Publié le mardi 09 février 2010
D'ici un mois, l'espace d'exposition de Vestaf devrait être fin prêt. (Tanguy PALLAVER)
Tanguy Pallaver
En commerce, certaines boîtes ont l'art et la manière… Vestaf a l'art et la matière. L'art de cette jeune société carolomacérienne, c'est d'avoir eu l'idée d'un tout nouveau revêtement de sol design et d'avoir su le créer. La matière de travail de Vestaf, c'est l'aluminium. Il en sort un produit jamais vu : le carrelage 100 % aluminium.
« C'est un tout nouveau concept que nous avons breveté, explique Fabrice Lepage, gérant de la société. Nous avons mis un an pour le mettre au point avec ses différentes déclinaisons et nous démarrons à peine la phase de commercialisation », poursuit l'entrepreneur.
Reste à savoir si la matière commerciale sera elle aussi au rendez-vous. Les quatre associés, qui ont investi au total 70 000 € en un an, se montrent confiants. « Des particuliers, des architectes et des artisans nous ont déjà fait part de leur intérêt pour le produit », affirme l'un d'eux.
C'est beau, mais pas donné
Dans les faits, la clientèle reste à constituer. Les deux premiers panneaux d'aluminium ont été vendus la semaine dernière à BG Rénovation. « L'idée est belle, mais le produit, à ce jour, est assez onéreux », estime Omar Boudalia, patron de la société basée à La Francheville. Pour un panneau de 60 x 60 cm, il faut compter 59 € TTC minimum. Soit, pour une petite cuisine de 10 m2, environ 1 500 €… Et selon la finition (chevrons, pavés ou carrés) et la surface choisies (mat, brillant ou vernis coloré), les tarifs peuvent doubler.
Un frein que Fabrice Lepage entend lever avec d'autres arguments. « La découpe et la pose flottante sont très simples. Pas besoin de colle, un joint qui assure l'étanchéité et la dilatation est fourni. On évite aussi le coût éventuel d'une chape adaptée au carrelage traditionnel si une rénovation est nécessaire. »
Gare à l'effet « Cloclo »
Si les arguments principaux restent le « design décalé » et très original et la fabrication haut de gamme d'une fonderie ardennaise (Ardenn Alu), celui du « Lego » vient compléter la palette d'utilisation possible. Les panneaux s'emboîtent les uns dans les autres, et pourraient séduire des exposants en quête d'espaces facilement démontables. Mais « un inconvénient majeur » apparaît pour une utilisation durable, selon l'architecte Philippe Suan qui s'est intéressé au concept pour son originalité et sa solidité. « L'aluminium est un conducteur électrique. Dans une salle de bains, par exemple, il faudrait compléter la pose avec des disjoncteurs 20 mA pour éviter de finir comme Claude François. »
Tanguy Pallaver




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