Publié le mercredi 14 octobre 2009 à 01H00 - Vu 107 fois
CPA, détenu à 65 % par la Ville, a dû stopper le projet mais pourra se mettre sur les rangs dès qu'une offre de délégation de services publics sera lancée.
Gerard PERON
LES réunions de conseil se faisant bien plus rares depuis l'arrivée à la mairie de l'équipe du Nouveau Reims, les élus de l'opposition ont un peu plus de temps pour faire de l'investigation sur la façon dont l'exécutif conduit les affaires de la Ville. Dernièrement, c'est Xavier Albertini (UMP) qui a évoqué les ratés que semblait connaître le dossier de l'auto-partage, un projet porté par les Verts et qui devait permettre, dès septembre, aux habitants de pouvoir louer un véhicule à la carte. « Vous nous informiez régulièrement depuis neuf mois de ce dossier et puis plus rien » s'est étonné M. Albertini. « L'auto-partage ferait-elle de l'auto-allumage ? » Le quatrième adjoint, Stéphane Joly (Vert), vice-président de Reims métropole chargé du développement durable s'explique aujourd'hui en détail. Oui, le projet a capoté. Il est stoppé, mais il est juste au point mort. Explications.
Un risque juridique
« Si une association ou un particulier veut lancer une entreprise d'auto-partage, elle peut le faire comme elle veut », explique Stéphane Joly. « À la Ville, nous avions pensé qu'il était possible de mettre en place ce projet directement avec Champagne parc auto. Une équipe programme a travaillé la question. Nous avons passé un contrat pour 15 véhicules avec Citroën, des C2 et des Berlingo et on était en train d'embaucher du personnel via un cabinet de recrutement au moment où on nous a avertis qu'il y avait un risque juridique si nous procédions de la sorte. Champagne parc auto étant une société anonyme détenue à 65 % par la Ville, une entreprise privée aurait pu nous attaquer pour avoir donné le marché à CPA sans avoir fait appel à la concurrence. Nous avions une analyse différente, mais, avec Mme la maire, nous avions estimé qu'il fallait mieux ne pas poursuivre dans cette voie s'il s'avère qu'elle est illégale. »
Le projet d'auto-partage est donc en stand-by, le temps pour les services de Reims métropole de mettre en place le dossier d'appel d'offres pour lancer un appel à délégation de service public pour la mise à disposition d'autos aux usagers. Un appel d'offres sur lequel CPA pourra candidater, au même titre que pour la gestion des parkings.
Une ardoise de plus de 84.000 euros
Bilan : les véhicules loués et qui n'ont pas roulé ont été rendus à Citroën. Un dédit qui coûtera près de 28.000 € (1). À cela s'ajoutent la facture à régler au cabinet de recrutement et les assurances. Pas loin de 56.000 €. Soit une facture globale de 84.000 €.
Si l'élu Vert accuse le coup, il n'hésite pas à pester en coulisse. « Ça me fait chier d'avoir mal été conseillé ». En politique, il l'a mal pris quand Xavier Albertini a laissé entendre que ça allait coûter 100.000 € aux contribuables.
« CPA société au capital de 4 M€ est une entreprise privée qui prend des risques. Ce n'est pas 84.000 € sur une année qui la rendra déficitaire. »
Bon d'accord, mais vu sa situation financière, la Ville qui détient 65 % du capital de CPA se serait bien passée d'un manque à gagner de 55.000 € et de 65 % des recettes qu'aurait pu générer depuis septembre et jusqu'en 2011, ce service d'auto-partage.
Ces ratés auront tout de même fait un heureux, paraît-il ; un étudiant qui, dans le cadre de son diplôme, avait préparé ce dossier avec les cadres dirigeants de Champagne parc auto a obtenu son Master 2 et les félicitations du jury !
Alain MOYAT
(1) CPA a pu finalement revendre 17.000 euros un des véhicules destiné aux personnes à mobilité réduite.
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