Publié le mercredi 06 mai 2009 à 01H00 - Vu 41 fois
Valérie se formalise peu de la polémique autour du bisphénol et ne compte pas changer ses biberons.
Julienne Guihard-Augendre
PAS question de céder au catastrophisme, la transition se fera en douceur. Voilà comment la ville d'Épernay, qui gère deux crèches et trois haltes-garderies, a décidé de mener « l'affaire » du bisphénol A dans les biberons. La décision est d'ailleurs si peu officielle que les crèches elles-mêmes n'étaient pas au courant hier matin.
À la crèche Thiercelin par exemple, on concède n'avoir reçu aucune consigne. Mais « c'est une chose qui est quand même étudiée chez nous ». Les parents, ajoute-t-on dans cette structure, ne manifestent pas d'inquiétude particulière à ce sujet, « mais on s'interroge, on va dire ça… »
Contrairement à la ville de Paris qui a récemment interdit l'utilisation de biberons au bisphénol A, Épernay a choisi la voie du « ni-ni ». Au final, on ne les interdit pas, mais la ville achètera désormais des biberons sans le composant incriminé. Autrement dit, le principe de précaution s'appliquera au fur et à mesure des renouvellements. Il faut dire que l'Agence française de sécurité sanitaire elle-même a conclu que ces biberons ne présentaient aucun danger, la dose de bisphénol étant bien en deçà du seuil critique. Mais voilà. Ce composant chimique que l'on retrouve à faible dose dans les biberons en plastique a d'abord provoqué l'ire des Canadiens, avant d'être totalement banni du territoire il y a moins d'un an. Il n'en fallait pas davantage pour que le bisphénol soit d'abord interdit dans les crèches parisiennes, puis rémoises depuis quelques jours. Un véritable effet domino.
Pas d'affolement
Décision municipale ou pas, le sujet reste donc forcément d'actualité dans les crèches. « Nous étions justement en train d'en discuter, explique-t-on à la crèche de Magenta. Nous n'avons pas reçu de consignes particulières, mais de toute façon, nous n'avons jamais utilisé le micro-ondes pour chauffer les biberons. » Une précaution qui évite le passage de la substance à l'alimentation. À la crèche d'Aÿ, on a également décidé d'observer certaines consignes. « Depuis plusieurs mois, nous faisons attention à utiliser le chauffe-biberon à la chaleur minimale. C'est le pédiatre qui nous l'a conseillé. »
Pas davantage d'affolement du côté de mamans croisées dans la rue. Valérie a bien entendu parler de cette polémique, et s'en amuse. « Il ne faut pas grand-chose pour les inquiéter !, commente cette mère de six enfants. J'ai une bonne marque et je n'en changerai pas. » Même chose pour Zeliha, mère de trois enfants qui n'avait « jamais entendu parler de ça ». « De toute façon, conclut-elle, ils ne savent plus quoi inventer pour nous faire peur. »
J.G.-A.
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