Publié le vendredi 27 novembre 2009 à 01H00 - Vu 309 fois
Les braconniers ont fait profil bas, hier, à l’audience.
Christophe, Georges et Bruno sont de bons pères de famille. Âgés de 41 à 44 ans, ils sont « bien insérés socialement », comme le souligne leur avocat Me Fossier. Ils ont un métier, des familles. Et une passion commune : la chasse. Tous les quatre sont titulaires de leur permis de chasse. Ils ont le droit de chasser du petit gibier.
Mais en ce 27 décembre 2008, la Saint-Sylvestre approchant, les trois chasseurs décident d’améliorer leurs réveillons. De nuit, ils se rendent près du camp militaire de Pontfaverger-Moronvilliers. Le gros gibier y prospère semble-t-il. « Ils avaient juste l’intention de tuer un sanglier, au départ », assure Me Fossier. La situation leur a un peu échappé quand un deuxième sanglier est passé à proximité. Elle a franchement dérapé quand… un cerf, puis deux, puis trois ont fait leur apparition !
Les chasseurs demandent réparation
Un peu dépassés par les événements, les trois braconniers ont appelé un camarade à la rescousse pour qu’il les aide à dépecer le grand gibier. Les quatre copains n’en ont pas eu le temps. Alors qu’ils commençaient à vider les animaux, ils ont été pris en flagrant délit par les gendarmes.
Hier, à la barre du tribunal correctionnel de Reims, les quatre hommes n’ont pas moufté. « D’habitude, on chasse sur Taissy, du lapin », a précisé l’un d’eux. Le président n’a pas manqué de lancer un petit commentaire: « Oui, là, c’est sûr, c’est plus intéressant le grand gibier ! ».
Me Brener s’est constituée partie civile pour la fédération des chasseurs de la Marne et la fédération des chasseurs de grand gibier.
Ces associations s’occupent « de la préservation contre le braconnage, et protègent la faune sauvage ». L’avocate rappelle qu’il existe un « brevet pour la chasse du grand gibier, on ne peut pas s’y adonner comme ça ». Elle réclame le paiement solidaire de « 7 000 euros représentant le prix des cinq animaux : 1 830 euros; et les deux sangliers : 745 euros » et 2 000 euros supplémentaires pour la fédération des chasseurs de la Marne.
« C’était une très belle chasse pour eux ! » lance la substitut du procureur de la République. Elle requiert 1 000 euros d’amende chacun « pour qu’ils prennent conscience de la gravité des faits ». Elle réclame aussi la confiscation des armes qui ont servi à tuer les animaux. Enfin, elle requiert une interdiction temporaire de chasser.
Me Fossier, pour la défense, indique que les braconniers « voulaient chasser un sanglier pour le réveillon. Un copain les a déposés, de nuit, dans les champs de Beine-Nouroy ». L’avocat a plaidé l’indulgence « pour ces hommes bien insérés socialement ». Il a également réclamé la restitution des douze fusils confisqués par les gendarmes lors des perquisitions aux domiciles des trois prévenus.
Le tribunal a condamné chacun des trois braconniers à 300 euros d’amende. Il a prononcé la privation de leur permis de chasse pendant un an. Enfin, ils devront solidairement verser 400 euros de dommages et intérêts à la fédération des chasseurs et 900 euros à la fédération des chasseurs de grand gibier. Les fusils qui ont servi à tuer les cerfs et les sangliers ont été confisqués.
À noter que l’affaire a tout de même fait quelques heureux. Une fois dépecé par un équarrisseur professionnel, le gibier a été distribué à des associations caritatives rémoises.
P.B.
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