Publié le jeudi 21 janvier 2010 - Vu 421 fois
Gilles Dumangin (à gauche) viticulteur à Chigny-les-Roses, l'âme du champagne Audigier et Olivier Robin en charge des vins du créateur de mode.
PULL gris près du corps, paire de lunettes assorties, raie sur le côté, Gilles Dumangin, viticulteur à Chigny-les-Roses, est plutôt du genre classique, voire vieille France, l’exemple type du gardien de la tradition et du savoir-faire champenois. Il a pourtant été choisi par le roi du bling bling, du T-shirt à 120 €, de la casquette à 180 € et du jean à 200 €, Christian Audigier en personne, pour concocter son champagne.
Que ce millionnaire, ami des stars et réputé pour ses fêtes fréquentées par la jet-set, s’intéresse au vin qui coule à flot dans ses soirées n’étonnera que ceux qui ne connaissent pas le personnage. Car rien ne semble faire peur à ce petit Frenchie élevé par sa maman à Avignon, pas très doué pour l’école et qui a fait fortune aux Etats-Unis.
Michael Jackson, Paris Hilton et Johnny
L’ami de feu Michael Jackson, de Britney Spears, de Paris Hilton, de Mariah Carey (lire ci-dessous), du rappeur Snoop Dogg mais surtout de notre Johnny Hallyday national est en effet tout sauf un classique. Jean slim, UV, sourire ultra bright, l’infatigable entrepreneur se lance dans le champagne en y apportant sa patte. Bien sûr, l’incorrigible provocateur ne pouvait pas le faire discrètement. L’habillage de ses bouteilles, rose pour les filles et grise pour les garçons, sort des canons traditionnels. En tout cas, on les voit et c’était bien le but numéro un de cet as du marketing. Le brut a les faveurs de monsieur Audigier ; madame, un ancien mannequin brésilien, préfère le rosé.
Les recettes employées par Audigier dans le textile ont été recyclées : faire du voyant, du cher tout en préservant la qualité, une méthode éprouvée par ses marques (Ed Hardy, Von Dutch, Smet, Bisou Bisou et les autres).
La bouteille entièrement sleevée (comprenez habillée) reprend également la panthère noire, les roses et la dague, qui sont autant de signatures Audigier.
Night-clubs et bars branchés
La cible est la même que pour ses marques : les jeunes branchés de 18 à 35 ans. « Que ce soit à Londres, à Paris ou à Los Angeles, les clients d’Audigier sont à peu près les mêmes partout », prévient Olivier Robin, l’homme qui gère les vins Audigier. Il espère que les gosses de riches qui s’arrachent les vêtements Audigier fassent de même avec son champagne.
Ce n’est donc pas un hasard s’il a choisi de le vendre d’abord dans les night-clubs et les bars branchés. Autant dire qu’il ne sera pas évident de s’en procurer dans le coin, où la jet-set ne montre pas souvent le bout de ses Weston.
« Pour l’instant on met le paquet sur la France et l’Europe avant de s’attaquer aux Etats-Unis », prévient Olivier Robin. Mais les bouteilles ne laissent pas indifférents. Elles ont déjà attiré la convoitise de voleurs lors d’une soirée de lancement à Londres. Deux palettes ont été dérobées alors même que le champagne n’était pas encore sorti.
Pourtant, contrairement aux vêtements Audigier, le positionnement de la gamme des prix paraît presque raisonnable, seulement 49,95 € pour le brut et 60 € pour le rosé. Même pas de quoi s’acheter un T-shirt… Audigier.
Alexandre ROGER
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