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CHAMPAGNE / Un prix pour l’université dans la viticulture durable

Publié le mardi 06 novembre 2007 à 01H00 - Vu 85 fois


Une récompense et une reconnaissance pour l’équipe de Christophe Clément.
Charles LANTENOIS

Une récompense et une reconnaissance pour l’équipe de Christophe Clément. Charles LANTENOIS

Charles Lantenois


LA part des traitements phytosanitaires d’origine chimique pourra-t-elle être réduite dans les vignes ? C’est tout l’enjeu des travaux de recherche du laboratoire « Stress, défense et reproduction des plantes ».
Ce labo de l’université de Reims Champagne-Ardenne vient de recevoir le premier prix spécial de l’académie d’agriculture de France. Ce prix « Jean Dufrenoy » récompense les avancées du laboratoire dans la mise au point de molécules « Eliciteur ». « Elles agissent comme stimulant dans la défense naturelle de la vigne en particulier », résume Christophe Clément, responsable de ce laboratoire de douze permanents.
Face aux maladies qui attaquent la vigne, ces molécules renforcent les défenses de la plante de façon naturelle. Le botrytis, qui se caractérise par de la pourriture souvent avant les vendanges, s’annonce comme une cible de choix.
« Un seul traitement au lieu de trois pourrait alors suffire », espère cet enseignant-chercheur. « Il ne s’agit pas d’un vaccin, mais de préparer la plante à l’attaque de la maladie. »
Essais à transformer
Les essais en laboratoire se sont révélés concluants. Ils doivent maintenant passer au stade des tests sur le terrain. Le CIVC suivra avec une attention particulière ces essais préfigurant un long processus d’homologation.
Pour ce laboratoire qui est inclus dans l’unité de recherche « vignes et vins de Cham pagne », le prix de l’académie d’agriculture est déjà une belle reconnaissance. Surtout pour une université souvent pointée comme étant à la traîne.
L’académie, qui relève du ministère de l’Agriculture, ne s’est pas trompée sur les enjeux de ces travaux. « Il s’agit de substituer une partie des traitements chimiques actuels », explique Christophe Clément qui dirigera, à compter du 1erjanvier 2008, l’unité de recherche sur la vigne et les vins de champagne.
Avec 2 % des surfaces cultivées en France et en Europe, la viticulture concentre 50 % des pesticides utilisés ! Les industriels qui ont flairé le vent écolo s’intéressent de près à ces produits phytosanitaires d’origine bactériologique.
Le laboratoire de la fac de sciences pourrait également retenir l’attention sur ses travaux concernant les micro-organismes. Une autre façon de faire de la lutte biologique contre les maladies.
« C’est très prometteur. Mais nous sommes moins avancés ». Le laboratoire de Christophe Clément, qui a le soutien de plusieurs collectivités, entend travailler en synergie avec différentes universités sur d’autres maladies que le botrytis en particulier.
Dominique Herbemont

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