Publié le mardi 07 juillet 2009 à 01H00 - Vu 41 fois
Gérard Reiff, qui était jusqu'alors au chômage, a créé sa propre entreprise en ouvrant une friterie dans un bus spécialement aménagé.
Karen KUBENA
SELON les données enregistrées auprès de deux organismes consulaires, plus de 300 personnes ont opté pour le statut d'auto-entrepreneur dans les Ardennes depuis la mise en vigueur, début 2009, de cette nouvelle procédure. Grâce à cette option, ils se sont ainsi lancés dans l'aventure de la création d'entreprise.
Si elle a rencontré un franc succès et trouvé son public, c'est que la formule présente pas mal d'avantages pour ceux qui veulent se mettre à leur compte comme travailleur indépendant.
En particulier une simplification des démarches administratives. « Il s'agit simplement de faire une déclaration d'existence ultra-simplifiée », confirme un spécialiste.
Outre la dispense d'immatriculation au registre du commerce, des sociétés ou des métiers, ce régime transitoire a d'autres attraits pour les travailleurs indépendants. Comme l'exonération de la TVA.
Et l'absence de charges et impôts tant que le premier euro de chiffre d'affaires n'a pas été enregistré.
« Concurrence déloyale »
Nombreux sont donc ceux qui ont profité de cette opportunité pour créer leur propre activité ou exercer une activité complémentaire en dehors de leurs heures de travail.
De différents horizons, ces nouveaux patrons sont des personnes sans emploi, des salariés, des retraités, des mères au foyer ou des étudiants.
Les métiers liés aux services (tontes, travaux d'entretien, ménages, assistance informatique…) ou à des activités ambulantes non alimentaires (vêtements, maroquinerie, loisirs, restauration rapide…) sont les plus prisés.
« Dans les Ardennes, les porteurs de projets d'activité commerciale, artisanale ou de service sont essentiellement des personnes voulant créer une activité complémentaire ou avoir un autre revenu qu'un salaire, une retraite ou une pension. Il y a aussi ceux qui désirent tester une idée sans engagement ».
Encouragé par le gouvernement pour lutter contre le travail au noir et faciliter la création d'une activité complémentaire ou indépendante avec un minimum de risque, ce concept soulève quelques critiques.
Les responsables de la Chambre des métiers ont tiré la sonnette d'alarme et déploré que contrairement à leurs ressortissants, les auto-entrepreneurs ne sont pas soumis à l'inscription au répertoire des métiers et au paiement des charges en fonction du chiffre d'affaires réalisé.
Leurs ressortissants qui paient au prix fort leurs charges ne sont pas loin de considérer cette formule comme une concurrence déloyale.
Du coup, l'Etat réfléchit à l'évolution de ce statut qu'il considérait comme une alternative à la crise. Désormais, on se montrera plus exigeant sur la qualification.
Pascal REMY
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