Publié le jeudi 19 novembre 2009
Pour la Nouvelle force qui vient de faire réaliser une étude prospective financière : « Le projet du parc des expos aura une incidence sur les impôts locaux : + 12,33 % selon nos estimations dans les années à venir ».
«IL N'EST jamais coupable de dire : je me suis trompé. C'est bien le cas du maire pour le dossier du parc des expos, un dossier parti de travers depuis le début. C'est un chèque en blanc signé à Bruno Bourg-Broc qui nous emmène droit dans le mur ».
Ce soir, Alain Goze (Nouvelle Force) va une fois encore jouer les trublions, non pas version gauchiste illuminé mais opposant de choc, lors du conseil municipal. Un conseil qui promet d'être rock and roll, notamment quand il s'agira de traiter du débat d'orientations budgétaires. C'est clair, Alain Goze ne va pas lâcher le maire et lui rappeler à nouveau « tout le bien » qu'il pense du futur parc des expositions, tel que le projet est présenté, le bébé de BBB pesant 50 millions d'euros minimum. Ce qui ne sera pas sans conséquences sur les finances locales ces prochaines années.
« La cata dès 2012 »
Alors que le rapporteur de la délibération, l'adjoint aux finances Gérard Lebas, parlera gros sous, l'opposant discutera stratégie et avenir. « Ce projet aura des conséquences fiscales dangereuses. Cette année, 5 millions sur les 18 de dépenses d'investissement seront engloutis dans le parc. Il y aura atomisation à terme et aucune autre marge de manœuvre pour d'autres dossiers », estiment les membres de la Nouvelle force qui viennent d'éditer un tract, déjà distribué dans 7000 boîtes, et ce juste avant de faire réaliser une étude prospective et financière 2010-2013 (les chiffres ayant été vérifiés par des réseaux bancaires). Il en ressort que dès 2012, l'épargne serait négative dans le budget de la Ville, avec de surcroît un doublement de la dette financière. De plus, M. Goze et ses amis ont envoyé hier soir une nouvelle missive détonante aux conseillers communautaires leur expliquant que la Cac financerait 50 % du loyer du parc des expos à partir de 2013. « Ce transfert de charges sera bien de nature à freiner, même à supprimer la participation de la Cac à certains projets de vos communes ». En lisant entre les lignes : ne vous faites pas rouler dans la farine !
Ni rigolo ni écolo
Au regard de la situation, les débats devraient être chauds ce soir, et la Nouvelle force prête à aller le plus loin possible pour un maximum de clarification. Aussi, le 15 janvier prochain, salle Pelloutier, un grand débat public est d'ores et déjà programmé. « Nous allons solliciter la mairie, l'UCIA qui a des choses à dire, des représentants de la Cac, mais aussi Philippe Michelot et des représentants de Reims et Épernay pour le volet salle de spectacle », insiste Alain Goze, choqué également par le fait que la thématique développement durable ne soit plus d'actualité. « Le parc des expos sera éco-irresponsable », lance Bruno Malthet, son collègue, choqué que la mise en place de panneaux photovoltaïques ou de systèmes de régulation thermique soient passés aux oubliettes dans la ville du Grenelle local de l'environnement. Des privés étaient prêts à investir et ces équipements auraient été rentables en quelques années. C'est ce que pensent du moins nos interlocuteurs.
Bref, finances locales et parc des expos feront jaser ce soir. Comme dirait le gars au zinc : pour le parc, il faut un référendum…
David ZANGA
Conseil municipal, 19 h 15 en mairie.
Les grandes suées du Parti socialiste
« Les recettes de la collectivité vont être asséchées dans le budget 2010, ce qui va obliger la Ville à réduire la voilure des services publics locaux ». En amont du conseil auquel il ne pourra participer ce soir, Gérard Berthiot, chef de file de l’opposition PS-PC a déjà la suée. Selon l’élu, Châlons sera confrontée à une triple peine : la réforme de la taxe professionnelle, celle des collectivités, et bien évidemment le dossier du parc des expositions (50 millions d’euros). « Les deux réformes annoncées sont une catastrophe pour les finances des collectivités. Ici, nous allons perdre 13 % de dotations de l’État, la baisse du concours est estimée à 459.681 euros. Concrètement, le maire va être obligé de serrer le robinet car moins de recettes = moins de services publics ».
« Pauvres contribuables »
Alors qu’il évoque des finances locales hyperfragiles, Gérard Berthiot n’oublie pas de mentionner une bien mauvaise surprise : la taxe carbone. « Cette dépense imprévue est chiffrée à 117.000 euros pour Châlons ». Plus qu’une tuile. Enfin, le conseiller d’opposition voit d’un mauvais œil la réduction de 3 % des crédits aux services, une première année où les charges de personnel sont évaluées à 49 % des dépenses de fonctionnement. Les 18 millions d’investissement prévus en 2010 passent mal car 5 millions seraient consacrés exclusivement au parc des expos. En 2011-2012 : « Un appel aux ressources fiscales supplémentaires sera proposé, à cause du futur parc des expos et je n’invente rien. Les impôts vont exploser, le maire peut encore s’en sortir par le haut, avant qu’il ne soit trop tard ».
D.Z.






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