Châlons déchaîne les passions sur Facebook

Publié le samedi 23 janvier 2010

CE n'est peut-être pas votre tasse de thé mais c'est un fait : on parle beaucoup de Châlons sur Facebook. Il suffit de lancer une recherche par le nom de la ville pour découvrir l'existence d'une centaine de groupes rassemblant entre 2 et 1.554 membres. En mettant de côté les groupes à vocation politique, constitués en vue d'une élection ou d'un projet quelconque, on découvre des initiatives de tous acabits.

Nombre d'entre elles rassemblent leurs participants sur une critique partagée. C'est le cas des 21 personnes qui se retrouvent sur « Ceux qui trouvent que le rond-point de l'Hémicycle est dangereux ». Mais on trouve aussi des groupes porteurs d'un projet, plus ou moins réaliste. « Je veux un KFC à Châlons » ou « Pour qu'un Starbucks ouvre à Châlons » qui ont respectivement 35 et 238 membres.

Qui en aura le plus ?

Le simplissime « Châlons-en-Champagne », sans doute le premier du nom sur le réseau virtuel, affiche le nombre record de 1.554 membres. Nettement mieux que « A Châlons, on n'a pas de montagne mais on a une bonne descente » qui n'en est qu'à 1.140 membres. Une longueur d'avance acquise sans grand mérite puisque le premier existe depuis avril 2008 alors que le second est né en novembre dernier.

Dans la catégorie des derniers nés, « Fier d'être Châlonnais » compte, en à peine 3 mois, une centaine de membres. Créateur du groupe, un Châlonnais d'adoption, Christophe Guillemot. « C'est une démarche totalement personnelle. Une réaction de ras-le-bol, explique-t-il. Marre d'entendre dire qu'il n'y a rien à faire à Châlons, qu'on ne sache pas où c'est, qu'on en reste aux clichés ! » Au quotidien, Christophe Guillemot déplore que personne ne dise tout haut le bien qu'il pense de la ville.

« Personnellement, je suis arrivé en 1995 et j'avais en tête la même image d'Epinal que les autres : ville administrative, morte, etc. J'ai vu la ville changer. Elle a toujours ses inconvénients mais elle a aussi des atouts. C'est une ville à taille humaine, proche de Paris, avec une vraie vie culturelle, un beau patrimoine, de la verdure. Et aussi des administrations, c'est vrai. Mais on est heureux quand on est fonctionnaire à Châlons ! » Lui a pris le parti d'inviter les internautes à mener une croisade pour faire ressortir la fierté châlonnaise. Thomas, un autre créateur de groupe, a choisi une autre voie pour afficher son attachement à sa cité. Il a créé « Je ne suis pas né à Paris et je ne le cache pas ».

Bonjour nostalgie

Il y explique que sa démarche vise « tous ces gens qui ont honte d'être né dans des villes mal aimées, Cambrai, Châlons-en-Champagne, Moulins, Verdun, Rethel et qui veulent s'en sortir et l'assumer ! ». Il a d'ores et déjà fait 31 émules.

La nostalgie a aussi ses adeptes. Le groupe « Chalons 80, la dolce vita, je te dis pas » compte 75 adeptes du temps où « C'était autre chose ! Il y avait, à Châlons, des personnages haut en couleurs. Je pense que ça l'est moins aujourd'hui », estime le créateur Olivier Fourcade. Chez lui, on se retrouve pour évoquer la parfumerie Pascal où la vendeuse ressemblait à Farrah Fawcett ou encore la pâtisserie des demoiselles Robert…

Fier d'être Châlonnais ? Olivier Fourcade n'est pas vraiment dans cet état d'esprit. Plus dans celui de rendre hommage à une autre époque de Châlons. Et c'est justement ce que Christophe Guillemot voulait éviter avec son groupe. « Moi j'ai envie de passer du virtuel au réel ! » Comment ? Il ne le sait pas encore. En attendant, sur la toile, il défend sa ville à sa manière.

Car les groupes qui l'attaquent sont nombreux : « Châlons je ne t'aime pas », « Pour tous ceux qui veulent que Châlons disparaisse », « Mais sinon, y a quoi à faire à Châlons ? », « J'adore quand je dis je viens de Châlons et qu'on me répond : c'est où ça ». Sur ce dernier groupe, les commentaires vont bon train. Nombreux sont les membres du groupe qui affirment avoir résolu le problème en disant qu'ils viennent de Reims voire de Paris. Plus question d'évoquer Châlons.

A l'heure des comptes, les sites « négatifs » comptent moins de 600 adeptes tandis que les « positifs » dépassent les 3.000 ! Restent les inclassables dans lesquels les membres des deux courants se retrouvent parfois. A l'exemple de ce groupe dont le nom résume assez bien un sentiment ambigu : « Châlons c'est pourri mais on veut pas s'barrer ou alors pas loin… »

Stéphanie VERGER

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