Publié le mercredi 27 janvier 2010 à 01H00 - Vu 38 fois
Celal Sarisoy aux côtés de ses parents qui tiennent la petite épicerie de la rue Victor-Hugo.
vk
SAMEDI matin, le Revinois Celal Sarisoy a eu une réaction héroïque. Il a sauvé des flammes, six enfants qui se trouvaient dans un immeuble à Sedan. N'écoutant que son cœur et son courage, il a saisi une barrière de sécurité, a grimpé dessus pour atteindre les enfants qui ont appelé au secours au premier étage (notre journal de dimanche 24 janvier).
Grâce à ce geste, les enfants ont pu être sauvés. « Je suis content car j'ai sauvé six vies, d'ailleurs dimanche matin quand je me suis rendu au marché de Vrigne-aux-Bois on m'a félicité, on m'a dit que ce geste, pas tout le monde ne l'aurait fait ». Et c'est vrai. Il fallait réagir au bon moment et trouver une astuce pour sauver ces enfants, c'est ce qu'a fait Celal. « J'ai eu peur c'est vrai, mais je pensais à tellement de choses en même temps. Pour moi l'essentiel c'était de sauver les petits, de les mettre hors de danger, je ne voulais surtout pas qu'un seul ne tombe de la barrière que j'ai utilisée en échelle ».
Le Revinois, père de famille, âgé de 30 ans, habite depuis toujours à Revin. Il est vendeur-étalagiste de métier et tient la petite épicerie turque de la rue Victor-Hugo « Ercyes Primeurs ».
Ils résistent…
Avec ses parents, il fait en quelque sorte de la « résistance ». En effet, malgré les grandes surfaces, malgré la crise, il tient à bout de bras l'épicerie, vendue par son frère en 1993. Ses parents sont arrivés en France en 1974. Le père Huseyn a d'abord travaillé à la fonderie Biard, puis à la Sefac à Monthermé, avant de terminer sa carrière chez Porcher et de reprendre l'épicerie.
Maintenant, le père et la mère n'attendent qu'une chose : la retraite. Celal, l'un des fils donc, est salarié du magasin. La famille aimerait bien vendre l'affaire mais il faut bien dire que dans le contexte actuel, elle ne trouve pas preneur. Et d'autant moins, qu'il faut beaucoup s'investir, car c'est le seul moyen de survivre. « L'épicerie est ouverte tous les jours de la semaine, de 8 heures à 20 heures et entre midi. Quand les gens ont besoin d'un litre de lait ou d'un paquet de sucre ou de farine on est là ».
En effet, l'épicerie propose beaucoup de produits de première nécessité et, bien sûr, des fruits et légumes. Malheureusement aujourd'hui les temps sont durs et Celal ne cache pas les difficultés que la famille rencontre. « Les gens achètent beaucoup moins depuis six mois. Ils regardent à tout, c'est normal, ils ont moins d'argent. Côté prix, nous faisons pourtant beaucoup d'efforts, on fait beaucoup de prix d'appel, mais c'est très dur. Actuellement on rentre uniquement dans nos frais, heureusement que nous faisons les marchés » confie-t-il.
L'épouse de Celal tient, elle, le magasin de fleurs-décoration de la place de la République, mais ce commerce aussi est en difficulté. D'ailleurs il est possible qu'il ferme bientôt. Quand on demande au père de Celal ce qu'il a pensé du geste héroïque de son fils, il commente : « Je suis très content, mais ce que je constate c'est qu'en Turquie, les gens ont beaucoup plus l'habitude de réagir tout de suite quand une personne est en difficulté, les habitants vont naturellement et spontanément aider les autres ».
C'est vrai que dans notre société, ce n'est pas toujours le cas, l'indifférence ou peut-être la peur, prend souvent le dessus par rapport à la solidarité.
V.K.
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