Publié le lundi 21 septembre 2009 à 01H00 - Vu 92 fois
Chouette, un nouveau quartier… du moins en apparence, car les Hauts de Jean-Jaurès sont en fait une partie des Epinettes.
Christian LANTENOIS
«LES Hauts de Jean-Jaurès : 191 logements fraîchement rénovés dans un quartier en mouvement. » La pancarte qui trône à l'entrée Nord-Est de la ville annonce du beau, du neuf, pour très bientôt. Un nouveau quartier à Reims… voilà une bonne nouvelle. Une ville qui grandit est un signe de bonne santé. Et on se prend à rêver, à la lecture du panneau qui annonce les travaux à venir… De nouveaux équipements : hall d'entrée et une isolation renforcée. Pourtant, ce quartier ne figure pas sur les cartes… pour une bonne raison, il n'existe pas. La mairie confirme : « Il n'est pas question de rebaptiser le quartier ». Nous sommes aux Epinettes ou au Pont de Witry (c'est selon) et cela pour longtemps. Le maquillage des noms de quartiers, concept inventé par le Foyer Rémois, est passé par là, mais la géographie est têtue, les habitudes des habitants du quartier aussi.
Une passante nous le confirme. « Bonjour Madame, on se trouve dans quel quartier ici, s'il vous plaît ? » Regard incrédule de la maman avec poussette : « Ben aux Epinettes, vous sortez de quelle planète, Monsieur ? » Désolé, je ne suis pas d'ici ! Un petit mensonge pour ne pas passer pour un imbécile à cause du Foyer Rémois.
L'organisme logeur a profité du lancement de son programme de réhabilitation de l'ancien patrimoine de Vitry Habitat, pour lancer un concours auprès des habitants du quartier. Un peu poussés par leur bailleur, les locataires ont choisi « Les Hauts de Jean- Jaurès. »
Quel peut être le but d'un tel changement de nom ? « Peut-être éviter de s'attaquer aux vrais problèmes », lance Marie-Odile qui habite le quartier. « Ou plutôt attirer ceux qui pour rien au monde n'habiteraient aux Epinettes, mais qui pourraient se dire, habiter les Hauts de Jean-Jaurès, pourquoi pas… on prend vraiment les gens pour des cons… »
Un concept adaptable partout…
En fait, l'idée n'était pas tout à fait neuve. On nous avait déjà fait le coup avec les Hauts-de-Murigny. Ce mini-quartier préfère regarder du côté de son voisin, le quartier Val-de-Murigny, plus résidentiel, plus chic, plutôt que de s'identifier à Croix-Rouge et à ses grandes tours. Alors qu'il faut traverser une zone commerciale et artisanale et une quatre voies pour aller vers Val-de-Murigny, une simple rue sépare les Hauts-de-Murigny et Croix-Rouge. D'ailleurs, la Ville, en pure logique, a associé les Hauts-de-Murigny à Croix-Rouge, pour créer ses conseils de quartier, et non à Murigny.
La bonne nouvelle est que le concept est adaptable à tous les quartiers qui ont une image dégradée, mais où il fait, le plus souvent, bon vivre, malgré tout.
Les Hauts de Clairmarais pour le quartier Géruzez. Une chance pour les habitants dont la vie a longtemps été pourrie par les incivilités. Pour Croix-Rouge, les Hauts de Bezannes. Pour Orgeval, les Hauts de Laon. Pour Wilson, les Hauts de Courlancy. Une idée déjà adoptée par le supermarché du quartier qui, bien qu'il se trouve au 58, boulevard Wilson, a associé Courlancy à son nom et ne supporte pas qu'on l'appelle supermarché Wilson. Rappelons qu'il se trouve juste en face de la maison de quartier… Wilson. Il faut croire que ça fait plus classe…
Alexandre ROGER
Malgré plusieurs tentatives, nous n'avons pas réussi à joindre le Foyer Rémois.
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