Cinéma / Les critiques de Fabrice Littamé

Publié le mercredi 02 décembre 2009

Une comédie  dramatique  de François Favrat  avec Christian Clavier, Clovis Cornillac,  Sami Bouajila  et Vimala Pons.

Une comédie dramatique de François Favrat avec Christian Clavier, Clovis Cornillac, Sami Bouajila et Vimala Pons.

La Sainte Victoire : 2 étoiles

À double tranchant


Avec « La Sainte Victoire », son second long métrage dont il a aussi écrit l'histoire, François Favrat évoque le monde de la politique à travers la rencontre entre deux individus : afin de conquérir un marché, un petit architecte tente de s'attirer les grâces d'un homme politique dont la campagne pour les élections municipales repose en partie sur des questions d'urbanisme.

Le premier est campé par Clovis Cornillac. Traduisant l'enthousiasme de ce jeune arriviste rêvant de grandeur, il est malheureusement emporté par un jeu trop généreux et une volubilité proches de la caricature.

Christian Clavier, qui incarne le second, évite cet écueil qui lui pendait au nez. S'exprimant avec davantage de nuances, un registre qu'on lui connaissait peu jusqu'à présent dans ses rôles souvent caricaturaux ou démonstratifs, judicieusement utilisé à contre-emploi, il suggère toute l'ambiguïté que peuvent avoir certains acteurs de la vie politique, intègres au départ mais peu à peu empêtrés dans des compromis pour faire aboutir leurs convictions. Les rouages de ce milieu sont décrits avec justesse par le réalisateur. Mais il ne s'en tient pas à ce seul niveau.

Le cinéaste explore en filigrane les abysses de la nature humaine à travers l'évocation d'une amitié emportée par les bourrasques de l'ambition ou de l'argent. Il aborde aussi le terrain de la lutte des classes dans cette confrontation entre deux êtres socialement différents, l'un d'une condition simple, l'autre appartenant à la bourgeoisie.

Éntre Sami Bouajila et Vimala Pons, une jeune actrice qui affiche un sacré tempérament, les deux interprètes principaux portent avec talent l'enjeu complexe de ce film qui manque d'émotion. Il se montre aussi un peu lourd par moments à cause d'une voix off envahissante. Avec ses qualités et ses défauts, cette « Sainte Victoire » se révèle à double tranchant. Mais on ne peut contester son honnêteté.

Durée : 1 h 49. À Charleville-Mézières, Reims multiplexe et Saint-Quentin.





Arthur et la vengeance de Maltazard : 1 étoile


Un plat un peu froid



Luc Besson avait créé la surprise avec « Arthur et les Minimoys ». Mais la suite des événements, avec « Arthur et la vengance de Maltazard », ne se révèle pas à la hauteur du premier film.

L'histoire raconte comment, évoluant dans un monde parallèle de créatures fantastiques, le jeune héros vole au secours de la princesse Sélénia mais tombe dans un piège. Le scénario ne se montre pas palpitant. Il faut se consoler avec la réalisation, qui mélange des prises de vue réelles et une animation en 3D.

Le réalisateur s'est aussi amusé en multipliant les références visuelles ou musicales à « Apocalypse Now » ou « Star Wars ». Il a aussi adressé des clins d'œil à des mythes du cinéma, notamment chez Walt Disney. Il a encore su créer des ambiances magiques avec des personnages féeriques, extravagants, truculents, sortis de son imagination fertile, dans des scènes à couper le souffle comme l'univers nocturne de Paradise Alley.

Mais la vengeance est cataloguée comme un plat qui se mange froid. Cette seconde aventure cinématographique d'Arthur le prouve.

Durée : 1 h 34. À Châlons-en-Champagne, Charleville-Mézières, Château-Thierry, Chauny, Épernay, Givet, Hirson, Laon, Reims Gaumont, Reims multiplexe, Saint-Quentin, Sedan, Sézanne, Soissons, Tergnier, Villers-Cotterêts, Vitry-le-François et Vouziers.





La folle histoire d'amour de Simon Eskenazy : NON


Comédie sans étincelle

Suite de « L'homme est une femme comme les autres », « La Folle Histoire d'amour de Simon Eskenazy » évoque les mésaventures d'un père de famille, devenu homosexuel, qui doit héberger dans sa maison une mère envahissante et rencontrer son fils qu'il n'a jamais vu.

À partir de ce scénario planté dans le milieu juif, Jean-Jacques Zilbermann a réalisé une comédie sans rythme, qui brille par la pauvreté de ses dialogues.

Antoine de Caunes interprète le personnage principal de manière désinvolte, sans trop y croire. Dans le rôle de son petit ami travesti, Mehdi Dehbi en fait des tonnes.

Les acteurs ont été très mal dirigés par le réalisateur, qui s'essaie à une petite critique de l'intolérance en religion.

« La Folle Histoire d'amour de Simon Eskenazy » se déroule avec platitude, sans aucune folie ni étincelle et ne présente aucun intérêt.

Durée : 1 h 30. À Châlons-en-Champagne, Charleville-Mézières et Saint-Quentin.

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