et servir », Kad Merad et Clovis Cornillac forment un tandem de flics maladroits, comme si le célèbre inspecteur Clouseau de « La panthère rose » avait fait des émules. La comparaison s'arrête malheureusement là. Les deux acteurs transmettent bien une certaine densité humaine à leur interprétation parodique de deux policiers qui luttent contre le terrorisme.

Mais les gags volent très bas jusqu'à la vulgarité. Le réalisateur Éric Lavaine qui a accumulé les blagues de potache montre quelquefois de bonnes idées, mais il les a mises bout à bout sans leur donner corps dans un scénario solide.

Son expérience à la télévision avec la série « H » lui a apporté une gymnastique efficace dans ce domaine, mais le produit pour le petit écran n'est pas toujours adapté pour le cinéma. Ses intentions avec « Protéger et servir » se révèlent mauvaises.

Durée : 1h30. À Châlons-en-Champagne, Charleville-Mézières, Chauny, Épernay, Hirson, Reims multiplexe, Saint-Quentin et Soissons.

Imprimer Recommander Wikio digg

Réagissez

Pour contribuer et recommander vous devez être connecté (création de compte)

Avertissement
Nous vous rappelons que vous avez, lors de la création de votre compte, accepté les conditions d’utilisation du site. Celles-ci proscrivent notamment la diffamation, l’incitation à la haine raciale, l’atteinte aux bonnes mœurs.
Nous vous prions donc de respecter strictement la charte d'utilisation du site www.lunion.presse.fr. A défaut, votre compte sera banni du site.
Voir aussi : La FAQ de la modération

Droits de reproduction et de diffusion réservés © www.lunion.presse.fr - ISSN 2110-5952