Publié le jeudi 30 avril 2009
« JE n'ai qu'une hâte : c'est de voir passer le tram… Simplement, j'aurai deux ans de plus… » Christian Didier sourit tout le temps. Pourtant, il subit le chantier du tram comme tous les commerçants et chefs d'entreprises riverains. Cependant, pour lui comme pour quelques autres, la situation est plus compliquée parce que leur entreprise est cernée par le chantier.
L'entreprise familiale Didier est une « corderie » et une société de décoration implantée depuis deux siècles à l'angle de la Chaussée Bocquaine et de l'avenue de Gaulle. Les travaux l'ont entourée dès le mois de juin. Certes, des accès sont aménagés, mais « un client m'a dit : on n'ose pas tourner à droite parce qu'on a peur de tomber sur le chantier ». L'impression visuelle pour qui ne connaît pas est celle de l'inaccessibilité.
De plus, explique M. Didier, « toutes les semaines, le chantier bouge. Les clients sont déstabilisés ». « C'est dur », complète une employée. « C'est amusant de se demander chaque jour par où on va passer. Ce n'est pas facile, mais on se console en pensant qu'un jour, ce sera beau et fonctionnel », surenchérit Anne-Isabelle Vignaud, la directrice de « Saint-Ex », en face.
Christian Didier a vu son chiffre d'affaires baisser pour la première fois cette année. Difficile de tout mettre sur le compte du tramway. « Nos industries locales (Henkel, Chausson outillage, etc.) disparaissent. Elles étaient nos clients. La crise passera : elles ne reviendront pas. Même chose pour les artisans de ma génération qui prennent leur retraite sans successeur… ».
« N'entrez pas »
Le chantier du tramway joue donc surtout sur les particuliers. « Il y a deux jours, un client m'a dit : je suis retourné à Verzy, je n'ai pas pu entrer ». Pourtant, une signalétique est apposée autour de l'entreprise. Ce que redoute surtout M. Didier, « c'est que la clientèle de l'extérieur n'entre plus dans Reims et se fournit dans les zones périphériques. En plus, sur l'autoroute, un panneau dit : N'entrez pas dans Reims centre »…
Heureusement, les responsables du chantier font tout pour arranger les riverains, qui l'admettent tous.
Nicolas François aussi l'admet. Lui, il tient « Speedy », avenue de Laon. Chantier ou pas, ses clients, ce sont les automobilistes. Là encore, un accès spécifique a été aménagé spécialement. Il n'empêche : de 10 voitures par jour, l'activité est tombée à 3 ou 4. Certains jours, il n'y a même plus d'accès du tout.
Dans ce cas, « on ferme, et les mécaniciens sont répartis dans nos deux autres sites ». Les clients l'ont compris : la plupart y vont directement.
Près de la gare, le directeur de l'Ibis, Salim Dhomry n'est pas mieux loti. « Ça a été dur surtout au début. On a dû flécher l'accès. Et pour les bus, il y avait un angle droit qui a été corrigé. Ça reste difficile : nous perdons des chambres. Nous avons préparé notre dossier pour la commission d'indemnisation ».
J.-F. SCHERPEREEL






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